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Après une année noire, Boeing n'est plus la première firme de défense et d'aérospatiale américaine

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Après une année noire, Boeing n'est plus la première firme de défense et d'aérospatiale américaine
L'avionneur américain, plombé par la pandémie et l'interdiction de vol de ses 737 MAX, a publié un chiffre d'affaires en baisse de 24% sur un an. © Clemens Vasters/Flickr
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Pour Boeing, le lot de consolation a un goût amer. L'agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a officiellement donné son aval, mercredi 27 janvier, pour que le Boeing 737 MAX puisse reprendre ses vols en Europe. L'avion était cloué au sol depuis vingt-deux mois, après deux crashs qui auront coûté la vie à 346 personnes en octobre 2018 et mars 2019. L'AESA a donc pris la suite du régulateur américain, la Federal Aviation Administration (FAA), qui avait autorisé le retour dans les airs du 737 MAX en novembre dernier.

Cette timide éclaircie reste cependant bien loin de redorer le blason du géant américain, qui sort d'une année particulièrement ardue sur le plan financier. Plombé par la pandémie, qui a mis à genoux tout le secteur aéronautique, Boeing a accusé une perte sèche de 11,9 milliards de dollars (9,1 milliards d'euros) sur l'année 2020. Ses résultats, publiés mercredi 27 janvier, font état d'un chiffre d'affaires en baisse de 24% par rapport à 2019, à 58,2 milliards de dollars (47,9 milliards d'euros).

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"L'année 2020 a été marquée par de profonds bouleversements sociétaux et planétaires qui ont considérablement touché notre industrie", a noté David Calhoun, le PDG du constructeur, dans un communiqué. "L'impact exceptionnel de la pandémie sur le transport aérien commercial, associé à l’immobilisation au sol du 737 MAX, a eu des répercussions sur nos résultats."

La conséquence directe de ces mauvais résultats peut sembler anecdotique, elle n'en est pas moins symbolique : Boeing, qui était depuis plusieurs décennies la plus grande entreprise américaine de défense et d'aérospatiale, cède sa place à Lockheed Martin, qui a enregistré un bénéfice de 6,9 milliards de dollars en 2020 — un résultat en légère hausse par rapport à 2019 (6,2 milliards).

Lockheed Martin est de longue date la première entreprise mondiale de défense, mais les revenus de Boeing issus de l'aviation civile — en addition à ceux de l'aéronautique militaire — permettait jusqu'ici à l'avionneur d'afficher des résultats supérieurs.

Commandes conséquentes

La branche défense de Boeing a enregistré un chiffre d'affaires 2020 de 15,5 milliards de dollars, un montant en baisse de 16% sur un an. Il faudra sans doute du temps au constructeur de Chicago pour redresser la barre : l'entreprise a annoncé qu'elle allait perdre 275 millions de dollars dans le développement de l'avion ravitailleur KC-46, destiné à l'US Air Force, "principalement en raison des inefficacités de production, y compris les impacts du Covid-19".

Les futurs résultats de Boeing seront bien sûr étroitement corrélés à l'évolution de la pandémie et à une éventuelle reprise du trafic aérien. L'entreprise a des raisons d'espérer : son carnet de commandes s'élève à 363 milliards de dollars (299 milliards d'euros) avec plus de 4 000 avions commerciaux. Le constructeur aéronautique a également repris les livraisons du 737 MAX, fort de l'autorisation de la FAA. Depuis novembre, 40 exemplaires ont été livrés et l'avionneur en compte encore 3 989 à livrer à l'avenir.

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