LVMH, Vinci, Total... Voici ceux qui promettent de participer financièrement à la reconstruction de Notre-Dame de Paris

Au lendemain de l'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, les dons affluent pour financer la reconstruction de la cathédrale. Dès lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d'une souscription nationale. "Cette cathédrale, nous la rebâtirons tous ensemble. Dès demain une souscription nationale sera lancée et bien au-delà de nos frontières nous ferons appel aux plus grands talents qui viendront y contribuer et nous rebâtirons Notre-Dame", a déclaré le président de la République. Des collectivités, plusieurs entreprises, mais aussi des particuliers, se sont déjà engagés à participer financièrement à la reconstruction de ce joyau de l'architecture gothique, monument le plus visité de France.

Sans attendre le lancement de la souscription nationale, la Fondation du patrimoine, organisation privée dédiée à la sauvegarde et la valorisation du patrimoine français, a annoncé la mise en place d'une cagnotte pour récolter les dons des particuliers. Sur un site dédié, il est donc possible de faire un don pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris, sans qu'aucun frais ne soit prélevé. "Tous les dons donneront lieu à l'émission d'un reçu fiscal", a indiqué la Fondation. Ils sont donc déductibles "de l'impôt sur le revenu des personnes physiques à hauteur de 66% du montant du don et dans la limite de 20% du revenu imposable".

La région Ile-de-France, présidé par Valérie Pécresse, a annoncé mardi qu'elle allait débloquer 10 millions d'euros d'aide d'urgence. La mairie de Paris entend elle mettre 50 millions d'euros sur la table. Laurent Wauquiez a assuré mardi que la région Auvergne-Rhône-Alpes allait mettre 2 millions d'euros au pot. 

Les entreprises participent au financement de la rénovation de Notre-Dame

La famille Pinault a annoncé qu'elle débloquera 100 millions d'euros via sa société d'investissement Artemis. "Cette tragédie frappe tous les Français et bien au-delà tous ceux qui sont attachés aux valeurs spirituelles. Face à un tel drame, chacun souhaite redonner vie au plus vite à ce joyau de notre patrimoine", a déclaré dans un communiqué François-Henri Pinault, patron du groupe Kering. 

Le groupe LVMH et la famille Arnault ont aussi annoncé mardi vouloir participé avec un "don" de 200 millions d'euros au fonds dédié à la reconstruction de Notre-Dame. "La famille Arnault et le groupe LVMH, solidaires de cette tragédie nationale, s'associent à la reconstruction de cette extraordinaire cathédrale, symbole de la France, de son patrimoine et de son unité", écrivent-ils dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le groupe Vinci a également annoncé vouloir mettre la main à la pâte dans un communiqué diffusé mardi. Il propose "d’apporter une partie du financement dans le cadre de la souscription nationale" et à ses salariés "de s'associer à l’effort collectif, d'assister les architectes des Monuments Historiques afin d'évaluer les efforts nécessaires, et de participer à la reconstruction si sa contribution est jugée utile par les décideurs publics". Surtout, Vinci souhaite ainsi lancer un "mécénat de compétences" réunissant toute la profession du BTP, possiblement "sous l'égide de la Fondation du patrimoine". Il s'agit pour l'entreprise d'affecter ses employés à une oeuvre caritative. Bouygues devrait lui aussi mettre en place un mécénat de compétence, selon Europe 1.

Total a dit vouloir faire "un don spécial de 100 millions d'euros pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris". C'est lePDG de l'entreprise, Patrick Pouyanné, qui l'a annoncé sur son compte Twitter.

L'Oréal ainsi que la famille Bettencourt-Meyers ont annoncé vouloir faire ensemble un don de 200 millions d'euros. La fondation Bettencourt Schueller compte déjà parmi les mécènes de Notre-Dame de Paris depuis 2002.

Tim Cook a assuré sur son compte Twitter qu'Apple participerait financièrement, sans toutefois avancer de montant.

Le Crédit agricole d'Ile-de-France a promis le versement d'un don d'un million d'euros via son fonds de dotation afin de "participer à financer les premières mesures de sauvegarde d'urgence de Notre-Dame de Paris". Le groupe Crédit agricole apportera de son côté 4 millions d'euros.

Marc Ladreit de Lacharrière, patron de la société Fimalac, devrait verser 10 millions d'euros. Martin et Olivier Bouygues devraient aussi contribuer à hauteur de 10 millions d'euros via leur holding, selon Europe 1.

Par ailleurs, toujours selon le site de la radio, le Prix du Président de la République, la course hippique qui doit se tenir ce dimanche à l'hippodrome d'Auteuil, serait renommé Prix Notre-Dame de Paris. La totalité des revenus tiré de l'événement seraient versés à la souscription nationale.

Des fonds venant des Etats-Unis, de Russie... et d'Europe ?

L'émotion suscitée par l'incendie à Notre-Dame a de plus largement dépassé les frontières françaises. Ainsi, la French Heritage Society, organisation basée à New York qui se consacre à la préservation des trésors architecturaux et culturels français, a lancé une collecte de fonds. "Notre-Dame est évidemment une merveille architecturale et un monument qu'il faudrait certainement restaurer", a déclaré Jennifer Herlein, directrice générale de la French Heritage Society.

Sur la plateforme de financement participatif Go Fund Me, plus de 50 cagnottes liées à l'incendie de la cathédrale ont été créées lundi à travers le monde, a déclaré un porte-parole de l'entreprise. "Dans les prochaines heures, nous travaillerons avec les autorités pour nous assurer que les fonds arriveront là où ils feront le plus grand bien", a précisé John Coventry de Go Fund Me.

En Russie aussi, une collecte pourrait être lancée. C'est le souhait du directeur du département des musées au ministère russe de la Culture, rapporte Le Figaro. "Nous engagerons des consultations avec nos musées nationaux et je pense qu'ils soutiendront cette initiative (...). Ce serait normal d'accorder une aide importante pour la restauration de cette cathédrale unique", a-t-il déclaré.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé mardi les vingt-huit pays de l'Union européenne à participer à la reconstruction de Notre-Dame. "J'adresse toute ma solidarité, toute ma compassion au peuple français", a-t-il déclaré devant le Parlement européen, à Strasbourg. "Je le dis aussi en tant que citoyen de Gdansk, qui a été détruite et brûlée à 90% et qui a été reconstruite."

"Vous reconstruirez aussi votre cathédrale. Depuis Strasbourg, la capitale française de l'Union européenne, j'appelle les vingt-huit Etats membres à prendre part à cette tâche", a-t-il ajouté. "Je sais que la France pourrait le faire seule mais ce qui est en jeu ici, c'est plus que simplement de l'aide matérielle. L'incendie de la cathédrale Notre-Dame nous a à nouveau fait prendre conscience que nous sommes unis par quelque chose de plus important et de plus profond que des traités", a-t-il poursuivi.

Prudence avec les cagnottes en ligne dédiée à la rénovation de Notre-Dame de Paris

Sur les plateformes de financement participatif, les cagnottes faisant appel à la générosité des Français ont rapidement fleuri. Prudence toutefois, une personne mal intentionnée peut toujours se cacher derrière les pots communs. Sur Twitter, Leetchi, interpellé par le député LREM Jean-Michel Mis, a indiqué que "les cagnottes concernées sont sous surveillance et les fonds ne pourront être versés qu'au bénéficiaire prévu, sans intermédiaire". La plateforme a également répondu lundi soir à un utilisateur qui s'étonnait que des frais soient prélevés qu'elle était prête à faire un "geste" mais que ce n'était pas "la priorité".

Une opération de rénovation de la cathédrale Notre-Dame était déjà prévue

La cathédrale Notre-Dame de Paris était en travaux lorsque le feu s'est déclaré. La restauration de ce bijou d'architecture devait commencer par la flèche et la toiture, les éléments touchés lundi soir par l'incendie. Au total, l'opération devait coûter 150 millions d'euros. En prévision, seize statues de cuivre qui ornaient la flèche, représentant les apôtres et évangélistes, avaient été déplacées le 11 avril. Ce lundi, les ouvriers ont démarré la rénovation de la flèche. Une dizaine d'années avaient été prévues pour la rénovation de la cathédrale.

Michel Picaud, président de la fondation de mécénat Friends of Notre-Dame de Paris estime que la rénovation va maintenant coûter "deux, trois" fois plus cher que ce qui était prévu. "On avait déjà une base de donateurs français et internationaux, américains qui commençait à nous aider mais là, il va falloir des moyens beaucoup plus importants", a-t-il déclaré à Franceinfo. "Mais il faut garder espoir. Cette cathédrale a déjà subi des assauts au moment de la révolution. La flèche qui était là, c'était déjà la flèche reconstruite par Viollet-le-Duc, au XIXe siècle. Donc ce ne sont pas les premiers dégâts." Invité sur France Inter, le ministre de la Culture Franck Riestier a affirmé qu'il était encore trop tôt pour estimer le coût de la restauration et le temps que cela prendrait.

Dès lundi soir, une enquête pour "destruction involontaire par incendie" a été ouverte par le parquet de Paris. La piste d'un départ de feu accidentel depuis le chantier en cours sur le toit de la cathédrale "retient l'attention des enquêteurs en l'état des investigations", a précisé une source proche du dossier à l'AFP.

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Lire aussi : Pourquoi la structure de la cathédrale Notre-Dame reste très fragile

  1. LAURENT

    Pour information: Les grands groupes LVMH, TOTAL, VINCI, Crédit Agricole etc pourront-ils prétendre à une déduction fiscale sur les dons qu'ils proposent pour aider à restaurer Notre Dame de Paris, ou c'est un soutien gratuit sans condition?

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