Avec l'alunissage raté de Beresheet, la société israélienne SpaceIL pourrait passer à côté d'un important contrat avec la NASA

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La sonde israélienne Beresheet — qui signifie "au commencement" en hébreu et qui a été lancée en février dernier à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX — a finalement raté son alunissage, hier, jeudi 11 avril 2019, dans la mer de Sérénité, plaine basaltique située dans l'hémisphère nord de l'unique satellite naturel de la Terre. Dans un tweet, la société privée, financée par un milliardaire israélien qui a construit l'atterrisseur de 590 kg en partenariat avec Israeli Aerospace Industries, a indiqué : "n'arrêtez pas d'y croire ! Nous étions près du but, mais malheureusement, nous n'avons pas réussi l'alunissage. Plus d'informations à venir." Vraisemblablement, une panne de moteur aurait provoqué le crash de l'engin spatial, rapporte Business Insider US.

Après avoir constaté la panne, les ingénieurs au centre de contrôle de mission ont redémarré la sonde pour enclencher le moteur principal mais il était trop tard. Beresheet a pu transmettre une dernière photo — voir ci-dessous — avant de s'écraser. Si Beresheet avait réussi son alunissage, Israël aurait été la quatrième nation à atterrir sur la Lune après les Etats-Unis, la Russie — à l'époque de la Guerre froide — et plus récemment la Chine sur la face cachée de notre satellite. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, présent au centre de contrôle de la mission à Yehud, en Israël, a commenté : "Si tu ne réussis pas la première fois, essaie encore."

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Cet échec pourrait cependant nuire à la société israélienne SpaceIL à l'avenir. Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES) a rappelé au Monde que la NASA était "prête à déléguer à des sociétés privées la partie 'petits atterrisseurs' de son programme lunaire, avec beaucoup d'argent sur la table. Le programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS) est doté d'un budget de 2,6 milliards de dollars répartis sur dix ans". Si la société israélienne SpaceIL avait réussi son alunissage, cela lui aurait permis de répondre à ces appels d'offres ouvertes par l'agence spatiale américaine.

Les Etats-Unis ont récemment décidé d'accélérer leur programme spatial sur la Lune pour y renvoyer des humains d'ici 2024, soit quatre ans plus tôt par rapport à ce qu'avait initialement prévu la NASA. La première puissance spatiale au monde a donc besoin de réaliser de nombreuses recherches appliquées sur la Lune au préalable, concernant notamment la possibilité d'extraction d'eau in situ. 

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L'apport scientifique potentiel de la mission israélienne était de toute manière "secondaire" comme l'a rappelé Francis Rocard : "la sonde avait trois petites 'manips' : un magnétomètre, une caméra et un rétroréflecteur". Il s'agissait surtout d'"une affaire de prestige et de fierté pour Israël." 


La mission en soi n'a pas coûté aussi cher que les missions lunaires de la NASA dans les années 1960. Business Insider US rapporte que l'agence américaine avait dépensé 469 millions de dollars sur sept atterrisseurs lunaires Surveyor, ce qui correspondrait, après ajustement en fonction de l'inflation, à 3,5 milliards de dollars aujourd'hui, soit 500 millions de dollars par mission. La mission israélienne n'a quant à elle coûté que 100 millions de dollars. 

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