Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Bermudes, Aruba, Géorgie... Des employés partis télétravailler à l'étranger partagent leur expérience

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Bermudes, Aruba, Géorgie... Des employés partis télétravailler à l'étranger partagent leur expérience
La Barbade et les Bermudes ont été deux des premiers pays à offrir des possibilités de travail à distance. © Rachel Hosie/Insider

Le travail à distance existait bien avant que l'OMS ne qualifie le Covid-19 de pandémie, mais 2020 en a fait un élément "normal" de la vie. En conséquence, les travailleurs ne sont plus liés à des lieux spécifiques, et beaucoup en profitent pour mener des styles de vie qui n'étaient pas envisageables avant la pandémie.

Pour certains, cela signifie s'éloigner des centres urbains et s'installer dans des villes plus calmes ou plus abordables. D'autres ont opté pour l'aventure et se sont rendus dans des pays et des territoires qui n'avaient pas fermé leurs frontières ou qui n'avaient pas prévu d'exemptions spéciales pour les travailleurs étrangers à distance, les freelances indépendants et les entrepreneurs.

À lire aussi — Ces destinations étrangères où pourront voyager les touristes français vaccinés cet été

À mesure que les pays cherchent à relancer leur économie, ils sont de plus en plus nombreux à proposer des visas de travail à distance pour stimuler les activités économiques.

Ces programmes varient en termes de coût et d'éligibilité. Certains, comme celui de l'Islande, s'adressent aux professionnels à haut revenu, avec un revenu mensuel minimum de 1 million de couronnes islandaises, soit un peu moins de 7 000 euros par mois et un peu plus de 80 000 euros par an.

D'autres, comme celui des Bermudes, n'ont pas fixé de seuil de revenu. Le certificat "Work From Bermuda" exige seulement que les candidats "disposent de moyens substantiels et/ou d'une source de revenus continue" et est ouvert aux étudiants, aux travailleurs à distance et aux indépendants.

Les travailleurs qui ont suivi cette voie ont partagé leurs expériences avec Insider, depuis le choix de leur destination jusqu'au processus d'obtention de leur visa et de leur permis, en passant par leurs projets pour l'avenir immédiat.

Un soulagement de travailler à distance

Abbie Sheppard.  Abbie Sheppard

Abbie Sheppard, 26 ans, se trouvait dans la résidence de ses parents à Londres lorsque le Royaume-Uni s'est confiné.

Le travail à distance ne lui est pas étranger, puisqu'elle l'a pratiqué avant la pandémie en tant que chef de cabinet du directeur de l'exploitation du site américain de partage de vidéos Cameo. Bien qu'elle ait commencé à travailler au siège de l'entreprise à Chicago, les restrictions de visa l'ont obligée à retourner au Royaume-Uni, et elle travaille à distance depuis septembre 2018.

Mais comme beaucoup d'autres, elle n'était pas habituée à devoir se confiner au même endroit.

Abbie Sheppard se rendait régulièrement à Los Angeles et à Chicago dans le cadre de son travail. Pendant les premiers jours de la pandémie, les salariés de son entreprise travaillent entièrement à distance.

"C'est probablement la période la plus longue que j'ai passée sans bouger au Royaume-Uni", se souvient-elle. Elle a ressenti le besoin d'échapper au morne hiver londonien et a commencé à chercher des destinations qui accueillaient des citoyens britanniques en juillet, raconte-t-elle.

Elle s'est finalement décidée pour les Bermudes ou la Barbade, qui ont été parmi les premiers pays à annoncer des programmes de télétravail. Abbie Sheppard a fini par choisir les Bermudes, en partie parce que des amis de sa famille y avaient récemment déménagé. "Le plan était totalement de ne pas déménager", précise-t-elle. "J'avais juste besoin de sortir du Royaume-Uni pendant quelques semaines."

Vers la fin de la deuxième semaine, Abbie Sheppard a décidé de demander le certificat de résidence d'un an "Work From Bermuda", qu'elle a reçu cinq jours plus tard. Elle est aux Bermudes depuis lors.

Une opportunité pour une meilleure qualité de vie

Abbie Sheppard a déclaré que le fait de travailler sur l'île lui avait permis d'avoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. "Avant, je détestais travailler à distance", se souvient-elle. "Je suis tellement extravertie, et j'aime être tout le temps entourée de gens. Maintenant que tout le monde est à distance, c'est bien mieux."

Le beau temps et le faible nombre de cas de Covid-19 aident également. Reuters rapportait lundi que le nombre total de cas aux Bermudes était de 1 400 (la population des Bermudes est un peu moins de 70 000).

"Vous avez envie de sortir parce qu'il fait beau", relate Abbie Sheppard. À Londres, dit-elle, il y a une pénurie de possibilités de loisirs en dehors des restaurants, des bars et des pubs.

"Il fait froid en hiver. On ne fait pas vraiment de choses à l'extérieur", dit-elle. En revanche, aux Bermudes, les possibilités de pratiquer des sports nautiques sont nombreuses.

Depuis qu'elle est sur l'île, elle nage, fait du vélo et court régulièrement. Au début de son séjour, elle a essayé de faire du stand-up paddle, mais "elle n'était pas très douée", rit-elle. Elle est également en train d'obtenir sa certification de plongée sous-marine auprès de la Professional Association of Diving Instructors.

Dans l'ensemble, Abbie Sheppard raconte que le coût de la vie aux Bermudes est comparable à celui de Londres, mais que les produits d'épicerie sont un peu plus chers.

Le sentiment d'une meilleure qualité de vie a également séduit Amy Franzen, 35 ans, qui travaille pour une société de biotechnologie de Chicago, et son mari, Willy Franzen, 36 ans, un entrepreneur numérique.

La famille Franzen.  La famille Franzen

Les Franzen sont à Aruba avec leur fils de 2 ans, profitant du programme de "workation" d'Aruba — qui permet aux citoyens américains de travailler à distance pendant 90 jours maximum.

Travailler de chez soi à Chicago pendant ses "hivers très froids et sombres nous a confinés dans notre petit appartement", raconte Amy Franzen. "Travailler depuis Aruba nous a donné l'occasion de passer beaucoup plus de temps à l'extérieur, même en travaillant".

Les Franzen se rendent régulièrement à Aruba pendant les vacances, et lorsqu'ils ont visité l'île en 2020, ils ont décidé de prolonger leur séjour. Lorsqu'ils ne travaillent pas à distance, ils explorent de nombreuses plages de sable d'Aruba. Ils ont également visité le parc national d'Arikok, qui comprend une piscine naturelle, ainsi que des grottes et des formations terrestres faites de lave, de diorite de quartz et de calcaire. (Le parc représente 18% d'Aruba).

Au début du mois de décembre, Aruba n'avait connu que 4 902 cas de Covid-19, mais le nombre a augmenté depuis.

Le processus de candidature

Les Franzen et Abbie Sheppard ont tous deux déclaré que les procédures de candidature pour le télétravail étaient simples. Mais ce n'est pas le cas dans tous les pays ou territoires. Pour Aruba, il suffit d'un passeport américain et d'une preuve d'emploi dans une entreprise américaine ou de travail indépendant.

Aux Bermudes, il existe une procédure de demande en ligne, qu'Abbie Sheppard a décrite comme "transparente" et "la demande de visa la plus facile" qu'elle ait jamais faite. Elle n'a eu à fournir que des justificatifs de revenus, d'emploi et d'assurance maladie, qui n'a pas besoin d'être locale.

"Il faut présenter une pièce d'identité avec photo et répondre à un certain nombre de questions, notamment sur l'endroit où l'on va séjourner", explique Abbie Sheppard. "J'ai reçu le truc cinq ou six jours plus tard. Ils doivent vous envoyer par e-mail une confirmation que vous devez montrer lorsque vous arrivez sur place."

Les inconvénients de voyager pendant la pandémie

Bien sûr, voyager pendant une pandémie comporte son lot de risques.

Stefania Guglielmi, une blogueuse voyage et professeure d'anglais de 31 ans, a profité du programme Remotely from Georgia, qui permet aux ressortissants étrangers disposant d'un revenu minimum de 2 000 dollars (1 680,75 euros) par mois de séjourner dans le pays pendant 360 jours sans visa. Contrairement aux Franzen et à Abbie Sheppard, Stefania Guglielmi voyage à plein temps depuis plusieurs années.

Lorsque le Covid-19 a frappé, elle et son ami argentin cherchaient un endroit où ils pourraient "survivre au Covid à long terme" ensemble, raconte-t-elle.

"Quand nous avons décidé d'aller en Géorgie, il n'y avait pas beaucoup de pays ouverts", relate-t-elle. Comme les Bermudes, la Géorgie exige un processus de candidature pour participer au programme, mais ce processus a été court et simple, selon Stefania Guglielmi.

Lorsque Stefania Guglielmi est entrée en Géorgie en octobre, il semblait que le Covid-19 était sous contrôle, le nombre de cas étant relativement faible par rapport à d'autres pays. Mais peu de temps après qu'elle et son ami ont terminé leur quarantaine obligatoire de neuf jours, "la situation s'est dégradée", regrette-t-elle.

En novembre, le gouvernement a instauré des mesures de couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin et a ordonné la fermeture des magasins et des restaurants. Depuis lors, les chiffres ont diminué et le gouvernement lève certaines restrictions, selon Democracy & Freedom Watch. Mais Stefania Guglielmi a déclaré que depuis son arrivée en Géorgie, elle n'avait pas pu découvrir le pays et avait été contrainte de rester dans son appartement.

La suite des événements

Cela n'a pas découragé Stefania Guglielmi de poursuivre son style de vie de nomade numérique. Elle espère qu'en 2021, elle voyagera davantage.

Lorsque ses 12 mois en Géorgie seront terminés, elle prévoit de se rendre au Costa Rica, à la Barbade ou en Uruguay, "en fonction de la situation du Covid",dit-elle.

Elle a déclaré que le fait d'entrer dans un bureau lui manquait et a reconnu qu'elle travaillerait dans un bureau physique si elle pouvait. Mais elle pense que voyager est une meilleure option pour le moment : "Je travaille pour une startup qui est à distance. Je ne suis ni en couple ni mariée. Pour moi, c'est le moment de le faire".

Abbie Sheppard, Stefania Guglielmi et les Franzen ont souligné l'importance de la préparation, mais les Franzen ont également conseillé aux gens d'essayer d'être flexibles dans leurs plans.

Il faut aussi être réaliste sur ce à quoi on peut s'attendre. Stefania Guglielmi a déclaré que le coût de la vie moins élevé en Géorgie permettait aux gens d'avoir une qualité de vie élevée pour beaucoup moins que ce qu'ils auraient à payer en Europe occidentale ou aux États-Unis. Stefania Guglielmi paie 600 dollars (504 euros) par mois pour un appartement de deux chambres à coucher, qui est équipé de meubles "de haute qualité".

"On peut facilement manger au restaurant avec 2 dollars (1,68 euros), voire moins si l'on veut manger de la nourriture géorgienne", dit-elle.

Version originale : Anisa Purbasari/Insider

À lire aussi — Les 10 destinations à visiter une fois dans sa vie selon les utilisateurs d'Instagram

Découvrir plus d'articles sur :