Alexandria Ocasio-Cortez critiquée pour avoir bloqué des gens sur Twitter

L'élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez. YURI GRIPAS/Reuters

Alexandria Ocasio-Cortez, la plus jeune élue à la Chambre des représentants des Etats-Unis, a défendu son droit de bloquer les utilisateurs de Twitter qui la harcèlent après que le Knight First Amendment Institute de l'Université de Columbia lui a envoyé une lettre jugeant cette pratique inconstitutionnelle. L'institut a écrit une lettre ce mercredi 28 août à l'élue new-yorkaise "dans l'espoir de la dissuader" de bloquer certains utilisateurs de Twitter, ce qui, selon l'organisation, constitue une violation du premier amendement (qui garantie notamment la liberté d'expression) car son compte Twitter @AOC serait un "forum public".

"Beaucoup de vos tweets qui prennent position sur des questions comme l'immigration, l'environnement et l'impeachment ont fait la une des journaux", peut-on lire dans la lettre. "Le compte @AOC est important pour vous en tant que parlementaire, pour vos électeurs et pour tous ceux qui cherchent à comprendre et à influencer vos décisions et priorités législatives." La lettre demande à l'élue de "débloquer tous les utilisateurs de Twitter que vous ou votre personnel avez bloqués du compte @AOC à cause des points de vue qu'ils ont exprimés", tout en reconnaissant qu'elle peut "vouloir bloquer des utilisateurs pour des raisons à la fois raisonnables et constitutionnellement légitimes".

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"Nous reconnaissons également que les insultes et le harcèlement sont des problèmes importants sur les réseaux sociaux, en particulier pour les femmes et les minorités, et que ces insultes et ce harcèlement peuvent dissuader les discours et la participation politique qui sont essentiels à notre démocratie", peut-on encore lire.

Alexandria Ocasio-Cortez a déclaré que personne n'a le droit de 'forcer les autres à endurer leur harcèlement et leurs insultes'

En écho à cette lettre, Alexandria Ocasio-Cortez a répondu sur Twitter, déclarant que, sur ses 5,2 millions d'abonnés, elle n'a bloqué que 20 comptes pour "harcèlement continu". Aucun de ces utilisateurs ne fait partie de ses électeurs, précise-t-elle.

 

"Le harcèlement n'est pas un point de vue", a écrit Alexandria Ocasio-Cortez dans le tweet. "Certains comptes, comme le Daily Caller, ont publié de fausses photos de moi nue et ont abusé de mes commentaires pour les diffuser. Personne n'a le droit d'insulter."

"Les gens sont libres de parler de n'importe quel commentaire fondé sur la classe sociale, raciste, faux, misogyne ou intolérant", a poursuivi l'élue dans un fil de discussion Twitter. "Ils n'ont pas le droit de forcer les autres à endurer leur harcèlement et leurs insultes."

Le Knight First Amendment Institute n'a pour le moment pas répondu aux sollicitations de Business Insider US.

Une autre figure politique a fait l'objet de critiques pour la même action, il s'agit du  président américain Donald Trump, qui est connu pour bloquer certains utilisateurs de Twitter de son compte @realDonaldTrump. Le mois dernier, une cour d'appel fédérale a confirmé une décision affirmant que Donald Trump ne pouvait pas bloquer des comptes Twitter car c'était inconstitutionnel et discriminatoire.

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"Le Premier Amendement ne permet pas à un fonctionnaire d'Etat qui utilise un compte sur un réseau social à toutes sortes de fins officielles, d'exclure des personnes d'un dialogue en ligne ouvert parce qu'elles ont exprimé des opinions avec lesquelles ce dernier est en désaccord", a déclaré la Cour d'appel américaine dans sa décision.

Alexandria Ocasio-Cortez a également fait l'objet de deux procès le mois dernier de la part de plaignants qui ont affirmé qu'elle les avait bloqués sur Twitter et ont demandé à un juge de l'obliger à les débloquer. Le candidat au Congrès Joseph Saladino et l'ancien député Dov Hikind ont cité la décision de la cour d'appel mentionnée plus haut, puisque Alexandria Ocasio-Cortez et le président américain sont des personnalités publiques.

Version originale : Lauren Frias/Business Insider

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