Alexandre Benalla dit qu'il utilisait la messagerie cryptée Telegram avec Emmanuel Macron pour lui donner son avis sur le mouvement des 'Gilets jaunes'

Emmanuel Macron et son ancien collaborateur Alexandre Benalla à Berd'huis, en France, le 12 avril 2018. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Alexandre Benalla avait dit qu'il ne se tairait plus

Licencié cet été, l'ancien conseiller de l'Elysée met ses menaces à exécution.

Il affirme ce lundi 31 décembre à Mediapart qu'il a continué à échanger régulièrement avec Emmanuel Macron depuis son départ cet été, notamment au sujet du mouvement des "Gilets jaunes".

Ces discussions se déroulaient sur la messagerie cryptée Telegram selon l'intéressé. 

La présidence de la République avait assuré le 24 décembre, au quotidien Le Monde, qu'elle n'entretenait "plus aucun contact" avec Alexandre Benalla.

"Nous échangeons sur des thématiques diverses. C'est souvent sur le mode 'comment tu vois les choses ?'. Cela peut aussi bien concerner les gilets jaunes, des considérations sur untel ou sur untel ou sur des questions de sécurité. C'est, en gros : 'Comment tu sens le truc ?'", confie au site d'information Mediapart Alexandre Benalla. 

Interrogé par Reuters sur ces propos, l'Elysée a répliqué ne pas vouloir "poursuivre un dialogue par presse interposée avec M. Benalla qui se venge de son licenciement pour faute grave en entretenant tout un faisceau de contre-vérités et d'approximations".

Ces nouveaux développements interviennent alors qu'Emmanuel Macron doit s'adresser au pays ce lundi soir à l'occasion de son message de voeux du Nouvel an.

Les contacts auraient été stoppés net depuis la révélation d'une nouvelle controverse politico-judiciaire sur l'utilisation par Alexandre Benalla de l'utilisation de deux passeports diplomatiques.

Le parquet de Paris, saisi par le Quai d'Orsay, a ouvert samedi une enquête préliminaire contre l'ex-chargé de mission de la présidence pour "abus de confiance" et "usage sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle", notamment.

Selon Mediapart, Alexandre Benalla, qui affirme exercer désormais une activité de "consultant", en Afrique principalement, aurait utilisé ce dernier document dans de récents déplacements, semble-t-il au Tchad et en Israël.

L'ex-homme de confiance d'Emmanuel Macron assure dans Le Journal du Dimanche qu'il rendra les documents "dans les prochains jours" au ministère des Affaires étrangères. Il affirme n'avoir jamais utilisé les documents pour ses "affaires".

Le Quai d'Orsay a précisé cette semaine avoir demandé par deux fois à Alexandre Benalla, le 26 juillet et le 10 septembre via lettre recommandée, la restitution de ses passeports, respectivement émis les 20 septembre 2017 et 24 mai 2018.

"J'ai peut-être eu tort de me servir de ces passeports. Mais je tiens à dire que je ne l'ai fait que par confort personnel, pour faciliter mon passage dans les aéroports. En aucun cas je ne les ai utilisés pour mes affaires. Je ne vois d'ailleurs pas à quoi ils auraient pu me servir...", explique Alexandre Benalla dans le JDD.

Lors de son audition devant la commission d'enquête du Sénat, le 19 septembre, Alexandre Benalla avait déclaré avoir laissé ses deux passeports dans son ancien bureau à l'Elysée.

Dans Le Journal du Dimanche, il confie qu'un "membre de la présidence" lui a restitué début octobre les deux documents, avec d'autres effets personnels.

Interrogée à ce sujet dès vendredi, la présidence avait déclaré n'avoir rien à ajouter à un communiqué rappelant qu'elle avait demandé "dès le licenciement pour motif disciplinaire de M. Benalla (...) aux administrations compétentes de procéder aux démarches nécessaires afin que ces passeports soient restitués et ne puissent plus être utilisés".

L'ex-homme de confiance d'Emmanuel Macron avait été rétrogradé pour avoir molesté des manifestants en marge des rassemblements du 1er-Mai à Paris. Mis en examen en juillet pour "violences volontaires", notamment, à la suite de la diffusion d'enregistrements vidéo des faits par Le Monde, il avait fait l'objet d'une procédure de licenciement de l'Elysée le 20 juillet. Il était intervenu violemment sur des manifestants en marge du défilé du 1er mai 2018

Il a aussi éveillé les soupçons des parlementaires avec le puissant badge dont il disposait pour accéder à l'Assemblée nationale, qu'il a utilisé pour "continuer à aller à la salle de sport et à la bibliothèque", comme lorsqu'il était collaborateur occasionnel du Parti socialiste.

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