Le président américain Barack Obama à Washington, le 14 décembre 2016. REUTERS/Yuri Gripas

Le président américain Barack Obama à Washington, le 14 décembre 2016. REUTERS/Yuri Gripas

Les tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie viennent de franchir un seuil.

Barack Obama avait annoncé des représailles. A trois semaines de la fin de son mandat, il est passé à l'action.

Le futur-ex président a ordonné l'expulsion de 35 diplomates russes et imposé des sanctions contre des responsables du renseignement russe que Washington soupçonne d'être impliqués dans le piratage informatique qui a visé le Parti démocrate pendant la campagne des élections de novembre dernier aux Etats-Unis.

La Russie réfute les accusations américaines. Vladimir Poutine a déploré que le président Barack Obama ait choisi de finir ses deux mandats à la Maison blanche de cette manière.

Pour autant, Vladimir Poutine a déclaré vendredi que la Russie n'avait pas l'intention d'expulser le moindre diplomate américain en réaction à l'annonce de sanctions américaines contre Moscou. "Nous n'allons expulser personne", dit-il dans un communiqué émis par le Kremlin.

Ce communiqué a fait suite à l'annonce par le ministère des Affaires étrangères que Moscou entendait expulser 35 diplomates américains et interdire au personnel diplomatique des Etats-Unis d'utiliser une datcha et un entrepôt de Moscou.

La Russie se réserve toutefois "le droit de prendre des mesures de rétorsion", et "restaurera les relations russo-américaines au vu de ce que sera la politique du président américain élu Donald Trump", a toutefois précisé le président russe.

Du côté américain, ces mesures concernent les responsables du renseignement de neuf entités ou individus: les services de renseignement militaires (GRU) et les services de sécurité (FSB), quatre agents du GRU et trois entreprises ayant "fourni un soutien matériel aux opérations informatiques du GRU".

Sur le plan diplomatique, la décision affectera l'ambassade de Russie à Washington et le consulat russe de San Francisco. Les 35 agents russes, d'abord présentés comme diplomates, ont 72 heures pour quitter le territoire américain.

"Ces actions font suite aux avertissements que nous avons adressés de manière répétée au gouvernement russe, en privé et en public. Elles sont une réponse nécessaire et adaptée aux actions visant à nuire aux intérêts américains en violation des normes de comportement internationales établies", a déclaré Barack Obama dans un communiqué diffusé de Hawaï, où il passe les fêtes de fin d'année en famille.

Le FBI, la CIA et la direction du renseignement national américain ont conclu au piratage de serveurs du Comité national démocrate pendant la campagne présidentielle. Les agences conviennent que les attaques visaient à favoriser Donald Trump face à Hillary Clinton. Le Kremlin a démenti toute implication.

Le président américain a estimé que les Etats-Unis et leurs alliés devaient travailler ensemble pour s'opposer aux efforts de la Russie pour interférer dans les processus démocratiques.

L'Allemagne s'est notamment inquiétée des risques de piratage russe avant les législatives de septembre 2017.

Donald Trump. REUTERS/Shannon Stapleton

Donald Trump. REUTERS/Shannon Stapleton

Le président élu américain Donald Trump a salué vendredi la décision de Vladimir Poutine.

"Joli coup sur le report (de V. Poutine) - J'ai toujours su qu'il était très intelligent", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Il est encore difficile de savoir si Donald Trump, qui a plusieurs fois fait l'éloge de Vladimir Poutine et désigné des personnalités jugées proches de Moscou pour composer sa future administration, cherchera à revenir sur ces mesures.

Trump a balayé les accusations qui ont conclu que la Russie était à l'origine de cyberattaques, mais jeudi, il a déclaré qu'il allait rencontrer prochainement les responsables de la communauté du renseignement. 

Un rapport du gouvernement sur les cyberactivités russes sera transmis dans les prochains jours au Congrès.

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