Black Friday : des associations manifestent devant le siège français d'Amazon pour dénoncer la surconsommation

Jeff Bezos, fondateur d'Amazon. Steve Jurvetson/Flickr

Les actions contre le Black Friday se poursuivent et Amazon est au coeur des tensions. Ce vendredi 29 novembre, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées dans la matinée, devant le siège français du géant du e-commerce à Clichy (Hauts-de-Seine), en banlieue parisienne, pour dénoncer la surconsommation et ses conséquences écologiques, ont constaté des journalistes de l'AFP. Réunis notamment à l'appel des associations Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne) et Greenpeace, pour cette action présentée comme "non violente et joyeuse", les manifestants ont déroulé des banderoles hostiles à l'entreprise dirigée par Jeff Bezos. Ils se sont ensuite assit devant le siège de l'entreprise aux cris de : "On dit stop au Black Friday et son impunité !".

"Aujourd'hui Amazon a les émissions de gaz à effet de serre d'un Etat", a dénoncé sur place Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France. "On a besoin plus que jamais d'actions de désobéissance civile car Amazon est un symbole d'impunité", notamment fiscale, a estimé l'eurodéputée LFI Manon Aubry, présente à ses côtés de même que la députée LFI Clémentine Autain. Le "Black Friday", journée de promotions venue des États-Unis, où elle succède à la grande fête de Thanksgiving, cristallise l'opposition d'une frange de plus en plus nombreuse des activistes pour le climat, qui pointent les dérèglements climatiques, mais aussi sociaux, induits par l'ultra-libéralisme et l'ubérisation de la société.

En réponse au 'Black Friday', le 'Green Friday' s'organise

Plusieurs mouvements ont appelé à des actions à travers la France. Les manifestants se sont notamment donnés rendez-vous ce matin à Rennes et Bayonne devant les Galeries Lafayette ou encore à Lyon devant un entrepôt d'Amazon situé à Saint-Priest. 

Ils mettent notamment en avant la pollution engendrée par les millions de livraisons d'articles dont beaucoup seront retournés, ainsi que les produits électroniques ou de "fast fashion" importés et fabriqués dans de mauvaises conditions sociales.Youth for Climate, Extinction Rebellion ou encore Attac ont notamment appelé à des marches ou blocages de protestation, ainsi qu'à des actions de "désobéissance civile" pour faire de ce moment un "Block Friday". Certaines entreprises affichant leur préoccupation environnementale ont elles renoncé à y participer, rejoignant un "Green Friday" d'actions "éco-responsables" promu entre autres par l'association Emmaus.
À lire aussi — Naturalia, Camif.fr, Made.com... Ces marques qui détournent le Black Friday pour alerter sur la surconsommation

Jeudi déjà, plusieurs dizaines de militants de mouvements écologistes avaient brièvement bloqué un centre de distribution d'Amazon de la région parisienne pour dénoncer les atteintes à l'environnement liées à la surconsommation. Entre 50 et 100 militants des groupes ANV-COP21 et Amis de la Terre ont installé des bottes de paille et formé des barrages humains devant le centre du géant américain à Brétigny-sur-Orge (Essonne). Ils avaient été délogés après environ deux heures d'action par les forces de l'ordre, qui n'ont pas fait usage de gaz lacrymogène. Huit personnes ont été interpellées pour "entrave à la circulation", ont indiqués des sources policières à l'AFP.

Amazon ne cède pas et les politiques s'en mêlent 

"Nous respectons le droit de chacun d'exprimer ses opinions, mais sommes en profond désaccord avec le mode opératoire (...), qui diffuse de fausses allégations au service d’un agenda politique", a réagi jeudi Amazon France dans un communiqué. Sans évoquer le "Black Friday", le géant du commerce en ligne assure avoir notamment pris des "engagements ambitieux" visant à en faire "une entreprise zéro carbone d'ici 2040".

La polémique s'est d'ors et déjà étendu au terrain politique. En début de semaine, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne a dénoncé "la frénésie de consommation" et la pollution que génère le "Black Friday". Le Conseil du commerce de France, qui réunit 31 fédérations de commerçants, a quant à lui déploré ces critiques. Et Eric Woerth (LR), le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a dénoncé une "polémique inutile".

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Mounir Mahjoubi assure qu'Amazon a détruit '7 900 emplois' en 2018

VIDEO: On a visité le nouveau magasin sans caisse et bourré de technologies conçu par Casino