Altice jette un oeil au rachat de RFM et Virgin Radio, mais c'est un dossier compliqué

Le PDG d'Altice France Alain Weill. Eliot Blondet/ABACAPRESS.COM

Le groupe de télécoms et de médias Altice (SFR, RMC, BFM TV, etc.) ne ferme pas la porte à un rachat de RFM et Virgin Radio, a laissé entendre Alain Weill, ce mercredi 28 août 2019 lors d'une conférence de presse de rentrée de RMC. Interrogé sur son intérêt pour les radios musicales du groupe Lagardère, ouvert à une cession, le PDG d'Altice France a précisé qu'aucune décision n'avait encore été prise sur ce dossier mais n'a pas nié l'intérêt porté.

"On regarde aujourd'hui toutes les opportunités dans le secteur de l’audiovisuel, dans le secteur de la radio comme celui de la télévision et avec Altice, on ne s’interdit rien, quelle que soit la taille de l’acquisition envisageable", a déclaré Alain Weill dans des propos rapportés par l'AFP. Une manière pour le dirigeant de cacher son jeu alors que les observateurs s'accordent à dire qu'il est aujourd'hui très difficile d'évaluer le prix à débourser pour acquérir RFM et Virgin Radio. Les noms M6, TF1 et NRJ ont été également cités en tant qu'éventuels acquéreurs, sans qu'aucun des groupes ne confirme officiellement ces informations.

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Une loi qui pourrait tout changer

A l'instar de Paris Match et du Journal du Dimanche, l'avenir de Europe 1 est sanctuarisé. Arnaud Lagardère a dit qu'il ne céderait pas ces trois médias. Mais le dirigeant du groupe a laissé entendre aux salariés des radios au mois de juin qu'il n'excluait pas de vendre les deux stations musicales, s'il recevait une offre "dithyrambique", selon des propos rapportés par plusieurs journaux.  Et à la différence d’Europe 1, ces stations gagnent de l'argent, avec un bénéfice estimé à 10 millions d"euros cette année, rappelait le site La Lettre Pro en juin. "Tous les dossiers sont examinés, vous verrez dans quelques semaines ce qu’on décidera. Il faut qu'il y ait un sens stratégique, et que cela réponde à nos critères de synergies" entre les activités du groupe, qui ne peut en outre acheter toutes les opportunités d’acquisitions qui se présentent à lui, a tenu à préciser de son côté Alain Weill. 

Sans compter que la vente ne serait pas simple. La loi pourrait ainsi évoluer sur plusieurs sujets — le seuil de concentration, le type de publicité diffusées à l'antenne ou encore le quota de chansons francophones — rendant la valeur de l'actif plus ou moins élevé. Et ensuite, il faudrait être en capacité de financer une telle opération. Avec son vaste réseau de fréquences, Virgin Radio dispose d'un réel atout  — Le Figaro indique que NRJ avait fait une offre de 70 millions d'euros en 2012 pour s'en emparer, sans réussir finalement à mettre la main dessus.

"Si j'étais patron de Lagardère, je m'interrogerais sur l'équilibre des comptes : les radios musicales gagnent de l'argent, compensent les pertes d'Europe 1. Et quelle serait la puissance d'Europe 1 sur le marché publicitaire sans RFM et Virgin Radio ?", s'interroge un observateur aguerri du secteur.

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