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Avec son projet de fusion avec M6, le groupe TF1 veut former un nouveau champion français de la télévision

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Avec son projet de fusion avec M6, le groupe TF1 veut former un nouveau champion français de la télévision
M6 et TF1 ont annoncé lundi 17 mai leur projet de fusion. © Wikimedia Commons/Guilhem Vellut

D'anciens ennemis bientôt réconciliés ? M6 et TF1 ont annoncé lundi 17 mai leur projet de fusion, une opération qui ne devrait pas aboutir avant fin 2022 en raison des règles contre la concentration des médias, les deux groupes possédant dix chaînes hertziennes à eux deux aujourd'hui. M6, qui est également propriétaire de stations de radio, dont RTL, était à vendre depuis plusieurs mois par son actionnaire principal, le groupe allemand Bertelsmann via sa filiale RTL Group. Il avait reçu fin mars plusieurs offres, dont celles de Vivendi (Canal+), Xavier Niel, ou encore de l'entrepreneur tchèque Daniel Kretinsky, selon des fuites dans la presse.

C'est finalement Bouygues, maison mère de TF1, qui l'a emporté et qui devrait prendre le contrôle du futur groupe avec 30% des parts — si la fusion est autorisée. "TF1, M6, Bouygues et RTL Group annoncent aujourd'hui (lundi) qu'elles ont conclu des protocoles d'accord d'entrée en négociations exclusives pour fusionner les activités de TF1 et M6 et créer un groupe de médias français d'envergure", ont annoncé les groupes dans un communiqué. Ils disent tabler sur une finalisation de la transaction d'ici à la fin de 2022.

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Le patron emblématique de M6, Nicolas de Tavernost, deviendrait alors PDG de la nouvelle entité, ont annoncé les chaînes. L'actuel PDG de TF1, Gilles Pélisson, deviendra directeur général adjoint de Bouygues en charge des médias. "La consolidation est une impérieuse nécessité pour que le public français et l’ensemble de la filière continuent de jouer un rôle prédominant face à une concurrence internationale exacerbée qui connait une accélération fulgurante", a déclaré Nicolas de Tavernost qui était vigoureusement opposé à un démantèlement de son groupe.

Sous sa direction, M6 s'était hissée à la troisième place des chaînes françaises, toujours derrière les indéboulonnables TF1 et France 2. "Le marché audiovisuel est en croissance sur le long terme. Dans ce contexte, Bouygues se réjouit de contribuer à la création d'un grand groupe média français" capable de rivaliser avec les géants américains du secteur, dont Netflix et Amazon, a pour sa part affirmé le directeur général de Bouygues Olivier Roussat, cité dans le communiqué.

Un géant représentant 30% de part d'audience et 75% du marché publicitaire

En France, seules sept autorisations pour diffuser sur les ondes hertziennes peuvent être accordées à un même groupe de télévision. Le groupe M6 détenant déjà cinq fréquences (sa chaîne éponyme, W9, 6ter, Gulli et Paris Première), un rachat par TF1 également propriétaire de cinq canaux (TF1, TMC, LCI, TFX, TF1 Cinéma Séries) impliquerait la cession de trois chaînes.

RTL Group garderait 16% du capital et agirait de concert avec Bouygues, les deux partenaires contrôlant 46% de la future entité fusionnée. Bouygues devrait débourser 641 millions d'euros pour sceller l'opération. La fusion vise à réaliser un maximum de synergies, estimées à entre 250 et 350 millions d'euros, par exemple en permettant de ne conserver qu'une seule régie publicitaire. Les promoteurs du projet n'ont en revanche pas évoqué ses éventuelles conséquences en termes d'emplois.

Le point décisif sera le feu vert des autorités anti-trust. Le mariage de la première et de la troisième chaîne du PAF ferait en effet émerger un acteur géant de la télévision dépassant France Télévisions avec plus de 30% de part d'audience et représentant les trois quarts du marché publicitaire sur le média.

Enfin, d'un point de vue boursier, la loi empêche un actionnaire de détenir plus de 49% d'un groupe de télévision. TF1 et M6 disent aussi vouloir créer une plateforme commune de rattrapage et de streaming, et un service de VOD par abonnement (SVOD).

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