BNP Paribas, Société Générale... Les banques françaises ont multiplié les suppressions de postes depuis le début de l'année

Agence de la Société Générale à Paris. Wikimédia Commons/Mohamed Yahya

Au niveau européen, comme à l'échelle de la France, les banques ont multiplié les suppressions de postes depuis le début de l'année. Au total, 44 000 suppressions de postes ont été annoncées par une dizaine de banques européennes depuis le 1er janvier 2019, selon l'AFP.  Et les banques françaises ne sont pas épargnées par les coupes budgétaires. BNP Paribas a prévu de supprimer entre 446 et 546 postes en France au sein de sa filiale BNP Paribas Securities Services (BP2S). Cela représente une baisse de 20% des effectifs de cette entité, qui s'adresse aux investisseurs institutionnels comme les gérants de fonds, les assureurs ou les entreprises. En outre, BNP Paribas AM, la branche d'activités du groupe spécialisée dans la gestion d'actifs, s'apprête à supprimer une centaine de postes, l'équivalent de 10% de ses effectifs, selon L'Agefi

La banque diminue aussi ses coûts à l'étranger. Sa filiale belge, BNP Paribas Fortis, a confirmé en mars réduire de 40% son nombre d'agences et supprimer environ 2 200 emplois d'ici trois ans. Et BNP a lancé cet été en Italie un plan de départs anticipés à la retraite, prévoyant 1 500 suppression de postes à horizon 2021.

REUTERS/Gonzalo Fuentes

L'établissement financier a par ailleurs annoncé ce lundi avoir signé un accord pour reprendre les activités Prime Finance et d'Electronic Equities de Deutsche Bank. Le transfert de ces activités de courtage privilégiée de la banque allemande pourrait concerner jusqu'à 1 000 personnes, a précisé une porte-parole de BNP Paribas à Reuters. A condition que le groupe français conserve l'intégralité des emplois en question. 

Société Générale réduit encore plus la voilure

La Société Générale a prévu de couper encore plus dans ses effectifs. Pour faire face à la baisse de fréquentation des agences et à l'essor du numérique, elle avait annoncé dès 2015 une refonte de son réseau. Entre 2016 et 2020, la banque, qui compte plus de 147 000 collaborateurs, a programmé la suppression de 3 450 postes, rappelle l'AFP. En avril dernier, l'établissement a annoncé encore 1 600 suppressions dans le monde, dont environ 750 en France, principalement au sein de sa banque de financement et d'investissement (BFI).

Et 530 nouvelles suppressions de postes d'ici 2023 ont été présentées vendredi 20 septembre aux syndicats, dans le réseau de la banque de détail, dont 360 concerneraient les fonctions dites de back-office. 

HSBC pourrait céder sa banque de détail en France

Enfin, HSBC "prépare la mise en vente en bloc de sa banque de détail en France", a lâché le 12 septembre le Wall Street Journal. La banque britannique, qui a subi une perte de 17 millions d'euros sur le marché français l'an dernier, a entamé une revue stratégique de ses activités qui pourraient déboucher sur des économies opérationnelles. Elle compte 300 agences dans l'Hexagone, dont 250 dédiées aux particuliers employant environ 3 000 salariés. 

HSBC doit faire face aux incertitudes liées au Brexit et subit les fortes tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, alors que l'établissement est très actif au niveau mondial et notamment en Asie. D'une manière générale, outre les incertitudes macroéconomiques et la volatilité des marchés, l'ensemble du secteur bancaire européen souffre des taux historiquement bas qui pèsent sur les marges. 

Les banques allemandes souffrent particulièrement en Europe

Les établissement bancaires allemands ont notamment mis en place de vastes plans de restructuration. Commerzbank a annoncé la suppression de 4 300 emplois et de 200 agences dans le monde, vendredi dernier. La deuxième banque allemande avait déjà annoncé en 2016 un plan de réduction de 9 600 postes d'ici 2020, aujourd'hui achevé. Deutsche Bank, qui a fait l'objet de nombreuses rumeurs de fusion depuis la crise financière de 2008, a quant à elle décidé en juillet de supprimer pas moins de 18 000 emplois d'ici 2022, après avoir déjà supprimé 6 000 postes l'an passé.

Les banques anglaises est espagnoles sont aussi concernées. Santander, première banque de la zone euro par sa capitalisation boursière, a engagé une réduction de son réseau au Royaume-Uni, entraînant la suppression de 1 270 emplois. Le groupe va également supprimer 10% de ses effectifs en Espagne, soit 3 200 emplois.

CaixaBank, troisième banque d'Espagne, a pour sa part négocié un plan de départs volontaires avec les syndicats prévoyant plus de 2 000 suppressions de postes d'ici à la fin 2020. Et l'établissement britannique Barclays a annoncé début août vouloir accroître la réduction de ses coûts après avoir supprimé 3 000 postes au deuxième trimestre de l'année.

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