Angela Merkel, la Chancelière allemande, à son arrivée au congrès de la CDU à Hambourg, Allemagne, le 6 décembre 2018. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les délégués de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), réunis en congrès à Hambourg, élisent ce vendredi 7 décembre le successeur d'Angela Merkel à la présidence du parti, après que la chancelière allemande a décidé en octobre d'abandonner la tête de la CDU à la suite de mauvais résultats électoraux.

Deux personnalités aux projets opposés se sont largement détachées pour succéder à Angela Merkel, 64 ans, qui occupe la présidence du parti depuis 2000, et se placer ainsi en pole position pour la remplacer à la tête du gouvernement allemand.

Il s'agit de l'actuelle secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, protégée de Merkel considérée comme la candidate de la continuité, et Friedrich Merz, rival de longue date de Merkel, qui promet un changement plus radical.

Les 1.001 délégués de la CDU vont les départager vendredi lors du congrès annuel de la formation. L'enjeu du scrutin va bien au-delà du parti conservateur puisque le vainqueur sera probablement candidat à la chancellerie lors des élections fédérales de 2021.

Selon un sondage réalisé par l'institut Infratest pour la chaîne ARD diffusé jeudi, Annegret Kramp-Karrenbauer est favorite avec 47% des intentions de vote, contre 37% pour Friedrich Merz et 12% pour le ministre de la Santé, Jens Spahn.

Merz, 63 ans, qui a dirigé le groupe parlementaire CDU de 2000 à 2002 et effectue son retour en politique après une décennie dans les affaires, bénéficie du soutien des opposants à la politique consensuelle de Merkel.

L'ancien ministre des Finances aujourd'hui président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, a apporté mercredi son soutien officiel à Merz.

Peter Altmaier, actuel détenteur du portefeuille des Finances et allié de Merkel, a dit pour sa part être "convaincu que la CDU a de meilleures chances de remporter une élection avec Annegret Kramp-Karrenbauer".

De nombreux indécis

Kramp-Karrenbauer, 56 ans, a l'avantage d'avoir dirigé le Land de Sarre entre 2011 et 2018 au sein d'une coalition avec les écologistes et les libéraux, une faculté à tisser des alliances considérée comme très utile dans un paysage politique allemand fragmenté.

Elle s'est éloignée des positions de Merkel dans le domaine social et en matière de politique étrangère, se prononçant en faveur de quotas féminins dans les conseils d'administration et prônant une ligne plus dure à l'égard de la Russie.

Son principal rival pour la présidence de la CDU a des positions économiques libérales et souhaite une Europe plus forte, avec une plus grande contribution de l'Allemagne au budget de l'Union européenne.

Merz, qui a la préférences des délégués du parti, alors que les militants se tourneraient plus volontiers vers Kramp-Karrenbauer, veut convaincre les électeurs les plus à droite de la CDU de ne pas succomber aux sirènes de l'extrême droite, représentée par le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) qui a fait son entrée au Bundestag en septembre dernier.

D'après un haut représentant de la CDU, s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, de nombreux délégués étaient encore indécis avant le début du congrès et pourraient être influencés par les discours des candidats vendredi.

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