Fortnite/Epic Games

  • Gordon Smith, co-président de la banque américaine JPMorgan Chase, a déclaré qu'il n'avait aucun scrupule pour se battre pour les meilleurs talents du secteur de la haute technologie pour atteindre ses ambitions numériques de 10,8 milliards de dollars (environ 9,4 milliards d'euros).
  • Il a expliqué qu'un certain nombre de développeurs de logiciels recrutés par la banque venaient du monde du jeu vidéo.
  • Comment JPMorgan a-t-elle pu convaincre les développeurs d'abandonner Fortnite pour des services bancaires mobiles? "C'était très facile", a déclaré Gordon Smith.
  • Une partie de l'attrait est de travailler sur des projets qui touchent des dizaines de millions de personnes, a dit Gordon Smith.

Pour attirer les meilleurs employés, les banques de Wall Street rivalisent de plus en plus avec les nouvelles entreprises de la Silicon Valley et les géants de la technologie comme Google, Amazon et Facebook.

La banque JPMorgan Chase assure pour sa part qu'elle n'a eu aucune difficulté pour recruter les ingénieurs et développeurs qui réaliseront ses grandes ambitions numériques.

Lors d'une conférence organisée ce mardi 6 novembre, Gordon Smith, co-président et chef de la banque de détail de JPMorgan, a déclaré que la banque n'avait "honnêtement aucun problème à attirer ces talents. C'est formidable".

Il a souligné que la banque n'avait presque aucun développeur mobile ou numérique il y a encore quatre ans à Manhattan, mais qu'elle en compte actuellement près de 1500, qui travaillent principalement au sein du hub tech de la banque situé dans le quartier d'Hudson Yards, à New York.

Gordon Smith a même déclaré qu'un certain nombre de développeurs avec lesquels il s'est entretenu ont quitté des postes dans le développement de jeux vidéo pour rejoindre JPMorgan.

Comment la banque a-t-elle réussi à débaucher ces techniciens de postes plus "sexy" puisqu'ils développaient des jeux à succès comme Fortnite pour travailler sur des produits de banque mobile?

"C'était très facile", a raconté Gordon Smith à Erika Najarian, responsable de la recherche du secteur "actions" à la Bank of America Merrill Lynch, lors de la conférence.

Leurs bureaux à la pointe de la technologie y ont probablement contribué — en plus du quartier de Hudson Yards, la société a annoncé en septembre l'ouverture de nouveaux locaux à Palo Alto en Californie pour 1000 de ses employés — c'est aussi l'offre de possibilités de JPMorgan qui a joué, comme l'a souligné Gordon Smith. Voici ce qu'ils se sont dits:

Smith: Je parlais à certains de nos développeurs et je leur ai demandés — je fais souvent ça —'Vous venez d'où?' Et ils m'ont répondu qu'ils venaient de l'industrie du jeu vidéo, pas de l'industrie du jeu d'argent, mais de celle du jeu vidéo.

Najarian: Fortnite, en effet.

Smith: Oui. Et je leur ai demandé ce qui les avait attirés chez JP Morgan Chase. Ils m'ont répondu: "C'est tellement palpitant. Lorsqu'on travaille chez JPMorgan, on peut toucher trente, quarante, cinquante millions de clients." Et puis, vous avez un peu le droit de vous vanter lorsque vous parlez à vos amis, vous pouvez dire: 'Eh bien, j'ai travaillé sur cette expérience mobile.' Nous avons donc réussi à attirer des talents et surtout à les fidéliser.

Bank of America utilise la même technique pour recruter des talents du secteur de la haute technologie pour sa banque.

JPMorgan, qui avait déclaré cette année à Business Insider US que la société avait un budget pour la haute technologie s'élevant à 10,8 milliards de dollars et disposait de 50.000 techniciens, a comparé son travail à Amazon et a fait le pari qu'une stratégie du "Digital Everywhere" permettrait d'assurer l'avenir du secteur bancaire.

Mais les talents dont la banque a besoin pour construire cette vision coûtent cher. Gordon Smith a déclaré que la société réduisait de plus en plus son nombre de salariés dans les centres d'appels, rémunérés environ 30.000 dollars par an, préférant engager "des concepteurs numériques, des programmeurs de logiciels, des ingénieurs, des chercheurs en intelligence artificielle" rémunérés quant à eux entre 100.000 à 150.000 dollars par an, soit entre 87.000 et 130.000 euros.

Selon Gordon Smith, la première dépense est juste une manière d'assurer la maintenance d'un service client déjà existant, tandis que la seconde constitue un pari sur la future croissance des revenus, comme l'ouverture et la maintenance d'une interface de programmation, la création d'outils permettant de simplifier le processus d'amélioration des scores de crédit des clients, ou le lancement d'une plateforme gratuite de négociation d'actions et une banque en ligne pour les millennials.

"Lorsque j'investis dans des développeurs de logiciels, des ingénieurs en intelligence artificielle, etc, c'est pour qu'ils construisent l'avenir. Ils accélèrent tous la croissance de la société à moyen et à long terme", conclut Gordon Smith.

Version originale: Alex Morrell/Business Insider

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