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AsterX : ce qu'il faut savoir sur le premier exercice spatial français de l'Histoire

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AsterX : ce qu'il faut savoir sur le premier exercice spatial français de l'Histoire
Un satellite espion s'est approché un peu trop près de ce satellite de télécommunications. © CNES

L'armée de l'air et de l'espace achève ce vendredi le tout premier exercice spatial de son histoire, une première en Europe. Mené de manière entièrement virtuelle à Toulouse sur le site du CNES par une soixantaine de personnels, il vise à évaluer les capacités de protection des satellites français, mais aussi à poursuivre la réflexion sur la stratégie spatiale française.

Un exercice d'importance, puisque Emmanuel Macron s'est rendu sur place aujourd'hui pour se faire présenter AsterX par ceux qui y participent. "Je suis très heureux qu'on puisse faire le point sur les enjeux stratégiques et les enjeux capacitaires et d'innovation, ainsi que les enjeux géopolitiques et leur évolution", a déclaré le chef de l'État à l'AFP. L'Élysée a par ailleurs indiqué à l'AFP : "Il faut avoir des moyens d'action si jamais on voit qu'il y a des dangers qui pèsent sur nos capacités ou celles de nos alliés".

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Voici cinq choses à savoir sur AsterX.

Pourquoi ce nom de code ?

Le nom de l'exercice, AsterX, n'a pas été choisi au hasard. S'il est évidemment un "clin d'œil" au petit Gaulois moustachu mis en scène par Goscinny et Uderzo, c'est aussi le nom du premier satellite français à avoir été envoyé en orbite. Lancé le 26 novembre 1965 par la fusée "Diamant", depuis la base d'Hammagir, dans le Sahara algérien, Astérix a fait de la France la troisième puissance spatiale.

En quoi consiste l'exercice ?

L'exercice est une accumulation de scénarios, il concentre quatre semaines réelles en quatre jours. Chaque journée fictive correspond ainsi à "temps de jeu" de 90 minutes en réel. "Réunis au sein d'une même salle d'opérations, les participants sont alors confrontés à des situations complexes mais réalistes", indique l'armée de l'air et de l'espace. Tout débute par une crise géopolitique entre deux régions "au milieu de l'Atlantique sur un continent fictif". La France va venir en aide à l'une d'elle, avec d'autres alliés, face à la "red team", l'adversaire. Parmi les 18 événements spatiaux qui ont rythmé la semaine, on trouve aussi bien des phénomènes météorologiques que des débris spatiaux qui pourraient entrer dans l'atmosphère, des pannes de satellites, voire des tirs d'armes anti-satellites. Le tout étant de plus soumis à un "flux informationnel connu", en l'occurrence, des plateformes mises en place par l'entreprise Crisotech, qui a permis "d'alimenter les joueurs avec 8 journaux télévisés, 350 articles de presse et 3 500 tweets".

Quels en sont les participants ?

L'exercice implique une soixantaine de participants, surtout des militaires issus des différentes unités composant le Commandement de l'espace. Officiellement créé en septembre 2019, il regroupe le Centre de commandement et de conduite des opérations spatiales (C3OS), le Centre militaire d'observation par satellite (CMOS), qui a pour mission de garantir au ministère des Armées un accès permanent à l'imagerie spatiale, et le Centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (COSMOS), chargé de la surveillance constante de l'espace.

Plusieurs pays alliés ont également apporté leur concours à la France : l'Allemagne, l'Italie et les États-Unis. Ces derniers, qui disposent depuis fin 2019 d'une Space Force, ont déjà invité la France à participer à des exercices dans le domaine spatial. Quant à l'Allemagne et à l'Italie, ce sont deux partenaires importants avec lesquels la France coopèrent sur plusieurs programmes de satellites.

Pourquoi est-il important ?

L'espace exoatmosphérique est devenu le cinquième champ de bataille auquel doit se confronter l'armée — après la terre, la mer, les airs et le cyberespace. Il est devenu un "espace de confrontation", à tel point que le ministère des Armées a publié une stratégie spatiale de défense en juillet 2019, afin de "mieux surveiller et protéger activement" les satellites français. Car les menaces ne manquent pas, à commencer par les tentatives "d'approche" (d'espionnage) de satellites étrangers, à de potentielles manœuvres offensives visant la destruction d'équipements.

La ministre des Armées Florence Parly avait par exemple révélé en 2018 que le satellite russe Louch Olymp s'était approché d'un peu trop près du satellite franco-italien Athena-Fidus, évoquant une tentative d'espionnage. Des programmes de systèmes de missiles susceptibles de détruire des satellites sur orbite sont également à l'étude, notamment aux États-Unis, en Chine ou encore en Russie.

Pourquoi préfigure-t-il le futur de la stratégie spatiale militaire française ?

Ce nouveau champ de bataille qu'est l'espace va bénéficier de plus de 4 milliards d'euros d'investissement sur la durée de la Loi de programmation militaire 2019-2025. Il s'agira notamment de renouveler les capacités satellitaires d'observation, de communication ou encore d'écoute électromagnétiques des armées. À plus long terme, la stratégie spatiale militaire française prévoit également de se doter de capacités d'autodéfense, qui pourrait prendre la forme de lasers de puissance ou encore de nanosatellites guetteurs. Pour accompagner cette montée en puissance, les effectifs du Commandement de l'espace vont être étoffés, pour atteindre 500 personnes en 2025.

La coopération internationale devrait également se renforcer, puisque le centre d'excellence OTAN pour l'espace s'installera à Toulouse à l'été 2021 et que la France a rejoint une initiative internationale de coopération spatiale en février 2020, qui regroupe l'Allemagne, l'Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni.

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