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Amazon accusé d'avoir formé une 'armée' d'employés pour prendre sa défense sur Twitter

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Amazon accusé d'avoir formé une 'armée' d'employés pour prendre sa défense sur Twitter
Les employés d'Amazon ont défendu l'entreprise sur Twitter, en réponse à des critiques sur ses conditions de travail. © Jason Redmond/Reuters

Amazon fait face à une nouvelle série d'audits, accusé d'avoir engagé des employés pour défendre son PDG Jeff Bezos sur Twitter. Le géant de la tech fait l'objet d'une polémique sur ses conditions de travail éreintantes depuis quelques semaines. Mardi, le média The Intercept a divulgué des documents détaillant le programme qu'Amazon a lancé en 2018 sous le nom de code "Veritas". Celui-ci révèle comment Amazon a recruté et formé des employés pour "rétablir la vérité” : “Nous ne laisserons aucun mensonge se diffuser et montrerons que les personnes qui travaillent dans notre centre de livraison (Fulfillment Center) aiment ce qu'elles font."

Selon les documents internes obtenus par The Intercept, Amazon exigeait des "ambassadeurs" de ces centres, qu'ils "soient performants et qu'ils aient un dossier RH vierge”. “Qu'ils soient authentiques, aient un grand sens de l'humour, qu'ils acceptent de dire ce qu'ils pensent et réfutent nos critiques de manière polie et directe". Lors d'un test de Veritas, les employés d'Amazon se sont entraînés à réfuter plusieurs critiques. Parmi elles : l'idée que Jeff Bezos devrait être davantage taxé, l’interview d’un salarié déclarant avoir des pensées suicidaires en raison de ses conditions de travail, et même un reportage de Business Insider sur des employés urinant dans une bouteille car ils craignaient d'être punis pour avoir interrompu leur travail.

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"Les ambassadeurs FC sont des employés qui travaillent dans nos centres de traitement des commandes et qui choisissent de partager leur expérience personnelle. Le programme des ambassadeurs FC permet de montrer le quotidien de nos employés dans nos centres de livraison, en plus des visites que nous proposons". “Nous encourageons tous ceux qui veulent avoir un aperçu de notre éthique professionnelle, à s'inscrire pour une visite sur www.amazonfctours.com", a insisté Lisa Levandowski, porte-parole d'Amazon.

En septembre, les députées démocrates du Michigan Rashida Tlaib et Debbie Dingell ont déclaré que le personnel de sécurité d'Amazon avait appelé la police lorsqu'elles avaient tenté d'inspecter l'un de ses entrepôts, même si elles l'avaient fait à la demande de la société. Les autres personnes qui ont visité les installations d'Amazon ont déclaré que les visites n'avaient pas contribué à apaiser leurs inquiétudes quant aux conditions de travail.

La députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a également critiqué la stratégie de visite d'Amazon mardi, accusant l’entreprise de proposer "des visites programmées longtemps à l'avance", ajoutant que “pour une demande d'accès surprise à une installation, c'était une toute autre histoire."

Un mouvement qui marque un tournant dans l'histoire de l'entreprise

L'équipe Twitter qu’a constituée Amazon a fait couler de l'encre cette semaine, alors que les employés de l'entrepôt de Bessemer, en Alabama, tentaient de se syndiquer. Ce mouvement marque un tournant dans l'histoire de l'entreprise.

Cette semaine, des dizaines de comptes Twitter, se présentant comme ceux des employés d'Amazon, ont commencé à répondre à de nouvelles allégations selon lesquelles les salariés des centres de livraison et les livreurs doivent toujours uriner dans une bouteille — ou, dans certains cas, déféquer dans un sac, pour ne pas perdre de temps au travail. Mais Twitter a fermé certains de ces comptes après que Gizmodo, un média orienté tech, a signalé qu'ils étaient faux. (Amazon a déclaré à Karen Weise, du New York Times, que le compte était faux et qu'il l'avait signalé à Twitter).

Les cadres supérieurs et les équipes de communication d'Amazon sont également devenus de plus en plus virulents sur Twitter ces derniers temps, s'opposant publiquement à des sénateurs comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren, ainsi que le député Mark Pocan. Les tweets, étaient si hostiles, selon The Intercept, que l'équipe de sécurité d'Amazon a même pensé que la société avait été piratée. Ces tweets auraient été postés parce que "Jeff Bezos était furieux", selon Recode.

Dans un de ses tweets, le compte officiel du service presse d'Amazon a répondu au député Mark Pocan de cette manière : "Vous ne croyez pas vraiment à l'histoire de l’urine dans les bouteilles, pas vrai ? Si c'était vrai, personne ne travaillerait pour nous". Amazon, qui s'est montré ouvertement anti syndicats, a déployé une série de tactiques offensives, allant de l’attribution de “points de présence” lors de réunions obligatoires à minuit, à la modification de l'heure des feux de circulation près de ses installations. Le Retail, Wholesale and Department Store Union (un important syndicat du secteur de la distribution aux États-Unis, ndlt) sous l'égide duquel les employés d'Amazon cherchent à s'organiser, a déclaré que cette mesure était un stratagème pour empêcher ses membres de rentrer en contact avec des salariés d'Amazon, arrêtés aux feux rouges.

L'entreprise a également incité ses ambassadeurs Twitter à répondre à une récente vague de critiques concernant les "bouteilles à pipi" et d'autres plaintes formulées par ses employés.

Version originale : Tyler Sonnemaker/Insider

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