L'appli saoudienne de surveillance des femmes n'a toujours pas été retirée, et la pression monte sur Google et Apple

De gauche à droite : Tim Cook, le DG d'Apple ; le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ; et Sundar Pichai, le DG de Google. Reuters

Les hommes politiques et les activistes font pression sur Apple et Google pour qu'ils terminent leurs enquêtes et commencent à expliquer pourquoi ils permettent à leur boutique d'applis d'héberger une application du gouvernement saoudien largement critiquée car elle est utilisée pour surveiller et contrôler les femmes. INSIDER a été le premier à expliquer en détail comment Absher — une application polyvalente utilisée par les Saoudiens pour interagir avec les autorités — peut être utilisée pour accorder et annuler l'autorisation de voyager aux femmes et pour mettre en place des alertes par SMS pour savoir quand les femmes utilisent leurs passeports.

Plus tôt ce mois-ci, Google a promis d'examiner Absher pour déterminer si elle est conforme à ses politiques, peu de temps après que le DG d'Apple Tim Cook s'est engagé à "jeter un oeil" sur l'application. Aucune des deux sociétés n'a mentionné ces enquêtes depuis lors. Le sénateur américain Ron Wyden de l'Oregon, qui a déjà critiqué les géants de la tech dans une lettre adressée au DG d'Apple Tim Cook et au DG de Google Sundar Pichai, a déclaré à INSIDER mardi dernier : "Apple et Google doivent arrêter de gagner du temps et faire un choix."

"Vont-ils continuer à encourager un gouvernement autoritaire à contrôler les femmes et à abuser d'elles ? Ou est-ce qu'ils mettront leurs valeurs avant les profits et retireront cette application de leurs plateformes ?"

Le sénateur Ron Wyden de l'Oregon. Getty Images/Chip Somodevilla

Ron Wyden a été le premier homme politique américain à défier Google et Apple au sujet d'Absher, exigeant dans une lettre cinglante du 11 février que les entreprises "suppriment immédiatement" l'application de l'App Store et de Google Play, car elle "va à l'encontre du type de société que vous prétendez soutenir et défendre".

Yasmine Mohammed, une militante des droits des femmes au Canada qui s'est fait entendre au sujet d'Absher, a également déclaré à INSIDER : "Tim Cook ne peut pas gagner du temps avant d'être forcé de décider si le progrès humain et les droits humains l'emportent sur les profits ou non."

Tim Cook, le DG d'Apple. AP

Jeudi, 14 membres du Congrès — dont Ilhan Omar, Rashida Tlaib, Katherine Clark et Jackie Speier — ont exigé que les enquêtes d'Apple et de Google soient rendues publiques, qualifiant les entreprises technologiques de "complices de l'oppression".

Ils ont fixé la date limite du jeudi 28 février pour que les deux entreprises puissent répondre. Jeudi matin, il n'y avait aucun signe que l'une ou l'autre entreprise avait répondu.

Dans la lettre, ils avancent qu'Absher "sert de dispositif de localisation" utilisé pour "empêcher la libre circulation des femmes saoudiennes".

Une capture d'écran montre comment Asher fonctionne. Sur ce formulaire, les responsables légaux peuvent indiquer où les femmes ont le droit d'aller, pour combien de temps, et quels aéroports elle peuvent visiter. Absher

"Les innovations du 21e siècle ne doivent pas perpétuer la tyrannie du 16e siècle", écrivent les 14 membres du Congrès. "Garder cette application sur vos plateformes fait que vos entreprises et vos employés américains sont complices de l'oppression des femmes saoudiennes et des travailleurs migrants", ont-ils ajouté.

Apple et Google n'ont pas répondu aux demandes de commentaires répétées d'INSIDER.

Version originale : Bill Bostock/INSIDER

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