Arianespace pourrait proposer du transport de matériel vers la Lune dès 2023

Rendu d'artiste de la fusée Ariane 6. ESA/D. Ducros

Il n'y a pas que les Etats-Unis et la Chine qui veulent participer aux aventures lunaires dans les années à venir. L'Européen Arianespace pourrait proposer du transport de matériel vers la Lune dès 2023 avec sa fusée Ariane 6. C'est ce qu'a indiqué son PDG Stéphane Israël pendant le Congrès astronautique international (IAC), qui se tient actuellement à Washington (Etats-Unis). Cela devrait se faire dans le cadre d'une mission de "covoiturage" de fusées, un service de lancements qu'Arianespace mais aussi SpaceX proposeraient à l'avenir. 

En pratique, des opérateurs de satellites ainsi que des Etats pourront réserver une place à bord d'une fusée d'Arianespace ou SpaceX. Ces services auront comme principal avantage la rapidité. Arianespace devrait être capable de livrer 8 500 kg sur une orbite de transfert lunaire. Les orbiteurs et/ou les atterrisseurs devraient atteindre la Lune trois jours après le décollage, a précisé le patron d'Arianespace.

"En 2023, nous sommes prêts à offrir la première mission de covoiturage sur la Lune avec Ariane 6", a déclaré Stéphane Israël, ajoutant qu'Arianespace "envisage des clients publics et privés" pour cette mission, sans pour autant préciser de noms.

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Le nouveau lanceur Ariane 6, en cours de développement et devant remplacer Ariane 5 en 2020, n'est pas censé transporter des astronautes vers la Lune. Toutefois, le patron d'Arianespace a ajouté lors de sa prise de parole au IAC qu'il souhaitait convaincre les pays européens de développer un programme de fusées habitées, visant une décision à la réunion ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA) en 2022. "Je voudrais qu'à la prochaine réunion, nous commencions à travailler sur les vols habités", a déclaré Stéphane Israël.

Si l'Europe s'aventurait sur le terrain des vols habités en direction de la Lune, l'astronaute français Thomas Pesquet serait partant pour faire partie du voyage. Dans un message vidéo de l'astronaute diffusé par le patron d'Arianespace lors de son intervention, celui qui a déjà passé 200 jours dans l'espace a déclaré : "[...] j'ai toujours rêvé d'aller plus loin et plus profondément dans l'espace. J'espère vraiment prendre ma part dans cette prochaine étape de l'exploration spatiale", alors que la NASA a récemment annoncé qu'elle comptait ouvrir son programme lunaire Artemis aux non-Américains dans la prochaine décennie, après sa première mission 100% américaine censée avoir lieu en 2024

L'Europe envisagerait en tout cas deux programmes lunaires, qui devraient être étudiés lors de la réunion ministérielle de l'ESA de novembre prochain et Ariane 6 serait "parfaitement adapté" pour cela, sans oublier une mission robotique utilisant le nouveau lanceur. Au début de l'année, l'ESA a par ailleurs demandé à ArianeGroup une étude préliminaire pour une mission capable de déposer d'ici 2025 un atterrisseur automatique sur notre satellite naturel. 

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