Amazon dit que 'ce n'est pas son travail' de s'inquiéter des craintes de disparition des magasins et de destruction des emplois que le géant du e-commerce suscite

Amazon CEO Jeff Bezos.
Reuters

  • Le vice-président senior d'Amazon, Russell Grandinetti, a dit que c'est à la société et au gouvernement de gérer le fait que le géant de la vente en ligne, dont le chiffre d'affaires a dépassé 178 milliards de dollars, perturbe le secteur du commerce. 
  • "Je ne pense pas que ce soit notre travail de faire quoi que ce soit, sinon d'essayer d'être très bons dans ce que nous faisons", a-t-il dit au Sunday Times. 
  • Le PDG d'Amazon, Jeff Bezos a dit à maintes reprises que son entreprise était prête à débattre des questions de régulation. 

Amazon, qui pèse 178 milliards de dollars, perturbe le marché de la vente au détail. Son envergure a été ciblée par le président des États-Unis, Donald Trump, qui serait obsédé par l'impact de l'entreprise sur les services de la poste américaine, le montant des impôts qu'elle paye, et le potentiel danger qu'elle représente pour les autres commerçants.

"Amazon cause de graves préjudices aux commerçants qui payent des impôts. Des villes et des Etats sont touchés partout aux Etats-Unis et de nombreux emplois disparaissent", a tweeté Trump en août 2017.

Mais ne vous attendez pas à ce qu'Amazon commence à s'inquiéter de son impact de sitôt. 

Dans une interview avec le Sunday Times, Russell Grandinetti, le vice-président senior en charge de l'international, a dit que son métier consistait à se concentrer sur la croissance — et c'est aux autres de trouver un moyen de gérer les répercussions créées par Amazon sur le marché. 

"Les entreprises ont souvent inventé des technologies qui nous ont par la suite poussé à comprendre comment réinvestir les efforts de productivité dans de nouveaux emplois et dans de nouvelles méthodes", a-t-il dit. "C'est une tâche sociétale importante à faire, et une tâche gouvernementale importante à faire. Je ne pense pas que ce soit notre travail de faire quoi que ce soit, si ce n'est d'essayer d'être bons dans ce que nous faisons". 

Le Sunday Times a dit que les investisseurs allaient "encourager" cette focalisation sur le chiffre d'affaires, mais les détracteurs s'inquièteront du fait qu'"il ferme les yeux sur le dérèglement qu'Amazon occasionne". 

Grandinetti a, cependant, exprimé ses inquiétudes sur le fait qu'Amazon détruit des emplois, en pointant du doigt ceux qui les créent. Il a dit: "Nous créons beaucoup d'emplois, non seulement dans la société — 100.000 aux États-Unis seulement, l'année dernière, 5000 au Royaume-Uni — mais aussi chez les fournisseurs avec qui nous travaillons". 

Le PDG d'Amazon, Jeff Bezos, a dit à maintes reprises que la société était prête à débattre des questions de régulation. 

"Si vous regardez les géants de la tech, ils sont devenus assez grands pour être inspectés. Ça n'a rien de personnel", a-t-il dit lors d'un événement en Allemagne, en avril dernier.

Le PDG d'Amazon a dit que contrôler le pouvoir des entreprises en ligne était "l'une des grandes questions de notre ère", car si internet a atteint un niveau de maturité au cours de la dernière décennie, "nous n'avons pas encore appris, en tant que civilisation, en tant qu'espèce humaine, comment l'exploiter". 

Version originale: Jake Kanter/Business Insider

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