Avec l'Éco-Score, vous pourrez évaluer l'impact sur l'environnement de ce que vous mangez

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Avec l'Éco-Score, vous pourrez évaluer l'impact sur l'environnement de ce que vous mangez
L'Éco-Score devra permettre au consommateur de mieux connaître l'impact environnemental des produits alimentaires qu'il choisit d'acheter. © Unsplash/Warren Wong

Un collectif d'acteurs de l'alimentation comprenant les applications Yuka ou ScanUp, les sites Marmiton ou La Fourche, vient de lancer ce jeudi 7 janvier un nouvel outil permettant de connaître l'impact sur l'environnement des produits que vous mangez. Appelé Éco-Score, il donnera aux produits agroalimentaires, et même aux plats préparés, une note de A à E mesurant l'impact environnemental de leur production. Ce score sera symbolisé par une feuille et comprendra un code couleur du vert au rouge.

L'Éco-Score comprendra une note de A à Z, ainsi qu'un code couleur associé. (Éco-Score)

En matière de présentation et de compréhension, l'Éco-Score se rapproche a priori volontairement de son prédécesseur, le Nutri-Score, qui donne aussi une notation de A à E, mais sur les qualités nutritionnelles des aliments. De plus en plus utilisé, que ce soit par les industriels ou la grande distribution, il se développe néanmoins sur la base du volontariat des acteurs de l'alimentation. Concernant l'Éco-Score, on pourra le trouver dès aujourd'hui sur les applications Open Food Facts et Frigo Magic ou sur le site Marmiton, et en février prochain sur l'application Yuka dans un onglet dédié.

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Une note sur 100 et un système de bonus / malus

La méthodologie de calcul de l'Éco-Score repose en grande partie sur l'Analyse du Cycle de Vie (ACV), issue de la base de données Agribalyse développée depuis une dizaine d'années par l'ADEME, l'Agence de la transition écologique, et l'INRAE, l'Institut national de la recherche agronomique, deux organismes officiels. Cette analyse couvre la majorité des enjeux environnementaux, comme les impacts sur le climat, l'air, le sol, l'eau, etc. et donne un score noté sur 100.

Pour compléter cette notation, les acteurs du collectif ont décidé d'ajouter un principe de bonus et de malus sur les critères suivants : présence de labels, provenance géographique des produits, politique environnementale du pays producteur, espèces menacées, recyclabilité de l'emballage et saisonnalité. Ces bonus et malus peuvent ainsi aller de -15 points à + 20 points en fonction de leur impact sur l'environnement.

Nutella, riz Uncle Ben's et poulet Le Gaulois

Et si l'on prend des exemples concrets, comme le Nutella, produit emblématique s'il en est ? La célèbre pâte à tartiner est dotée d'une note de C et d'un score de 41/100 selon les critères de l'Éco-Score, détaillés comme suit : une note ACV de 50/100, un malus de 4 points sur l'emballage (bouchon et opercule non recyclables), un malus de 5 points sur la politique environnementale. Et pour l'origine géographique de l'approvisionnement des matières premières ? Ni bonus ni malus comme le montre le détail ci-dessous. Quant à un éventuel malus sur les espèces menacées, le collectif a répondu que l'huile de palme présente dans le Nutella était certifiée durable et qu'un malus ne pouvait donc pas s'appliquer.

Détail du calcul de l'Éco-Score pour le Nutella (Éco-Score)

Autre exemple, le riz long grain de la marque Uncle Ben's aurait ainsi un Éco-score de 83/100, noté A. Soit 74 points sur l'analyse ACV, + 8 points rajoutés en bonus sur l'origine de l'approvisionnement (Espagne et Italie), + 2 points en bonus sur la politique environnementale de ces pays mais, - 1 point de malus sur l'emballage.

Si l'on teste ce nouveau score avec une cuisse de poulet Le Gaulois, on obtient un Éco-Score de 56/100 points, noté C. Soit 47 points/100 sur l'analyse ACV, + 19 points de bonus pour l'approvisionnement en France, mais - 10 points de malus sur l'emballage comprenant une barquette et un film plastique non-recyclables.

L'UFC-Que Choisir et d'autres associations demandent déjà un changement de méthode

Mais ce nouveau projet de score environnemental ne fait pas l'unanimité. Des associations comme France Nature Environnement ou l'ONG CIWF, mais aussi l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, pointent déjà du doigt certaines limites. "L'initiative est positive, les consommateurs sont de plus en plus demandeurs pour avoir un acte d'achat responsable", a confirmé à Business Insider France Olivier Andrault, journaliste pour Que Choisir, avant de nuancer : "la méthode est incomplète. Bien que très précise et documentée, l'Analyse du Cycle de Vie ne prend pas en compte les impacts des pesticides sur l'environnement ou la santé humaine. Même chose pour l'impact des antibiotiques sur l'alimentation animale".

Autre problème pointé du doigt par l'association, l'analyse choisie pour l'Éco-Score calculerait l'impact environnemental en fonction des rendements au kilo ou au litre du produit fini, ce qui donnerait un avantage significatif à l'agriculture intensive. Dans un communiqué commun, les associations ont donc officiellement demandé un report du calendrier de mise en place du nouveau score environnemental à la Ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, ainsi qu'au Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie, pour que "la méthode soit complétée et si besoin repensée".


De leur côté, les acteurs du collectif lançant l'Éco-Score rejettent ces critiques : "L'Analyse du Cycle de Vie est améliorable, notamment sur la consommation d'eau ou l'impact des pesticides. Nous en tenons compte et nous ne comparons pas des produits équivalents en fonction de leur mode de production." Par exemple, un produit issu de l'agriculture conventionnelle et un produit issu de l'agriculture biologique. Pour eux, le système de bonus et de malus mis en place dans le calcul de l'Éco-Score permet de corriger en partie les défauts potentiels de la base de données Agribalyse.

"Une initiative indépendante"

Si certaines initiatives avaient été mises en place de manière individuelle, comme la mesure de l'impact carbone sur le site de La Fourche, le collectif travaille depuis deux ans au lancement de cet Éco-Score. L'objectif d'offrir plus de transparence et d'informations aux consommateurs lors de leurs achats est en tout cas dans l'air du temps. Le principe d'un score mesurant l'impact sur l'environnement de nos aliments est notamment l'une des proposition de la Convention citoyenne qui s'est tenue en 2019.

Dans le cadre de la loi sur l'Économie circulaire, Barbara Pompilli, ministre de la Transition écologique, a également lancé un chantier de réflexion sur ce point en février 2020. Concernant l'Éco-Score, "Il s'agit d'une initiative indépendante, absolument pas validée par le ministère", ont précisé les acteurs du collectif ce jeudi 7 janvier lors de la conférence de presse de lancement de l'outil. Il espèrent ainsi "contribuer à apporter une méthodologie basée sur les données publiques" qui est donc ouverte à tous.

240 000 produits dans la base de données Open Food Facts sont déjà concernés par l'Éco-Score. Et d'autres acteurs devraient rejoindre la démarche : le groupe de restauration collective Elior notamment. Le collectif serait également en discussion avec certains industriels de l'agroalimentaire et des distributeurs, mais sans plus de précisions données.

Mais d'autres initiatives basées sur des calculs différents pourraient aussi voir le jour. De quoi perdre le consommateur, noyé sous les informations sur les étiquettes ?

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