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Apple tracerait les utilisateurs d'iPhone sans leur accord pour leur envoyer des publicités ciblées, selon des activistes européens

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La plainte contre Apple a été déposée par un groupes d'activistes en Espagne et en Allemagne. © Britta Pedersen via Getty Images

Apple va faire l'objet d'une nouvelle procédure judiciaire pour atteinte à la vie privée. Dans une plainte déposée lundi auprès des autorités allemandes et espagnoles, le militant pour le respect de la vie privée Max Schrems a affirmé qu'Apple avait enfreint la règlementation européenne de protection de la vie privée). La multinationale aurait permis à ses iPhones de tracer les déplacements de leurs utilisateurs à des fins publicitaires sans obtenir leur consentement.

La plainte porte sur l'utilisation par Apple des codes IDFA (Identifiant pour les annonceurs). Il s'agit de codes uniques attribués aux iPhones qui suivent le comportement des utilisateurs et permettent aux annonceurs de les cibler. "Le système d'exploitation d'Apple crée l'IDFA à l'insu de l'utilisateur et sans son consentement", a déclaré le groupe NOYB (None Of Your Business ou "Ce ne sont pas vos affaires" en Français), co-fondé par Max Schrems.

Après sa création, Apple et des tiers (par exemple, les fournisseurs d'applications et les annonceurs) peuvent accéder à l'IDFA pour "analyser le comportement des utilisateurs, élaborer des prévisions de consommation et fournir des publicités personnalisées", selon le groupe d'activistes européen.

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NOYB a fait valoir que cela était en violation d'une partie de la directive européenne sur la vie privée, en particulier sa clause concernant les cookies. "La législation européenne protège nos appareils contre le traçage extérieur de nos données. Ce dernier n'est autorisé que si les utilisateurs y consentent explicitement. Cette règle très simple s'applique quelle que soit la technologie de traçage utilisée", a rappelé Stefano Rossetti, avocat spécialisé dans la protection de la vie privée chez NOYB.

"Alors qu'Apple a introduit des fonctions dans son navigateur pour bloquer les cookies, elle place des codes similaires dans ses téléphones, sans aucun consentement de l'utilisateur. Il s'agit d'une violation flagrante de la réglementation européenne en matière de respect de la vie privée", a-t-il ajouté.

Contacté par Business Insider, Apple n'a pas encore souhaité s'exprimer sur la question. NOYB a également signalé qu'il étudiait un système similaire exploité par Google.

Apple a annoncé en juin qu'il allait mettre en place une nouvelle fonctionnalité avec sa mise à jour d'iOS 14. Cet outil montrerait aux utilisateurs les données que leurs applications collectent : la localisation, les informations financières et l'historique de navigation. Apple demanderait également aux consommateurs d'autoriser la collecte de données, pour éviter que celles-ci soient prélevées par défaut.

En septembre, Apple a annoncé qu'il retardait le déploiement de cette fonctionnalité pour donner aux développeurs le temps de s'adapter aux changements. Cette annonce intervient après une plainte de Facebook : la plateforme avait averti que ce changement pourrait réduire ses recettes publicitaires de 50%.

Le fabricant de l'iPhone a annoncé le 5 novembre que les développeurs avaient jusqu'au 8 décembre pour soumettre des informations sur les données qu'ils collectaient pour les paramètres de confidentialité sur l'App Store.

Les avocats de NOYB ne sont pas convaincus par ces changements. Le groupe a déclaré que les données des utilisateurs seraient toujours stockées par les iPhones sans consentement, même si elles ne sont pas automatiquement transmises à des tiers.

"Nous pensons qu'Apple a enfreint la loi avant et après ces changements et que le groupe continuera de le faire. Avec les plaintes que nous avons déposées, nous voulons faire respecter un principe simple : les traceurs sont illégaux, sauf si l'utilisateur y consent librement", avance Stefano Rossetti. "L'accès à l'IDFA devrait non seulement être limité, mais même supprimé pour de bon. Les smartphones contiennent des données intimes de leurs utilisateurs qui ne doivent pas être tracées", complète-t-il.

Max Schrems a fait ses preuves en lançant des actions en justice contre des entreprises tech. En juillet, la plus haute juridiction de l'UE a statué en sa faveur dans une affaire qu'il avait intentée contre Facebook en 2011. Selon l'activiste, la façon dont les entreprises américaines envoyaient les données des utilisateurs européens aux Etats-Unis était illégale, au regard d'inquiétudes concernant la surveillance du gouvernement américain.

Dans son affaire contre Apple, NOYB a délibérément déposé ses plaintes auprès des autorités de certains pays, sans passer par l'Union Européenne. En effet, la loi qui serait enfreinte par Apple selon lui, est en antérieure au RGPD, le règlement général sur la protection des données. Stefano Rossetti a précisé que son intention était d'obtenir des résultats plus rapides.

"Ces affaires sont basées sur une 'ancienne' loi concernant les cookies et ne déclenchent pas le mécanisme de coopération du RGPD. En d'autres termes, nous essayons d'éviter des procédures interminables comme celles auxquelles nous sommes confrontés en Irlande", a-t-il déclaré.

L'Irlande est le régulateur des informations de Facebook en Europe. Le pays était en désaccord avec la société sur l'envoi de ses données personnelles aux États-Unis.

Version originale : Isobel Asher Hamilton/ Business Insider

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