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Blue Origin, l'entreprise spatiale de Jeff Bezos, accusée d'être un endroit sexiste et toxique

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Blue Origin, l'entreprise spatiale de Jeff Bezos, accusée d'être un endroit sexiste et toxique
Un groupe d'actuels et anciens employés témoignent de plus actes indécents envers les femmes salariées. © Blue Origin
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Blue Origin investit dans le progrès scientifique mais serait encore en retard sur le plan humain. C'est ce que dénoncent 21 actuels et anciens employés de l'entreprise spatiale de Jeff Bezos dans une tribune publiée ce jeudi 30 septembre sur Lioness, une plateforme pour les lanceurs d'alerte. Le groupe de salariés affirme que la société "ferme les yeux sur le sexisme, n'est pas suffisamment à l'écoute des problèmes de sécurité et réduit au silence ceux qui cherchent à corriger ces problèmes".

Le récit comporte de multiples témoignages de comportements méprisants de la part de certains responsables techniques. "Un cadre supérieur faisant partie du cercle restreint fidèle du PDG Bob Smith a été signalé plusieurs fois aux ressources humaines pour harcèlement sexuel. Malgré cela, Bob Smith l'a personnellement nommé membre du comité d'embauche pour un poste de direction des RH en 2019", peut-on lire dans le texte.

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Les employés racontent aussi qu'un ancien dirigeant "traitait fréquemment les femmes de manière condescendante et dégradante, les appelant 'bébé', 'ma poupée' ou 'ma chérie'. Son comportement inapproprié était si célèbre que certaines femmes de l'entreprise ont commencé à avertir les nouvelles recrues de ne pas s'approcher de lui, alors même qu'il était chargé du recrutement des employés. Beaucoup d'entre nous ont eu l'impression qu'il était protégé par sa relation personnelle étroite avec Jeff Bezos - il a fallu qu'il tripote physiquement une subordonnée pour qu'il soit finalement renvoyé."

Une course entre milliardaires, au détriment de la sécurité

Les employés accusent le PDG de l'entreprise, Bob Smith, d'avoir étouffé les contestations en décourageant le personnel de poser des questions lors des réunions internes ou encore en forçant des employés à quitter l'entreprise pour s'être exprimés sur des problèmes de sécurité liés à la fusée de tourisme New Shepard de Blue Origin.

L'autre grand souci serait que Blue Origin négligerait parfois les questions de sécurité pour privilégier la vitesse dans un contexte de concurrence acharnée avec d'autres entreprises soutenues par des fortunes comme SpaceX d'Elon Musk ou Virgin Galactic de Richard Branson. "La rivalité avec d'autres milliardaires semblait prendre le pas sur des problèmes de sécurité qui auraient ralenti le calendrier", ont déclaré les salariés.

Alexandra Abrams, ancienne responsable de la communication, qui a co-rédigé le texte avec les employés de Blue Origin, s'est exprimée publiquement sur la chaine de TV CBS News ce jeudi. Un porte-parole de Blue Origine a indiqué dans le média américain The Verge qu'Alexandra Abrams a été licencié "après des avertissements répétés pour des problèmes liés aux réglementations fédérales sur le contrôle des exportations". Une affirmation qu'Alexandra Abrams a démentie auprès de CBS News.

Le porte-parole de Blue Origin a ajouté que : "Blue Origin n'a aucune tolérance pour la discrimination ou le harcèlement de toute sorte. Nous fournissons de nombreux moyens aux employés, y compris une ligne d'assistance anonyme ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et nous enquêterons rapidement sur toute nouvelle allégation de mauvaise conduite".

Jeff Bezos a quitté en juillet son poste de directeur général d'Amazon pour consacrer plus de temps à la conquête spatial. Le milliardaire devra surement régler quelques problèmes sur Terre avant de continuer le développement de son entreprise dans l'espace.

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