Les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin. Reuters/Chip East

  • Le conseil d'administration d'Alphabet — la maison-mère de Google — fait l'objet de poursuites en justice pour avoir couvert des allégations de harcèlement sexuel ou de discrimination à l'encontre de dirigeants de l'entreprise.
  • Le procès, intenté par un actionnaire d'Alphabet, cite le créateur d'Android, Andy Rubin, qui aurait reçu 90 millions de dollars à la suite d'une enquête interne sur son comportement.
  • "Rubin a été autorisé à démissionner discrètement par les accusés Larry Page et Sergey Brin après qu'une enquête interne ait conclu que les allégations de harcèlement sexuel de Rubin étaient crédibles", selon un document déposé dans un tribunal californien.

Les membres du conseil d'administration de la maison-mère de Google, Alphabet, sont poursuivis en justice pour des allégations selon lesquelles l'entreprise aurait régulièrement couvert des plaintes de harcèlement sexuel par des dirigeants, dont Andy Rubin, le créateur d'Android, qui a reçu une indemnité de départ de 90 millions de dollars et un "adieu de héros" suite à une enquête interne concernant son comportement.

Le procès, intenté jeudi par un actionnaire d'Alphabet devant un tribunal de l'État de Californie, allègue que le conseil d'administration et les cadres supérieurs, y compris les cofondateurs Larry Page et Sergey Brin, ont manqué à leur responsabilité envers les investisseurs en laissant le harcèlement se poursuivre.

"Le conseil d'administration d'Alphabet était au courant d'allégations de harcèlement sexuel par de nombreux cadres supérieurs de Google, que l'entreprise a jugé 'crédibles' après avoir mené des enquêtes internes, mais n'a pas révélé que ces allégations étaient crédibles, et a au lieu de cela permis aux cadres supérieurs de démissionner avec une rémunération généreuse", indique la plainte.

En octobre, le New York Times publiait des détails sur l'allégation qui a mené au départ de Rubin — notamment les pressions qu'il a exercé sur une femme avec qui il avait une relation extraconjugale pour qu'elle ait des rapports sexuels oraux. L'enquête du New York Times révélait également qu'Andy Rubin s'est vu accorder par l'entreprise un plan de sortie de 90 millions de dollars, même après qu'une enquête interne a conclu que la plainte de la femme était crédible.

En savoir plus: Une enquête explosive révèle comment le créateur d'Android, Andy Rubin, a quitté Google après des accusations de harcèlement sexuel et de comportement inapproprié

Les révélations sur la façon dont Alphabet a traité les allégations ont conduit des milliers d'employés à se mettre en grève pour protester en novembre dernier.

"En raison de l'importance d'Andy Rubin pour les résultats financiers de Google, il a été traité différemment des autres employés par le conseil d'administration et la direction de Google", dit la plainte. "On lui a accordé plus de déférence et on lui a offert une compensation."

L'action en justice vise à obtenir des dommages et intérêts compensatoires et punitifs non précisés, ainsi que des recours comme l'élimination de la structure d'actions à double catégorie qui donne aux fondateurs de Google — Larry Page et Sergey Brin — le contrôle d'Alphabet. Le procès est le premier intenté contre le conseil d'administration d'Alphabet, selon Bloomberg, qui en a révélé l'existence.

Louise Renne, une ancienne procureure de la Ville de San Francisco qui représente le plaignant, n'a pas répondu aux questions concernant ces poursuites. Alphabet n'a également pas immédiatement répondu à notre demande de commentaires.

Version originale: Nick Bastone/Business Insider

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