Bannie l'an dernier, la startup de sextoys Lora DiCarlo revient au CES et fait changer les règles sexistes du salon

Le sextoy 'Osé' de la startup Lora DiCarlo a eu une place d'honneur au CES 2020, après avoir été banni de l'édition 2019. Getty Images/Bridget Bennett/Bloomberg

Au Consumer Electronic Show (CES) à Las Vegas, un stand ne passe pas inaperçu. Après avoir été bannie de l'édition 2019, la startup Lora DiCarlo peut enfin présenter ses sextoys en 2020. 'Osé', c'est le petit nom donné au robot de massage qui a déclenché une polémique dans le monde de la tech il y a pile un an. Alors qu'il avait remporté le prix de l'innovation, la Consumer Technology Association (CTA) avait révoqué ce prix et interdit son exposition au CES 2019, avançant la règle selon laquelle tout produit "immoral, obscène, indécent, profane ou non conforme à l'image du CTA sera disqualifié". 

C'était sans compter la fondatrice de l'entreprise, Lora Haddock, qui a accusé publiquement la CTA de sexisme et a profité de l'attention médiatique autour de la controverse pour promouvoir plus de diversité dans la tech. Cinq moins plus tard, la CTA lui restaurait son prix. Cette année au CES, les sextoys Lora DiCarlo sont fièrement exposés, et les nouveaux robots sexuels Baci et Onda ont tous les deux reçu le prix de l'innovation. Le signe que les choses commencent enfin à bouger dans le monde de la tech ? C'est ce qu'il semblerait.

En 2019, des poupées sexuelles destinées aux hommes avaient été exposées au CES, alors que les sextoys féminins étaient, eux, bannis de l'événement. Mais après lui avoir rendu son prix en mai, la CTA a accepté de travailler avec Lora Haddock pour élaborer des politiques plus inclusives pour le CES, afin de mettre fin aux "double standards dans les domaines de la sexualité et de la santé sexuelle". 

En juillet, la CTA annonçait ainsi que les entreprises de la tech spécialisées dans le sexe seraient autorisées à exposer leurs innovations au CES 2020, dans la catégorie santé et bien-être. 

Des sextoys créés grâce à la microrobotique 

La startup était de retour au CES 2020 pour présenter deux nouveaux sex toys : Onda et Baci, pas encore disponibles sur le marché. Lora DiCarlo

La startup Lora DiCarlo insiste depuis sa création en 2017 sur les bienfaits de la masturbation pour la santé. Leurs sextoys ont été mis au point grâce à la technologie de la microrobotique afin d'imiter le toucher humain.

'Osé', qui a reçu le prix de l'innovation au CES 2019, est un sextoy qui promet des "orgasmes mixtes" (à la fois vaginaux et clitoridiens) grâce à un robot masseur de point G qui peut "imiter le mouvement de va-et-vient d'un doigt" et un stimulateur de clitoris.  

Les nouveaux produits Onda et Baci sont basés sur la même technologie. Onda ("bisou" en italien) est conçu pour se concentrer sur le point G, alors que Baci ("vague" en italien) est spécifique au clitoris. Ils ne sont pas encore disponibles sur le marché, mais on déjà été récompensés au CES cette année.

La startup Lora DiCarlo a lancé les ventes en ligne de son sextoy 'Osé' fin 2019, et affirme avoir déjà gagné 3 millions de dollars.

Dans une interview au média américain USA Today, la fondatrice Lora Haddock a déclaré vouloir "changer la façon dont les gens pensent à la 'sex tech'" (les technologies dédiées au plaisir sexuel). Elle a en tout cas déjà réussi l'exploit de faire changer les règles de la CTA. 

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