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Auchan, Cdiscount, Rakuten... Ils tendent la main aux petits commerçants pour redorer leur image

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Auchan, Cdiscount, Rakuten... Ils tendent la main aux petits commerçants pour redorer leur image
© Business Insider France/Claire Sicard
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La guerre du commerce aura bien lieu. C'est en tout cas l'impression que l'on a depuis la mise en place du reconfinement, le vendredi 30 octobre, et la fermeture des commerces qualifiés de "non-essentiels". La fronde des petits commerçants ne s'arrête plus, notamment des libraires, qui réclament au gouvernement la possibilité de rouvrir leurs portes rapidement, sous peine de fermer définitivement. Et ce, malgré la décision du gouvernement de fermer les rayons livres des magasins Fnac et des supermarchés, dès le week-end.

Pour répondre au mécontentement des commerçants indépendants,  Jean Castex a annoncé dimanche vouloir aller encore plus loin : à compter de mardi 3 novembre, les rayons des produits "non-essentiels" seront fermés dans tous les supermarchés de France. Une tolérance pourra être constatée jusqu'à mercredi 4. Un décret détaillant quels produits seront interdits à la vente devrait être publié rapidement. L'objectif de cette mesure est d'éviter une éventuelle concurrence des ventes en grandes surfaces, pour des commerçants déjà fragilisés par les semaines de confinement au printemps dernier.

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Auchan et Carrefour voulaient faire de la place dans leurs hypermarchés pour les libraires

Dans ce contexte compliqué pour les petits commerçants, certaines initiatives ont vu le jour avec pour objectif de les soutenir. Le distributeur Auchan met en place à compter de ce lundi 2 novembre, des espaces dans ses hypermarchés destinés aux libraires, afin de les aider dans le développement de leur démarche de click & collect. Ils auront ainsi la possibilité, dans une zone dédiée au sein des supermarchés volontaires, de prendre des commandes de livres, de conseiller les clients ou de remettre les livres commandés. Une surface de stockage sera aussi mise à disposition par Auchan pour ranger leurs produits. Pour pouvoir bénéficier de ce service, les libraires peuvent contacter leur hypermarché local via un formulaire sur internet. Contacté par Business Insider France, le distributeur nous a confirmé que ce projet était "toujours d'actualité".

D'autres distributeurs avaient également prévu, dès vendredi 30 octobre, de mettre en place des initiatives destinées à aider les petits commerçants, dans un contexte où les grandes surfaces étaient montrées du doigt pour concurrence déloyale. Carrefour, dans un tweet de son PDG Alexandre Bompard, proposait ainsi de mettre "à disposition des libraires indépendants des espaces de ventes dans ses hyper". Mais la décision, toujours le même jour, de fermer les rayons livres des grandes surfaces, avait rendu caduque cette initiative. Le PDG de Carrefour appelait quand même à imaginer "de nouvelles coopérations et de nouvelles solidarités en ces temps difficiles" et à ne pas laisser "les GAFA monopoliser l'accès à la culture".

Ces initiatives d'Auchan et de Carrefour, même si elles sont intéressantes pour les petits commerçants, ne sont pas dénuées d'intérêt pour les distributeurs qui cherchent à faire venir coûte que coûte des clients dans leurs hypermarchés, désertés ces dernières années, et concurrencés sur les produits non-alimentaires par les bonnes affaires des discounters comme Action, GiFi, Stokomani ou encore Zeeman. Elles permettent aussi d'avoir une bonne image auprès du grand public en se montrant solidaire des commerces en difficultés.

Amazon, Cdiscount et Rakuten multiplient les initiatives

Les e-commerçants ont été encore plus pointés du doigt ces derniers jours que les acteurs de la grande distribution, que ce soit par les fédérations de commerçants ou par les membres du gouvernement, taxés de réaliser des chiffres d'affaire toujours plus importants et de profiter de la fermeture des magasins physiques. Il a notamment été demandé par le gouvernement à Amazon d'annuler sa pré-campagne Black Friday. Le géant américain est critiqué même au plus haut sommet de l'État, Jean Castex appelant les Français, dimanche 1er novembre lors de son interview sur TF1, à ne pas commander sur le site e-commerce. Amazon a de son côté mis en place ce lundi 2 novembre sur la page d'accueil de son site un emplacement intitulé "Soutenons les entreprises françaises" proposant des rubriques telles que "jouets français", "startup françaises", "PME françaises" ou encore "boutique des producteurs". Cette dernière existe sur le site e-commerce depuis novembre 2018.

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Le site de e-commerce français Cdiscount annonce pour sa part mettre en place un dispositif d'urgence pour soutenir les petits commerçants en leur ouvrant les portes de sa marketplace gratuitement. Ils pourront mettre en ligne sans frais sur le site Cdiscount leurs produits, ces derniers seront ensuite à retirer par les clients chez le commerçant vendeur, en "click & collect". Si ces derniers souhaitent passer par la livraison via Cdiscount, un commission de l'ordre de 6% sera appliquée, moitié moins qu'habituellement. Le e-commerçant assure également, selon La Provence, qu'il ne sera pas "trop agressif" pendant la période du Black Friday, habituellement propice aux fortes promotions sur internet. "Nous sommes un acteur français, nous voulons accompagner les commerces français dans la digitalisation et nous aurons une politique commerciale différente des autres années", a précisé Emmanuel Grenier, le PDG de l'enseigne lors d'une visio-conférence de presse.

Enfin, le site Rakuten annonce reconduire le dispositif mis en place lors du dernier confinement, mais en le renforçant. Les petits commerçants qui le souhaitent pourront vendre leurs produits sur la marketplace, sans payer les frais habituellement demandés par le e-commerçant, selon Le Parisien. Le e-commerçant conservera néanmoins une commission sur les ventes de 5% sur les catégories de produits vendus dans les magasins considérés comme non-essentiels et donc fermés, comme les jouets par exemple. Selon Fabien Versavau, PDG de Rakuten, il s'agit néanmoins d'une "diminution de plus de la moitié". L'ex PriceMinister appelle également à la création d'un fonds de solidarité à destination des petits commerçants et qui serait abondé par les e-commerçants.

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