Boeing s'apprête à effectuer un vol crucial pour la sécurité des astronautes de sa future navette spatiale

La navette CST-100 STARLINER de Boeing. Boeing

Boeing se prépare à effectuer un vol test crucial, ce vendredi 20 décembre 2019, avec sa nouvelle navette CST-100 Starliner, censée pouvoir amener des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). Le constructeur aéronautique et aérospatial américain, empêtré dans une crise avec ses 737 Max immobilisés au sol depuis le crash mortel de l'un d'eux en Éthiopie en mars dernier, va lancer son Starliner en orbite lors d'une mission de démonstration qu'elle a baptisée "vol test en orbite" ("Orbital Flight Test"). La navette et sa fusée ont été déployées sur la plateforme de lancement et sont "prêtes pour le vol inaugural", a déclaré la NASA ce mercredi 18 décembre 2019 dans un post de blog.

Ce vol s'effectuera sans humain, mais avec un mannequin en combinaison spatiale appelé Rosie et 279 kg de fournitures et autres équipements. L'objectif est de montrer que le vaisseau est 100% sécurisé pour faire voler des astronautes de la NASA à destination de l'ISS dans un avenir proche — si tout se déroule comme prévu, deux astronautes hommes et une astronaute femme voleront à bord de la Starliner à la mi-2020. La navette, réutilisable et qui comporte sept places à bord, sera lancée ce vendredi 20 décembre à bord d'une fusée Atlas V construite par United Launch Alliance (ULA) depuis le site de Cape Canaveral, en Floride. Le décollage aura lieu à 6h36, heure locale, soit 12h36, heure française. 

Un peu plus de 24 heures plus tard, la Starliner devrait s'amarrer à l'ISS et elle retournera sur Terre — plus précisément à la base militaire de White Sands au Nouveau-Mexique — le 27 décembre 2019 à l'aide de parachutes pour ralentir sa descente. Dans son communiqué, la NASA précise qu'il s'agit "de la prochaine étape vers la mission test habitée qui mènera les astronautes de la NASA Nicole Mann et Mike Fincke et Chris Ferguson de Boeing à bord de l'ISS, où ils resteront pour une mission prolongée. La NASA validera la performance des systèmes de Boeing avant d'embarquer l'équipage à bord du vaisseau spatial."

Illustration de la Starliner de Boeing en train de s'amarrer à l'ISS. Boeing

La NASA ne veut plus être dépendant des Soyouz russes

Boeing n'est pas la seule entreprise à avoir conçu un vaisseau pour transporter les astronautes vers et depuis l'ISS pour la NASA. SpaceX pourrait effectuer son premier vol habité avec sa capsule Crew Dragon dès début 2020, peut-être même au premier trimestre, a indiqué l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine en octobre dernier. Boeing vise quant à elle la mi-2020 pour son premier vol habité avec la Starliner.

Depuis près de neuf ans et la fin de son programme de navettes spatiales, l'agence spatiale américaine n'a plus de véhicule propre pour transporter les astronautes en direction et en provenance de l'ISS. Elle dépend ainsi entièrement de la Russie pour envoyer ses astronautes vers l'ISS, à raison de 85 millions de dollars la place. Mais la capsule russe, Soyouz, a rencontré des problèmes techniques en octobre 2018, avec notamment un lancement raté où deux astronautes ont dû atterrir en urgence

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C'est pour mettre fin à cette dépendance que la NASA a choisi deux entreprises américaines — SpaceX et Boeing — pour construire les futurs vaisseaux qui assureront la liaison entre la Terre et l'ISS. Le développement de ces vaisseaux réutilisables n'a pas été un long fleuve tranquille pour les deux sociétés, qui ont rencontré quelques obstacles et des retards importants par rapport au calendrier initial. Quelques mois après la mission non-habité Demo-1 de SpaceX, pendant laquelle la Crew Dragon a réussi à s'amarrer à l'ISS, cette même capsule a explosé lors d'un essai au sol destiné à tester les deux systèmes de propulsion de la capsule. De son côté, Boeing a rencontré des soucis notamment avec ses systèmes de parachutes.

Mais au cas où ces vaisseaux ne seraient pas prêts à temps, la NASA pourrait envisager l'achat de sièges à bord de Soyouz, au prix d'environ 100 millions de dollars par vol aller-retour, rapporte Business Insider US. Joel Montalbano, directeur adjoint chargé du programme de l'ISS à la NASA, a déclaré que le dernier siège Soyouz est réservé pour avril 2020 environ. Il a précisé à Business Insider US que la NASA envisageait d'acheter deux autres sièges Soyouz pour ses astronautes : un pour une mission lancée à l'automne de la même année et un autre pour une mission au printemps 2021.

Vous pouvez suivre le lancement en direct sur la chaîne TV de la NASA.

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