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Arnault, Bompard, Senard... Ces patrons qui renoncent à une partie de leur rémunération face à la crise

Arnault, Bompard, Senard... Ces patrons qui renoncent à une partie de leur rémunération face à la crise
Bernard Arnault, le patron de LVMH, en mars 2017. © Jérémy Barande/ Wikimedia Commons

La crise économique engendrée par les mesures de confinement de la population conduit à des comportements auxquels les grands patrons nous ont peu habitués. Les annonces se succèdent ces dernières semaines sur les baisses de rémunération des dirigeants des groupes cotés à la Bourse de Paris. Elles font suite à l'invitation de l'Afep, une association rassemblant les 110 plus grandes entreprises privées françaises, à se montrer solidaire des salariés dans la période actuelle, alors que beaucoup d'entre eux subissent le chômage partiel — c'est le cas de 9,6 millions de salariés selon le dernier décompte annoncé le 20 avril par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Dans un communiqué publié le 29 mars, l'Afep demande ainsi aux dirigeants "de réduire d'un quart (-25%) leur rémunération globale qui leur sera versée en 2020 pour la durée où des salariés de leur entreprise seront en chômage partiel". Certains patrons sont allés plus loin, en diminuant jusqu'à 50% leur rémunération. D'autres, comme les dirigeants du groupe de luxe Hermès, se sont contentés d'un moindre effort, en renonçant simplement "à l'augmentation de leur rémunération" en 2020.

À l'étranger, le patron de Fiat Chrysler, Mike Manley, a choisi de diminuer sa rémunération de moitié. Outre Atlantique, le PDG de Disney, Bob Chapek, a également renoncé à 50% de son salaire jusqu'à ce que le secteur soit remis de la pandémie de Covid-19. Les dirigeants de Boeing, en grande difficulté, ont de leur côté fait une croix sur l'intégralité de leur rémunération pour toute l'année 2020. De même pour Arne Sorenson, le président de la chaîne hôtelière Marriott, et pour Brian Chesky, le patron d'Airbnb, qui espère éviter les licenciements pendant la crise sanitaire.

Le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, va quant à lui effectuer un don d'un milliard de dollars, soit plus du quart de sa fortune, pour contribuer à la lutte contre le coronavirus. Tandis que le patron d'Amazon, Jeff Bezos, a annoncé qu'il donnerait 100 millions de dollars aux banques alimentaires américaines.

Voici, en France, 15 patrons de grands groupes qui ont abaissé temporairement leur rémunération en raison de la crise économique et sanitaire :

Jean-Dominique Senard (Renault) réduit sa rémunération de 25% pour le deuxième trimestre 'au minimum'.

Jean-Dominique Senard (en janvier 2015), le patron de Renault depuis janvier 2019. Fredsimont/Wikimedia Commons

Le président du conseil d'administration de Renault, Jean-Dominique Senard, qui a pris la succession de Carlos Ghosn, a décidé de diminuer de 25% sa rémunération pour le deuxième trimestre "au minimum", selon un communiqué de Renault du 9 avril. Clotilde Delbos, directrice générale de Renault pour une période intérimaire, avant l'arrivée de Luca de Meo début juillet, va faire de même. Tous les membres du conseil d'administration réduiront aussi de 25% en 2020 leur rémunération, appelée "jetons de présence". Les économies réalisées doivent être reversées à un fonds de solidarité.

Florent Menegaux (Michelin) abaisse de 25% sa rémunération en avril et mai.

Florent Menegaux, le président de Michelin depuis mai 2019. Marlene Awaad/Bloomberg via Getty Images

Le président de Michelin, Florent Menegaux, tout comme son bras droit Yves Chapot, ont choisi dès le 6 avril d'abaisser leur rémunération de 25% pour les mois d'avril et de mai 2020. Une coupe de 10% s’appliquera aussi aux salaires des membres du comité exécutif sur la même période. "Cette baisse sera reconduite aussi longtemps que des salariés du groupe se trouveront en situation d’activité partielle", précise le fabricant de pneus. Les deux dirigeants comptent de plus renoncer à "une partie de leur rémunération variable 2019 versée en 2020, une fois que celle-ci aura été soumise au vote des actionnaires lors de l'Assemblée générale qui se tiendra à huis clos le 23 juin".

Alexandre Bompard (Carrefour) diminue d'un quart sa rémunération pendant deux mois.

Alexandre Bompard, le patron de Carrefour, en juin 2013. TimSimm/ Wikimedia Commons

Le distributeur Carrefour a annoncé le 20 avril que son PDG, Alexandre Bompard, allait renoncer à 25% de sa rémunération fixe pendant une période de deux mois, "correspondant à la phase aigüe de la crise". Le patron a également demandé aux membres du comité exécutif du groupe de réduire de 10% leur rémunération fixe pour deux mois. Les sommes correspondantes doivent contribuer au financement d'actions de solidarité pour les salariés de Carrefour.

Bernard Arnault (LVMH) renonce à sa rémunération en avril et en mai, ainsi qu'à sa rémunération variable pour 2020.

Bernard Arnault, le patron de LVMH, en mars 2017. Jérémy Barande/ Wikimedia Commons

Le PDG de LVMH, Bernard Arnault, un des hommes les plus riches au monde, ainsi que les autres administrateurs exerçant des fonctions exécutives au sein du numéro un mondial du luxe ont pris la décision de renoncer à leur rémunération pour les mois d'avril et mai 2020. Ils ne percevront pas non plus de rémunération variable au titre de l'année en cours, précise un communiqué du groupe publié le 16 avril. Et leur rémunération au titre de leur mandat social sera réduite de 30%.

François-Henri Pinault (Kering) réduit son salaire fixe de 25% à partir d'avril et renonce à sa rémunération variable pour 2020.

François-Henri Pinault, patron de Kering, en juillet 2016. S. Plaine/ Wikimedia Commons

François-Henri Pinault, le PDG de Kering, groupe de luxe propriétaire de nombreuses marques dont Gucci et Yves Saint Laurent, a décidé de diminuer son salaire fixe de 25% "à compter du 1er avril et pour le restant de l'année 2020". Lui et le directeur général délégué, Jean-François-Palus, renoncent également à la totalité de leur rémunération variable actuelle au titre de l'année en cours.

Leonardo del Vecchio (EssilorLuxottica) ferait une croix sur l'intégralité de son salaire en 2020.

Leonardo del Vecchio, le fondateur et président de Luxottica, en février 2019. Marka/Universal Images Group via Getty Images

Le président d'EssilorLuxottica, Leonardo del Vecchio, renoncerait à l'intégralité de son salaire pour l'ensemble de l'année 2020, selon le site spécialisé Acuité. Les hauts dirigeants du groupe spécialisé dans les verres correcteurs et les lunettes devraient quant à eux diviser par deux leur salaire. L'entreprise italo-française confirme, dans un communiqué du 20 avril, que la rémunération de tous les membres du conseil d'administration sera réduite de moitié. Sans toutefois préciser sur combien de mois cette mesure s'appliquera.

Pierre-André de Chalendar (Saint-Gobain) abaisse son salaire net de 16%, comme s'il subissait le chômage partiel.

Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, en août 2008. MEDEF/ Wikimedia Commons

Dans un message à ses collaborateurs relayé fin mars par Le Figaro, le PDG de Saint-Gobain, Pierre-André Chalendar, a fait part de son intention avec le directeur général délégué, Benoît Bazin, de reverser une partie de leur rémunération à l'Assistance publique — Hôpitaux de Paris (AP-HP). "Benoît et moi-même avons décidé de verser à l'AP-HP l'équivalent de ce que représenterait pour nous une mise au chômage partiel en France, durant tout le temps que durera cette crise", a écrit le patron du spécialiste des matériaux de construction. Cette somme correspondrait à 16 % de leur salaire net, sous forme de don. Pierre-André Chalendar a également invité les autres dirigeants du groupe à "faire de même" s'ils le souhaitent.

Bertrand Camus (Suez) va donner un quart de son salaire 'pendant la période de confinement'.

Bertrand Camus, directeur général de Suez depuis mai 2019. Denis Felix/ Wikimedia Commons

Le directeur général de Suez, Bertrand Camus, ainsi que l'ensemble des membres du comité exécutif vont faire don d'un quart de leur salaire "pendant la période de confinement à des actions de lutte contre le Covid-19", a indiqué le 8 avril le spécialiste de la gestion de l'eau et des déchets. Ces sommes doivent être reversées par l’intermédiaire de la Fondation Suez à l'Institut Pasteur et à l'Unicef, afin de financer "des actions de recherche et de soutien des soignants pendant la crise".

Enrique Martinez (Fnac Darty) percevra 75% de sa rémunération temps que des salariés seront au chômage partiel.

Enrique Martinez, le PDG du groupe Fnac Darty. Denis Allard / REA

Fnac Darty, première grande entreprise a bénéficié d'un prêt garanti par l'Etat, s'élevant à 500 millions d'euros, a précisé le 19 avril que la rémunération de son PDG Enrique Martinez serait réduite de 25% "pendant toute la période durant laquelle des salariés du groupe se trouveront en situation de chômage partiel, au motif de la crise sanitaire du Covid-19". La rémunération fixe des membres du comité exécutif sera aussi abaissée de 15% pendant cette période. Le distributeur de produits culturels et électroménagers renonce en outre à verser un dividende à ses actionnaire en 2020 au titre de l'année 2019.

Sophie Bellon (Sodexo) abaisse de 50% sa rémunération sur les six prochains mois.

Sophie Bellon, la présidente de Sodexo, en novembre 2017. Sylvain Gaboury/Patrick McMullan via Getty Images

La présidente de Sodexo, Sophie Bellon, et le directeur général, Denis Machuel, ont annoncé dès le 2 avril renoncer à 50% de leur rémunération sur les six prochains mois. Denis Machuel ne percevra pas non plus sa rémunération variable pour l’exercice 2019-2020. Les membres du comité exécutif du groupe de restauration collective vont de leur côté réduire de 10% leur salaire fixe sur la même période. Comme les 200 principaux dirigeants de Sodexo dans le monde, ils font en plus une croix sur leur rémunération variable annuelle. Les sommes récupérées alimenteront un programme mondial de soutien aux salariés du groupe licenciés en raison des conséquences économiques de la pandémie et du confinement.

Gilles Cojan (Elior) va réduire de 25% sa rémunération pendant 'toute la durée de la crise'.

Gilles Cojan, le président du groupe de restauration collective Elior. Elior Group

Le président d'Elior, Gilles Cojan, et son directeur général Philippe Guillemot vont diminuer leur rémunération de 25% "pendant toute la durée de la crise", a annoncé l'entreprise le 16 avril. Les administrateurs du groupe de restauration collective vont faire de même "pour l'exercice 2019-2020". Quant aux membres du comité exécutif, ils baisseront leurs salaires "de 20% dans les prochains mois".

Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric) va verser 25% de sa rémunération à un fonds dédié à la lutte contre le Covid-19.

Jean-Pascal Tricoire, le PDG de Schneider Electric, en mai 2018. Vladimir Smirnov\TASS via Getty Images

Le PDG de Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire, versera 25% de sa rémunération fixe pendant "la durée de la crise" sur un fonds "destiné à financer des actions d’urgence et de reconstruction à plus long terme en lien avec le Covid-19", a précisé le 8 avril la société spécialisée dans les équipements électriques. Les membres du comité exécutif du groupe se sont de leur côté engagés à verser 10% de leur rémunération fixe sur ce fond.

Christopher Guérin (Nexans) abaisse de 30% sa rémunération en avril et mai.

Christopher Guérin, directeur général de Nexans.  Nexans

Dès le 7 avril, Nexans a annoncé que son directeur général, Christopher Guérin, allait abaisser de 30% sa rémunération en avril et mai 2020, tout comme les membres du conseil d'administration du fabricant de câbles et son président Jean Mouton. Les autres membres du comité exécutif ont accepté quant à eux de réduire de 15% leur rémunération sur la même période.

Christel Bories (Eramet) renonce à un quart de sa rémunération en avril et mai.

Christel Bories, la patronne d'Eramet. Eramet

Le 16 avril, la PDG d'Eramet, Christel Bories, a décidé de réduire de 25% sa rémunération et d'allouer ce montant au plan de solidarité mis en place par le groupe minier et métallurgique français pour lutter "contre la propagation et les conséquences de la pandémie". Les membres du comité exécutif vont aussi renoncer à 10% de leur rémunération. Et les membres du conseil d'administration vont faire de même pour l'ensemble de l'année.

Laurent Burelle (Plastic Omnium) diminue de 25% sa rémunération 'pendant le temps d'arrêt de l'activité'.

Laurent Burelle, le patron de Plastic Omnium. Plastic Omnium/ Wikimedia Commons

Le patron de Plastic Omnium, Laurent Burelle, également président de l'Afep, va diminuer d'un quart sa rémunération "pendant le temps d'arrêt de l'activité", selon un communiqué de l'entreprise du 21 avril. Les membres du comité de direction de l'équipementier automobile percevront une rémunération réduite de 20%, tandis que les 305 cadres dirigeants de l'entreprise verront leur salaire amputé de 15%. Les administrateurs du groupe se sont également prononcés pour une baisse de 15% de leur rémunération annuelle.

En revanche, Plastic Omnium, détenu en majorité par la famille Burelle, prévoit toujours de verser un dividende le 4 mai. Réduit de 34%, il doit s'élever à 0,49 euro par action, soit un montant total de 72 millions d'euros que l'assemblée générale des actionnaires doit approuver le 23 avril.

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Business Insider