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Après le suicide d'un salarié, Lidl mis en examen pour harcèlement moral et homicide involontaire

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Après le suicide d'un salarié, Lidl mis en examen pour harcèlement moral et homicide involontaire
© Lidl France
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Le groupe de distribution Lidl a été récemment mis en examen pour homicide involontaire et harcèlement moral, selon les informations révélées jeudi 9 septembre par 20 Minutes. Soit près de six ans après le suicide d'un de ses salariés dans un entrepôt d'Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. En 2017, à la suite de la diffusion d'un numéro de l'émission Cash Investigation de la journaliste Élise Lucet, une information judiciaire avait été ouverte par le parquet d'Aix-en-Provence. L'émission dénonçait notamment le management de l'enseigne Lidl qui aurait conduit au suicide sur son lieu de travail de Yannick Sansonetti, retrouvé pendu le 29 mai 2015 dans un entrepôt Lidl situé à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône.

La suite de la procédure avait révélé un autre cas : Patrice Tonarelli, responsable d'entrepôt jusqu'en 2018 et supérieur de Yannick Sansonetti, avait été victime d'un burn-out environ un mois avant le suicide de ce dernier. Selon les informations de 20 Minutes, le groupe Lidl France aurait donc été mis en examen pour harcèlement moral dans les deux affaires, mais également pour homicide involontaire dans le cas du suicide de M. Sansonetti. "À partir du moment où, en connaissance de cause, vous violez une obligation légale de sécurité ou de prudence, et que vous causez un décès, c'est par la violation que vous avez commise que le décès est intervenu. Donc, vous êtes poursuivable pour homicide", affirme ainsi Me François Burle, avocat du frère et de la mère de Yannick Sansonetti.

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Dans cette affaire, Lidl avait déjà été condamné en appel au civl. Dans son arrêt, la cour faisait état d'une "pression managériale très forte depuis l'arrivée d'un nouveau directeur régional en janvier 2014". Les employés de l'entrepôt de Rousset, là où a eu lieu le suicide de M. Sansonetti, se seraient retrouvés soumis "à une amplitude de travail journalière déraisonnable, leur ajoutant des missions de façon imprévisible, sans leur donner des moyens de travail adaptés".

D'autres plaintes pour harcèlement à l'encontre de Lidl

20 Minutes rapporte qu'après le décès de Yannick Sansonetti, trois personnes avaient été embauchées par l'enseigne pour faire l'ensemble des tâches qui étaient à sa charge. "Ce n'est pas une question de vengeance", assure Nicolas Sansonetti, le frère de Yannick, évoquant la plainte en cours. "C'est juste qu'on souhaite avoir une reconnaissance. On veut que sa mort n'ait pas servi à rien et que ça serve peut-être à d'autres personnes", affirme-t-il.

Selon son avocat, "Lidl a beaucoup d'affaires de harcèlement". Il explique notamment avoir deux autres dossiers en cours contre le distributeur au sein de son cabinet. "Je suis persuadé qu'il y a chez Lidl des règles de management, un système mis en place qui est préjudiciable pour les salariés", précise-t-il.

En février, des perquisitions avaient été menées à la direction régionale de Lidl à Guigamp, dans les Côtes-d'Armor, après plusieurs dépôts de plaintes de salariés pour des faits de harcèlement et de discrimination syndicale.

Contactée par Business Insider France, la direction de Lidl France a indiqué rester "à la disposition de la justice" et ne pas souhaiter "commenter une affaire en cours d'instruction".

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