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Apple et Google affirment ne pas avoir espionné les mails de leurs utilisateurs comme Yahoo

Apple et Google affirment ne pas avoir espionné les mails de leurs utilisateurs comme Yahoo
© La PDG de Yahoo ©REUTERS/Elijah Nouvelage/File Photo

Les plus grosses entreprises de la tech ont affirmé qu'elles n'avaient pas construit de logiciel spécial pour espionner leurs utilisateurs au nom des services de renseignement américains — à la suite d'une enquête qui a montré que Yahoo avait fait exactement ça en 2015.

Mardi 4 octobre, le journaliste Joseph Menn de Reuters a lâché une bombe: Yahoo aurait créé un logiciel spécial qui scanne tous les emails de ses utilisateurs en temps réel, et signalé ceux qui contenaient des mots-clé pré-définis.

Yahoo n'a pas nié les faits, mentionnant simplement dans un communiqué que "Yahoo est une société qui obéit à la loi, et qui se plie aux lois des Etats-Unis."

Cette nouvelle est édifiante. Chacun des utilisateur de Yahoo mail était secrètement surveillé par des espions américains.

La majorité des autres ont affirmé qu'ils ne l'ont pas fait

Et cela pose une autre question : est-ce que le gouvernement américain a demandé à d'autres entreprises de surveiller les communication de leurs clients ?

Pour l'instant, la majorité des acteurs ont rapidement affirmé qu'ils ne l'ont pas fait.

Chez Apple, connu pour ses positions affirmés sur la vie privée, on annonce n'avoir jamais reçu de demandes pareilles. "Nous n'avons jamais reçu de demande de ce type ", a dit un porte-parole à BuzzFeed News. "Si c'était le cas, nous nous y opposerions devant la justice."

Un porte-parole de Google a dit la même chose à Business Insider US. "Nous n'avons jamais reçu une telle requête, et si c'était le cas, notre réponse serait simple: 'jamais de la vie'."

Microsoft a dit à Vocativ : "Nous n'avons jamais scanné les mails de nos utilisateurs comme ça a été rapporté pour Yahoo." (comme Vocativ le note, cette réponse est intéressante car Microsoft ne dit pas frontalement qu'on ne lui a jamais demandé de le faire, comme Google l'a fait. Il est possible que l'entreprise ait été approchée mais qu'elle ait refusé, par exemple)

Facebook a aussi dit à Vocativ : "Facebook n'a jamais reçu une telle demande, d'aucun gouvernement, et si c'était le cas, nous nous y opposerions."

Et Twitter a dit à BuzzFeed : "Nous n'avons jamais reçu une telle requête, et si c'était le cas, nous la combattrions devant la justice."

"La demande semble à la fois sans précédent et inconstitutionnelle"

Des associations ont rapidement condamné très durement les actions de Yahoo. L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a affirmé que ce genre de surveillance secrète est inconstitutionnel et viole le 4è amendement de la Constitution — qui interdit les fouilles "non-raisonnables" sans avoir un mandat. —

"La demande formulée auprès de Yahoo semble à la fois sans précédent et inconstitutionnelle", a expliqué l'avocat Patrick Toomey.

"Il est extrêmement décevant que Yahoo ne se soit pas opposé à cette demande de surveillance, parce que les clients compte sur les entreprises de la tech pour s'opposer devant la justice à ces nouvelles requêtes d'espionnage."

D'après l'enquête de Reuters, le logiciel a été créé en 2015 et a été mis en place sans que l'équipe de sécurité de Yahoo n'en ait été informée. Quand ils s'en sont rendus compte, quelques semaines plus tard, ils ont pensé qu'il s'agissait de hackers.

Yahoo, qui tente en ce moment d'être racheté par Verizon pour 4,8 milliards de dollars, a déjà été sous le feu des projecteurs pour des raisons de sécurité. En septembre, la multinationale avait annoncé que des données de 500 millions de ses utilisateurs avaient été volées en 2014, dans l'une des attaques en ligne les plus grandes de l'histoire.

Après cette affaires, de nombreux articles s'étaient montrés critiques envers la politique de sécurité de Yahoo. Des sources ont dit au New York Times que la PDG de Yahoo Marissa Mayer" a tout fait pour donner un air plus 'cool' aux services comme Yahoo Mail et pour développer des nouveaux produits, au lieu de se focaliser sur les améliorations de sécurité."

Version originale : Rob Price / Business Insider

Lire aussi : Révélations: Yahoo se serait rendu complice d'espionnage massif aux États Unis

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