Amazon gagne le droit d'utiliser le nom de domaine '.amazon' face au Brésil et 7 autres pays d'Amazonie

Colombie, le 18 janvier 2018. REUTERS/Jaime Saldarriaga

C'est une bataille entamée il y a sept ans que vient de remporter Amazon. Le géant du e-commerce vient d'obtenir l'autorisation de disposer du nom de domaine internet ".amazon". L'Icann, l'organisme américain gérant l'attribution des adresses en ligne, a approuvé l'utilisation de ce nom en fin de semaine dernière, au grand dam des pays riverains de la forêt amazonienne. Dès 2012, lors de la première demande de dépôt du nom de domaine "amazon" et de ses variantes par le groupe américain, le Brésil et le Pérou avaient fait part de leur mécontentement, rappelle Les Echos.

Ils ont ensuite été rejoints par cinq autres pays sud-américains, à savoir la Bolivie, la Colombie, le Venezuela, l'Equateur, le Surinam et la Guyane. "En raison de sa relation sémantique indissociable de la forêt d’Amazonie, ce domaine ne devrait être en aucun cas le monopole d’une entreprise", plaidait encore le ministère des Affaires étrangères brésilien en mars dernier, selon l'AFP. L'Icann avait prévenu qu'en l'absence d'accord entre l'entreprise Amazon et les Etats qui contestaient sa demande de nom de domaine, elle devrait trancher. 

Sa décision sera actée après une période de 90 jours, au cours de laquelle les parties intéressées peuvent adresser leurs commentaires au régulateur américain. Amazon a pris des engagements en contrepartie de l'autorisation accordée par l'Icann, notamment celui de ne pas se servir du nom de domaine "amazon" quand il s'agit de parler clairement de l'Amazonie, qui se dit "Amazon" en anglais.

La société du milliardaire Jeff Bezos devra également laisser aux pays d'Amazonie la jouissance de plusieurs noms de domaine dérivés, "à des fins non commerciales" et pour améliorer la visibilité de cette région menacée, précise l'AFP.

Lundi 20 mai, le ministère des Affaires étrangères brésilien a déclaré regretter la décision de l'Icann et exprimé sa crainte qu'elle "ne tienne pas suffisamment compte de l'intérêt public défini par huit gouvernements (sud-américains, ndlr), en particulier de la nécessité de défendre le patrimoine naturel, culturel et symbolique des pays et des peuples de la région amazonienne".

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