44 jeunes de la génération Z révèlent ce qu'ils attendent de la voiture dans 30 ans

  • La génération Z, qui succède aux millennials, est passionnée de technologie, intéressée par l'économie et engagée en politique. 
  • Alors que le Mondial de l'auto ouvre ses portes à Paris, Business Insider France a interrogé 44 jeunes Français sur leurs attentes pour les véhicules du futur.
  • La voiture autonome est clairement la rupture technologique qu'ils guettent tout en restant attachés à certains usages.
  • Business Insider France présente les résultats de l'enquête en avant-première pour Upday.

Alors que le plus grand salon automobile au monde débute ce jeudi à Paris, Business Insider France a demandé aux jeunes de la génération Z (née après 1997) de livrer leur sentiment sur la voiture d'aujourd'hui et de demain. 

Au total, plus de 60 Français ont répondu de façon déclarative à notre questionnaire entre le 21 et le 26 septembre. Un grand merci à eux. Parmi ces personnes, 44 avaient 21 ans ou moins et appartiennent ainsi à la génération Z.

La voiture semble encore incontournable dans leur vie. Parmi les personnes majeures qui nous ont répondu, deux tiers ont déclaré avoir leur permis de conduire. Comme pour leurs aînés, conduire est pour certains une question de plaisir offrant une sensation de liberté et d'indépendance. Pour d'autres l'approche est plus pragmatique et la voiture sert essentiellement à pallier une absence de transport en commun. 

Alors que nos contributeurs habitent en ville pour trois quart d'entre eux, 80% déclarent utiliser une voiture au moins une fois par semaine. Pour leurs trajets 4 personnes sur 10 possèdent leur propre voiture, les autres empruntent la voiture d'un proche ou voyagent en tant que passagers.

Qu'en sera-t-il dans 30 ans ? Voici les grandes tendances issues des réponses de cette génération Z, présentées en avant-première :

Les voitures personnelles continueront d'exister

Depuis 2015, le Twizy électrique de Renault a rejoint le service d'autopartage Bluely à Lyon. Image Bolloré communications

Le monde sans voiture n'est pas encore à l'ordre du jour. Les politiques publiques ont beau rêver à une diminution de la place de la voiture, son abandon n'est pas pour demain. Seuls 16% de nos contributeurs pensent qu'ils ne se déplaceront pas majoritairement en voiture dans 30 ans. Les autres estiment que la voiture sera aussi dominante qu'aujourd'hui. Plus des deux tiers prévoient même d'être toujours propriétaires de leur véhicule d'ici là, avouant ainsi qu'ils ne pensent pas que les voitures partagées seront très répandues. Aucun ne met en avant l'idée de voyager dans des sortes de taxis autonomes.

Indispensable dans les zones mal desservies

Aujourd'hui, les jeunes de la génération Z se servent de leur voiture principalement pour aller en cours et c'est toujours pour des trajets "professionnels" qu'ils prévoient d'utiliser leur voiture dans 30 ans. Se rendre à son travail arrive ainsi en tête des motifs évoqués. Suivent ensuite les déplacements pour les loisirs et les excursions et les longs trajets comme les départs en vacances.

Les répondants estiment que la voiture sera encore indispensable pour pallier l'absence de transports en commun qui, dans 30 ans, sera encore un problème dans certaines zones.

Les autres motifs évoqués mettent en avant le fait de gagner du temps et d'être plus libre vis-à-vis de ses horaires qu'en prenant les transports en commun lorsqu'ils existent.

Les voitures seront plus propres dans 30 ans

Un homme nettoie le pare-brise de son cabriolet Studebaker après un défilé de voitures anciennes, place de la Concorde à Paris, le 30 septembre 2018. REUTERS/Benoit Tessier

Vu leur pouvoir d'achat, restreint comparé aux automobilistes déjà bien installés dans la vie active, les jeunes de la génération Z nous ont dit que le critère du prix était aujourd'hui le plus important à leurs yeux loin deƒvant l'impact écologique. Moins d'un répondant sur deux a indiqué que le critère environnemental lui importait "beaucoup", alors que la majorité a répondu "moyennement". Pour leur prochaine voiture, les trois quarts envisagent ainsi d'acheter un véhicule d'occasion. 

En revanche, lorsqu'on leur demande comment seront les voitures du futur, la moitié mise sur une généralisation des véhicules propres, à hydrogène ou électrique. Ils espèrent que leur prix baissera dans les prochaines années pour les rendre plus accessibles et que leur autonomie sera plus grande.

Certains rêvent que les batteries puissent se recharger toutes seules

Renault Zoé, le 21 septembre 2018 à Belle-Île-en-Mer. Groupe Renault/Yannick Brossard

"Les voitures qui fonctionnent aux énergies renouvelables c'est important", témoigne Agathe, 18 ans, titulaire du permis depuis mi-septembre. "Le problème c'est que pour l'instant ce n'est pas abordable. Les tarifs sont bien trop chers."

Il est à noter que de nombreux jeunes interrogés semblent assimiler les véhicules électriques à des véhicules 100% propres. Or, certes, les véhicules électriques ne produisent pas d'émissions polluantes en circulant —ce qui améliore nettement la qualité de l'air en ville — mais leur bilan écologique global n'est pas neutre. Leur impact dépend de l'origine de l'électricité fournie pour leur production et pour le chargement de leur batterie, comme le rappelle la dernière étude de l'Observatoire Cetelem. En Chine par exemple, où l'électricité provient principalement de centrales au charbon, une voiture électrique émet plus de CO2 qu'une voiture diesel.

Elles seront plus sécurisées et pourront 'prévenir les pompiers en cas d'accident'

Les jeunes de la génération Z s'attendent à ce que les technologies se multiplient encore dans les voitures qui seront de plus en plus connectées et intelligentes. "Elles pourront prévenir les pompiers en cas d'accident", imagine Arthur, jeune automobiliste de 18 ans, qui pense que l'habitacle connecté et les aides à la conduite seront le point fort des voitures de demain. 

Dans leurs réponses, les jeunes indiquent aussi qu'ils espèrent que ces voitures seront plus durables, facilement réparables, sans grand entretien, moins gourmandes en carburant ou énergie et plus confortables.

Elles seront autonomes mais il faudra toujours un permis de conduire

Certificat de capacité valable pour la conduite des voitures automobiles, émis en 1922. Wikimedia commons/Siren-Com

L'innovation reine, la plus évoquée par la génération Z, est sans nul doute celle de la voiture autonome. Elle est mentionnée dans plus de six réponses sur dix. C'est "la" rupture technologique que cette génération attend. 

Cette voiture offre un mode "pilote automatique" pour faire des trajets d'un point A à un point B en prenant en compte l'environnement extérieur. "Mais, il lui faut aussi une option manuelle pour garder le plaisir de la conduite quand on le souhaite", espèrent plusieurs interviewés. Trois quart des répondants estiment ainsi que le permis de conduire sera encore utile dans 30 ans. 

"Il faudra repenser l'habitacle. On n'aura plus besoin d'être concentré sur sa conduite, on pourra faire ce qui nous plaît. La voiture deviendra un salon ambulant avec un frigo, une télé, un accès à internet. Le tableau de bord proposera la même chose que notre smartphone et comme la conduite ne sera plus sa fonction essentielle, la voiture ne sera plus seulement vue comme un moyen de transport mais comme un espace de détente", imagine Agathe. 

La voiture autonome est également parée de grandes vertus, dont celle d'apporter une plus grande sécurité. Néanmoins, plusieurs de nos contributeurs s'interrogent sur sa capacité à prendre des décisions "éthiques". "La voiture autonome va-t-elle préférer se prendre un arbre au risque de tuer ses passagers dans le choc ou renverser un piéton ?", se demande Sophie, 21 ans.

Elles deviendront vraiment un produit de luxe

En général, plus une technologie se développe, plus son prix baisse... excepté pour les smartphones et les voitures. Le prix de ces dernières ne cesse d'augmenter. En 2017, le prix moyen d'une voiture neuve a atteint 26.717 euros, selon l'Argus (contre moins de 20.000 euros en 2010) et l'acheteur d'une voiture neuve avait en moyenne 56 ans.

Même si beaucoup espèrent que les coûts vont baisser avec la généralisation des technologies, certains membres de la génération Z estiment au contraire que le budget voiture n'enflera encore. Les voitures électriques sont en effet plus chères à l'achat, tout comme les voitures autonomes bardées d'équipements onéreux. 

En plus, il y a les frais d'entretien et de stationnement. "La hausse des prix des carburants et de leurs taxes, les coûts de parking, les restrictions de circulation dans certaines villes... tout cela va faire que la voiture va être de plus en plus un produit de luxe", a expliqué Grégoire à Business Insider France. Ce jeune entrepreneur de 20 ans, passionné de voiture, a obtenu son permis en anticipé avant même ses 18 ans. Son prochain véhicule sera équipé d'un kit éthanol pour moins consommer. "C'est moins sympa à conduire, mais ça me permettra de faire le plein pour 30 euros, au lieu de 100 euros, ce qui fait des économies importantes".  

Au delà du prix, l'aspect technique, le design et le confort sont également cités comme des critères importants par les jeunes de la génération Z, avant l'impact environnemental et la technologie embarquée.

Les grandes marques auront changé

Le constructeur français Panhard & Levassor a du cesser ses activités civiles en 1967. Ici une Panhard PL17 Cabriolet. Wikimedia commons/Andrew Bone

Si dans 30 ans, les voitures existeront toujours, elles ne seront peut-être plus produites par les mêmes constructeurs. Les réponses que nous avons reçues sont assez catégoriques. Pour être encore là dans 30 ans, les constructeurs devront avoir lourdement investi pour réussir leur virage technologique. Ils devront proposer des modèles hybrides et électriques et s'adapter aux nouvelles normes et aux nouvelles attentes des clients. Faute de quoi, ils mettront la clef sous la porte.

Les constructeurs face à Tesla

Rangée de voitures Tesla Model 3 sur un parking en Californie. REUTERS/Stephen Lam

Parmi les marques qui représentent le plus l'avenir de l'automobile, celles de la tech dominent largement par rapport aux constructeurs traditionnels. Ainsi, Tesla est la marque la plus citée. Sept personnes sur dix pensent qu'elle incarne la voiture du futur devant Google et Apple. "Que la marque soit encore là ou non dans 30 ans, elle aura marqué l'industrie automobile, au même titre que Nokia pour les premiers téléphones portables ou que le minitel", analyse Grégoire.

Les constructeurs haut de gamme allemands Audi, BMW, Mercedes sont aussi souvent cités, tout comme les industriels de l'aviation Airbus et Boeing. PSA et Renault en revanche ne semblent pas représenter la voiture du futur aux yeux de la jeune génération.

L'utopique voiture volante

Les voitures volantes imaginées par Luc Besson dans le film le Cinquième Elément. YouTUbe

Il y a 50 ans, de nombreux jeunes Français croyaient qu'on voyagerait dans des voitures volantes à partir de l'an 2000. Ça fait partie de l'imaginaire, des technologies du futur qui font rêver les petits enfants (et les gens coincés dans ls bouchons). Nous avons posé la question et le sujet est clivant. La majorité des personnes (55%) qui ont répondu ne croient pas à la possibilité de voyager un jour dans une voiture volante. Cela laisse donc 45% de rêveurs qui pensent avoir un jour cette chance, mais pas tout de suite, il faudra attendre encore une bonne cinquantaine d'années, estiment-ils.

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  1. Izilidars

    La generation Z c'est les annee 2000 a aujourd'hui nan? Alors pourquoi faire un sondage sur des gens qui n'en sont pas en disans "La generation Z"

  2. Christian du var

    80% des participants à votre "sondage " disent habiter en ville, et certainement une majorité dans la région parisienne. Donc ce sondage n'est pas du tout représentatif de la population française.
    Il serait étonnant que dans 30 ans les transports en commun soient à la hauteur des besoins des provinciaux.
    Encore une enquête orientée par des bobos parisiens aux "service" des politiques et des lobis industrialo/ financiers.
    Un vieux reac habitant à la campagne et qui continuera d'utiliser son véhicule malgré le matraquage des taxes sur les carburants à moins que nos chers politiques aient une idée géniale dont ils ont le secret.

  3. Freyja

    Un sondage sur 44 personnes (ou même 60), ça n'a aucune réelle valeur statistique pour pouvoir conclure quoi que ce soit, c'est un échantillon tellement petit que je n'en vois pas l'intérêt. Ça décrédibilise tout l'article.

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