Bill Gates

Bill Gates. REUTERS/Eric Vidal

D'ici 2020, environ cinq millions d'emplois humains vont être remplacés par des robots dans 15 pays développés ou émergents, dont la France, d'après les prédictions du Forum économique mondial

Bill Gates, cofondateur de Microsoft, estime que le travail de ces robots devrait être taxé tout comme le travail des humains. Dans une interview récemment accordée au site Quartz, il explique:

"Aujourd'hui, quand un humain effectue un travail équivalent à 50.000 dollars dans une usine, ce revenu est taxé et vous avez un impôt sur le revenu, des charges sociales... Si un robot accomplissait ces mêmes tâches, vous penseriez qu'il faudrait le taxer de la même manière."

En France, Benoît Hamon souhaite lui aussi taxer les robots. Dans un tweet posté ce weekend, le candidat socialiste à la présidentielle s'est dit "ravi" de voir que le philanthrope américain partageait l'idée que lorsqu'une machine remplace un humain au travail, la richesse créée par cette machine au profit de l'entreprise doit être taxée.

Mais en vérité, la proposition de "taxe robot" imaginée par Benoît Hamon diffère sensiblement à celle de Bill Gates. 

Dans son interview avec Quartz, Bill Gates explique qu'une taxe sur les robots permettrait de soutenir le financement d'emplois dans le social:

"Prenons cette opportunité pour mieux assister les personnes âgées, avoir des classes plus petites à l'école, aider les enfants avec des difficultés d'apprentissage. Toutes ces choses où l'empathie humaine et la compréhension sont encore très uniques. Et nous sommes toujours confrontés à une grande pénurie de personnel dans ces domaines."

Les personnes ayant perdu leur poste à cause des robots pourraient se reconvertir dans ces emplois dans le social, après avoir suivi une formation adaptée, financée en partie par une taxe robot, précise le cofondateur de Microsoft.

Selon lui, ce système devrait être supervisé par les gouvernements et non pas les entreprises directement, même si la majorité des entreprises qui sont en train d'adopter l'intelligence artificielle ont promis de garder et de former à nouveau leurs employés.

La proposition de Benoît Hamon n'est pas exactement la même: le candidat à la présidentielle 2017 veut instaurer une taxe sur la richesse créée par les robots, en "appliquant les cotisations sociales sur l'ensemble de la valeur ajouté et non plus seulement sur le travail".

Cette taxe aurait pour objectif le financement de la protection sociale et notamment des mesures comme le revenu universel d'existence, une solution à laquelle Bill Gates s'est dit opposé, rapporte un article de Business Insider US.

Selon Bill Gates, donner une certaine somme d'argent aux gens en situation de précarité n'est pas un investissement à long terme, qui permettrait d'augmenter leurs revenus au fil du temps.

Selon le Forum économique mondiale, les premiers postes affectés par le phénomène d'automatisation seront dans les services de télémarketing, de préparation des impôts et dans de nombreux services de détail.

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