Attitude en public, achat en ligne, dette... Voici comment les citoyens chinois sont fliqués par le gouvernement

Attitude en public, achat en ligne, dette... Voici comment les citoyens chinois sont fliqués par le gouvernement

Ewan Yap/Unsplash

Depuis plusieurs années, l'empire du Milieu mêle technologie de surveillance de pointe et méthodes répressives traditionnelles pour contrôler ses citoyens grâce notamment à un système de points appelé "crédit social". Un scénario digne d'un film dystopique pourtant bel et bien devenu réalité dans l'Etat communiste... La Chine ne manque pas d'idées pour mener une véritable politique de répression, notamment dans la région du Xinjiang. C'est sur ce territoire autonome du nord-ouest de la Chine que vit un peuple turcophone et musulman sunnite appelé les Ouïghours, principale cible de cette surveillance exacerbée. 

Des agents employés par le gouvernement collectent des données de la police, des tribunaux, des impôts et plus récemment des sites de e-commerce et de réseaux sociaux pour attribuer aux citoyens une note allant de D pour la plus mauvaise au triple A pour la meilleure. De 2013 à 2019, 10 millions de Chinois (sur 1,4 milliard) ont été identifiés comme de légers délinquants sociaux, selon Libération.  Les plus "mauvais citoyens" peuvent ainsi se voir refuser refuser certains droits comme postuler à un emploi précis, inscrire leurs enfants à l'école de leur choix ou même prendre certains transports en commun. A contrario, une bonne note permet par exemple d'obtenir un prêt à un taux avantageux, d'avoir une promotion ou encore d'être mieux classé sur les sites de rencontres.

L'année dernière, environ de 17 millions de personnes n'avaient pas le droit d'acheter des billets d'avion et environ 5,5 millions des billets de train, a rapporté le South China Morning Post en février 2019. 

Voici comment le gouvernement chinois, en collaboration avec des entreprises privées, surveille ses citoyens :

Pour alimenter leur crédit social, les citoyens chinois sont surveillés quotidiennement sur Internet.

Depuis novembre 2018, les fournisseurs d'accès à Internet ont l'obligation de fournir des données sur l'historique des citoyens à la police chinoise. Informations d'enregistrement, historiques des visites, achats en ligne : les moindres faits et gestes des Chinois sont scrutés et analysés. Mais le fait de surveiller les citoyens ne date pas d'hier, un système appelé Bouclier d'or a été mis en place dès les années 2000. Il a pour objectif de centraliser toutes les ressources électroniques disponibles qui visent à "défendre l'intérêt du citoyen et améliorer le taux de résolution des affaires criminelles", selon l'INA. Le ministère chinois de la Sécurité publique utilise ensuite ce système, directement relié aux dossiers d'identification de chaque citoyen et aux réseaux de caméras dotées de logiciels de reconnaissance faciale (voir plus bas).

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Certaines pratiques ou comportements entraînent automatiquement une mauvaise note.

Steve Tsang/Unsplash

Si certaines incivilités sont devenues presque monnaie courante en Occident, elles sont non seulement illégales mais également répressibles dans l'empire du Milieu. Mettre trop de temps pour traverser au passage piéton, crier sur son voisin ou même promener son chien sans laisse peut faire perdre des points de "crédit social" aux citoyens chinois, selon Slate. Cette surveillance de tous les instants incite ainsi les Chinois à se tenir à carreau. 

Grâce à ses 200 millions de caméras installées à travers le pays, la Chine peut scanner un visage en 1 seconde.

Des caméras de sécurité près du siège de la banque centrale chinoise, à Pékin, en 2014. REUTERS/Kim Kyung-Hoon/File Photo

"Auparavant, il fallait qu'un humain scrute toutes les images filmées par les caméras de surveillance, a expliqué aux Echos Jeffrey Ding, un expert de l'intelligence artificielle chinoise à l'université d'Oxford. Aujourd'hui, il suffit de les soumettre à un algorithme qui va les comparer à une base de données contenant les profils des personnes recherchées par les forces de l'ordre." Ce système, appelé Sky Net, est déployé dans plus de 16 villes et provinces du pays. D'après les développeurs, ce système particulier fonctionne sans précision d'angle ou de conditions lumineuses, et aurait permis, ces deux dernières années, d'arrêter plus de 2 000 personnes. 

Une technologie d'IA parvient même à identifier les personnes par leur démarche.

Tinh Khuong/Unsplash

Après les caméras de surveillance, le gouvernement chinois travaille actuellement un nouvel outil qui permet d'identifier des individus à partir de leur démarche ou de leur morphologie. La société Watrix, qui a conçu cette technologie, précise que ce système permet d'identifier des individus dans un rayon de 50 mètres, y compris de dos ou avec le visage masqué, selon BFMTV. Ce système est en cours d'expérimentation à Shanghai, l'une des métropoles les plus surveillées de Chine. 

Les policiers utilisent aussi des lunettes à reconnaissance faciale

Vincent Chan/Unsplash

Afin d'être encore plus efficace sur le terrain, la police chinoise n'a pas hésité à équiper directement les forces de l'ordre de lunettes dotées de reconnaissance faciale. Capables d'identifier les passants en quelques secondes, ces lunettes futuristes disposent d'une caméra intégrée qui mesure par exemple la profondeur du visage, comme le précise Numerama. Les mesures prises sont ensuite comparées à une base de données d'individus déjà identifiés. 

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Une application de surveillance "des conduites quotidiennes" est utilisée par la police du Xinjiang.

Ihor Dvoretskyi/Unsplash

Les autorités chinoises rassemblent de nombreuses informations biométriques sur leurs citoyens, même s'il n'y a aucune menace ou danger. Appeler un numéro d'une personne qui a quitté le pays depuis plus de 30 jours, consommer plus d'électricité que la norme ou encore ne pas utiliser son smartphone... Dans la province de Xinjiang, un système informatique analyse des données qui peuvent sembler anodines sur ses habitants, afin d'identifier de possibles des comportements suspects, selon un rapport de Human Rights Watch. "Pour la première fois, nos recherches démontrent que la police du Xinjiang recueille illégalement des informations sur des habitants même quand leurs activités sont tout à fait légales, afin de prendre des mesures contre certains d'entre eux", explique Maya Wang, chercheuse sur la Chine auprès de la division Asie de Human Rights Watch. Cela concerne toutes les personnes âgées de 12 à 65 ans.

Dans la région du Xinjiang, les autorités auraient récolté l'ADN des habitants pour les surveiller.

Ousa Chea/Unsplash

Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch, les instruments de laboratoire de l'entreprise américaine, Thermo Fisher, spécialisée dans l'équipement scientifique, auraient permis aux autorités de la région du Xinjiang de mettre en place un gigantesque fichier de données biométriques et génétiques des habitants. Ces données avaient été récoltées en 2016 lorsque la région avait organisé une campagne sanitaire et proposait un bilan santé gratuit à tous ses habitants. Les autorités en auraient profité pour récolter les ADN de tous les patients, grâce aux équipements fournis par Thermo Fisher, selon le New York Times. Presque 36 millions de personnes seraient concernées, et principalement la minorité musulmane des Ouïgours. 

Des compagnies d'assurance comptent le nombre de pas de leurs clients.

Drew Willson/ Unsplash

Pour s'assurer que les citoyens sont en bonne santé et maintiennent un poids équilibré, deux compagnies chinoises offrent des récompenses en fonction de la distance qu'ils parcourent tous les jours. Grâce à une application installée sur leur smartphone, les assurés de China Life Insurance et Vitality Health peuvent comptabiliser le nombre de pas qu'ils ont effectués dans la journée. Ils récoltent 3 points pour 7 000 pas, 5 points pour 10 000 pas et 8 points pour 12 500 pas, selon Le Figaro. Une fois les points accumulés, ils peuvent donner accès à diverses récompenses comme des places de cinéma ou même des réductions chez Amazon Prime.

Le gouvernement pratique le 'name and shame' : les visages de personnes endettées sont diffusés sur les panneaux d'affichage publics.

Raymond Tan/Unsplash

Depuis 2013, la Cour populaire suprême chinoise publie régulièrement une liste noire des personnes endettées ou qui n'ont tout simplement pas respecté les jugements des tribunaux locaux. Selon BFMTV, les citoyens répertoriés ont parfois vu leur nom, leur photo et leur adresse diffusés sur des panneaux d'affichage dans les gares ou dans les centres commerciaux. Ces personnes sont définies comme les "laolai", que l'on peut traduire par "mauvais payeurs"

Les opérateurs télécom attribuent aussi une sonnerie spéciale aux citoyens endettés.

jing xiu/Unsplash

La Chine met souvent l'accent sur l'épargne et voit les emprunts d'un très mauvais oeil. Lorsqu'une personne appelle un "laolai", une tonalité spéciale retentit pour lui indiquer que son correspondant est endetté. Un message l'incite aussi à lui demander de régler ses dettes. Une application dépendant de la messagerie chinoise WeChat présentée au mois de janvier 2019 permet également de détecter les personnes endettées.

Certaines entreprises utilisent des capteurs cérébraux pour surveiller les émotions de leurs employés.

jesse orrico/Unsplash

Selon un article du South China Morning Post, les employés de l'usine Hangzhou Zhongheng Electric en Chine,  portent des casques dans lesquels sont cachés des capteurs qui analysent leurs ondes cérébrales lorsqu'ils travaillent. Les données collectées sont ensuite envoyées vers des ordinateurs qui permettent de surveiller les changements émotionnels des travailleurs, tels que le stress, la colère, l'anxiété ou la fatigue. Selon la direction, c'est un bon moyen de mesurer le stress des ouvriers pour mieux adapter le rythme de travail et augmenter l'efficacité de l'usine.

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Dans certaines toilettes publiques, la reconnaissance faciale lutte contre l'usage intensif de papier toilette.

Michael Jasmund/Unsplash

La surveillance ne s'arrête pas sur internet ou dans la rue, elle suit les Chinois jusque dans les toilettes. En effet, dans la gare de Harbin (dans le nord de la Chine) ou dans le temple du ciel à Pékin, les visiteurs doivent établir un contact visuel avec un ordinateur afin que le distributeur leur offre du papier toilette. Et si quelqu'un tente de se servir plusieurs fois, le distributeur lui suggère de revenir neuf minutes plus tard, selon CNN. L'idée est de lutter contre les gaspilleurs et les voleurs.


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  1. Lili

    Faites attention aux fautes d'orthographe quand même.. Ça fait vraiment pas professionnel du tout surtout sur des fautes basiques de types son/sont

  2. serge

    Faites attention surtout à la Chine!
    Ce pays dictatorial est à vomir, 1 milliard de personnes traitées comme des esclaves...
    Écœurant...
    Glaçant...
    Flippant!
    Boycottez les produits chinois fabriqués dans ces usines-prison...
    Ne vous rendez pas complice de ce système...

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