Les soldes d'été ont été décevantes pour 55% des commerçants parisiens — et l'excuse cette année c'est le football

L'équipe de France de football célébrant sa victoire après la Coupe du monde, le 16 juin 2018 sur les Champs-Elysées, à Paris. Reuters/Eric Feferberg

Les soldes d'été ont officiellement pris fin mardi soir, laissant majoritairement insatisfaits les commerçants ayant des boutiques physiques. 

Seuls 45% se déclarent plutôt satisfaits ou très satisfaits du chiffre d'affaires réalisé pendant cette période de soldes, comme le constate une enquête menée fin juillet auprès de 300 commerçants parisiens par le CROCIS (Centre Régional d'Observation du Commerce, de l'Industrie et des Services) de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris-Ile de France.

Par ailleurs, 50% des sondés estiment que leur chiffre d'affaires est inférieur à celui des soldes d'été de 2017, tandis que 28% le jugent égal et 22% supérieur. 

Le manque d'attractivité des soldes est d'ailleurs de plus en plus intégré. 59% des commerçants pensent en effet que les soldes ne représentent plus un événement incontournable pour les clients, c'est 8% de plus que l'été dernier. 

Les commerçants mettent en avant la baisse de fréquentation dans les boutiques qui se poursuit depuis plusieurs années (24%), l'érosion de "l'effet soldes" lié à la multiplication des ventes privées et autres promotions en tout genre tout au long de l'année (21%) et l'explosion du e-commerce qui permet aux clients de faire du shopping dans avoir à se déplacer, notamment lorsque les températures sont caniculaires. Ainsi, ils sont désormais 8 commerçants sur 10 à juger qu'internet représente une réelle concurrence pour leur activité pendant les soldes, ils n'étaient que 6 sur 10 à le penser en 2015.

Le foot plus attrayant

Pour le cru 2018, un autre facteur est pointé du doigt comme cause de désaffection des magasins. Il s'agit du football. 13% des commerçants estiment que la Coupe du monde de football a eu un impact négatif pour leur activité et que les Français ont préféré regarder les matches chez eux ou au café plutôt que d'aller faire du shopping.

Le 30 juin —premier samedi des soldes qui est traditionnellement une grosse journée de chiffre d'affaires— a ainsi été plombé par le 8e de finale opposant la France à l'Argentine (où la France s'est imposée 4-3).

Enfin, la longueur de la période — du 27 juin au 7 août cette année pour la plupart des départements — est aussi mise en cause. "Six semaines c'est trop long, on n'a pas assez de stocks pour tenir [...], au bout de trois semaines on n'a presque plus de marchandises", indique une commerçante, interrogée dans le cadre de l'étude.

Bercy a d'ailleurs entendu le message. L'article 8 de la future loi Pacte qui sera présenté à l'Assemblée à l'automne, prévoit de réduire les périodes de soldes à quatre semaines, ce à quoi 86% des commerçants se disent favorables.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : La Coupe du monde a commencé — ces photos prises à travers le monde montrent pourquoi le football est le sport le plus aimé de la planète

Voici pourquoi les gens se trompent sur les requins