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AstraZeneca admet que les meilleurs résultats de son vaccin sont dus à une 'heureuse' erreur de dosage

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© Steve Parsons-WPA Pool/Getty Images

AstraZeneca et l'Université d'Oxford ont reconnu mercredi 25 novembre une erreur de dosage dans leur essai du vaccin contre le Covid-19 — et certains experts de la santé disent que cela a érodé leur confiance dans le vaccin. La solution s'est révélée efficace à 70 % en moyenne dans les résultats des essais à grande échelle annoncés lundi. Le vaccin semble être efficace à 62 % chez les personnes ayant reçu deux doses complètes, mais son efficacité passe à 90 % chez celles qui ont reçu une demi-dose lors de leur première injection.

AstraZeneca a reconnu que le demi-dosage était initialement une "erreur", comme l'a d'abord rapporté Reuters. Il était prévu que les patients participant à l'essai britannique reçoivent deux doses complètes du vaccin à un mois d'intervalle, mais certains ont reçu une demi-dose pour leur première injection à la place. "Nous sommes retournés vérifier... et nous avons découvert qu'ils avaient réduit de moitié la dose de vaccin", a déclaré à Reuters le Dr Mene Pangalos, un cadre d'AstraZeneca responsable de la recherche et du développement de la société.

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Le demi-dosage semble augmenter l'efficacité du vaccin, et Mene Pangalos a décrit l'erreur comme un "heureux hasard". "C'est de cette manière que nous sommes tombés sur la méthode de la demi-dose puis de la dose complète. Oui, c'était une erreur."

Les essais ont inclus plus de 20 000 volontaires au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud. Dans un communiqué de presse publié lundi, AstraZeneca a déclaré que moins de 2 800 patients ont reçu ce demi-dosage, contre près de 8 900 patients qui ont reçu deux doses complètes.

C'est pourquoi le vaccin nécessite "une étude supplémentaire", a indiqué jeudi le directeur général du groupe après des critiques concernant les résultats annoncés, rapporte l'AFP. "Maintenant que nous avons trouvé ce qui semble être une meilleure efficacité, nous devons la valider, donc nous devons faire une étude supplémentaire", explique Pascal Soriot dans une interview à l'agence Bloomberg, relayée par l'AFP. Les résultats de cette nouvelle étude internationale "pourraient être plus rapides" à obtenir, "car nous savons que l'efficacité est élevée donc nous avons besoin d'un plus petit nombre de patients", a-t-il précisé.

Selon Pascal Soriot, cette étude supplémentaire ne devrait pas retarder l'approbation des agence du médicament dans l'Union européenne et au Royaume-Uni, mais le feu vert des autorités américaines pourrait prendre plus de temps.

Certains experts ont en effet fait part de leurs inquiétudes quant à cette erreur.

Moncef Slaoui, le chef du programme de vaccination américain Operation Warp Speed, a déclaré mardi lors d'un appel aux journalistes que les participants recevant la dose initiale à demi dosée avaient moins de 55 ans, selon le New York Times. Si la demi-dose n'a pas été testée chez des patients plus âgés, cela soulève des questions sur l'efficacité du vaccin d'AstraZeneca, car les personnes âgées sont généralement les plus exposées à une infection grave.

En outre, les résultats d'efficacité ont été mis en commun à partir d'essais cliniques réalisés en Grande-Bretagne et au Brésil, qui ont été conçus différemment, selon le New York Times.

John LaMattina, ancien président de l'unité mondiale de recherche et de développement de Pfizer, a déclaré dans un tweet qu'il était "difficile de croire" que la Food and Drug Administration (FDA) délivrerait une autorisation d'urgence pour un vaccin dont la dose la plus efficace a été administrée à seulement 2 300 personnes.

John Moore, professeur de microbiologie et d'immunologie au Weill Cornell Medical College, a déclaré au Times : "Le communiqué de presse a soulevé plus de questions qu'il n'y a répondu".

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Natalie Dean, une biostatisticienne spécialisée dans la conception d'études de vaccins à l'université de Floride, a posté sur Twitter : "Astrazeneca/Oxford ont obtenu une mauvaise note pour la transparence et la rigueur des résultats des essais de vaccins qu'ils ont publiés." Elle a demandé comment AstraZeneca avait suivi les essais. "Je ne sais vraiment pas quoi penser des résultats", écrit-elle dans un tweet. "Je suis heureuse que ce ne soit pas le premier vaccin dont les résultats sont présentés, parce que c'est terriblement déroutant pour les experts et les non-experts".

AstraZeneca n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire de Business Insider US, mais une porte-parole a déclaré au New York Times que les essais "ont été menés selon les normes les plus élevées".

Mene Pangalos a également déclaré au Wall Street Journal mercredi que l'erreur était "hors de propos". "Quelle que soit la façon dont vous coupez les données — même si vous ne prenez que les données à demi-dose ou à dose complète ... Nous avons toujours une efficacité qui atteint les seuils d'approbation avec un vaccin qui est efficace à plus de 60%", rappelle-t-il.

Ce n'est pas le premier obstacle auquel AstraZeneca et l'Université d'Oxford ont dû faire face. Leurs essais de vaccins ont été interrompus après une "maladie inexpliquée" chez un participant à l'essai britannique en septembre. Mais ils ont rapidement reçu le feu vert pour redémarrer.

Ce mois-ci, les fabricants de médicaments Pfizer et Moderna ont annoncé que les résultats des derniers essais suggéraient que leurs vaccins respectifs étaient efficaces à environ 95 % dans la prévention du Covid-19. Bien que le vaccin d'AstraZeneca semble moins efficace, les fabricants affirment qu'il est considérablement moins cher et plus facile à distribuer que les deux autres.

Version originale : Kate Duffy/Business Insider

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