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Boeing voit ses bénéfices divisés par deux au 3e trimestre mais parie sur un retour rapide du 737 Max

Boeing voit ses bénéfices divisés par deux au 3e trimestre mais parie sur un retour rapide du 737 Max
© SouderBruce/Wikimedia Commons

Boeing, dont le 737 Max est toujours cloué au sol depuis mi-mars, a tenté de rassurer les marchés ce mercredi, alors que son bénéfice a été divisé par deux au troisième trimestre. "L'entreprise anticipe un feu vert règlementaire pour un retour en service du 737 Max au début du quatrième trimestre 2019", a déclaré le constructeur aéronautique, dans un communiqué, même s'il a prévenu que le calendrier sera déterminé par les régulateurs. Pour conforter cet optimisme, Boeing n'a pas abaissé, comme s'y attendaient les experts, la production du 737 Max, actuellement à 42 unités par mois, même si le groupe a repoussé à fin 2020, au lieu de 2020, l'augmentation à 57 exemplaires mensuels.

Boeing n'a néanmoins pas annoncé mercredi de nouvelles charges financières pour couvrir l'immobilisation au sol de l'avion. Le groupe doit pourtant indemniser les compagnies aériennes et fait face aussi aux plaintes des familles des victimes et aux enquêtes des autorités américaines. La crise a continué de rogner les bénéfices, qui ont été divisés par deux au troisième trimestre, à 1,17 milliard de dollars. Plombé par une chute de 67% des livraisons d'avions commerciaux, le chiffre d'affaires a plongé de 20,5% à 19,98 milliards de dollars. La trésorerie est passée dans le rouge, affichant un déficit de 2,89 milliards de dollars, tandis que les coûts liés au 737 Max ont augmenté de 900 millions de dollars durant le trimestre. La facture totale s'élève désormais à 9,3 milliards de dollars.

La crise pourrait d'ailleurs prendre un nouveau tournant, avec l'audition cruciale, le 30 octobre, devant le Congrès américain du directeur général Dennis Muilenburg. Les élus envisagent de l'interroger sur les messages entre deux pilotes d'essai de Boeing dans lesquels il apparaît qu'il y avait de possibles dysfonctionnements du système de pilotage automatique, MCAS, mis en cause dans les accidents des Max d'Ethiopian Airlines du 10 mars dernier et de Lion Air du 29 octobre 2018. Ce système, qui devait empêcher l'avion de partir en piqué, le rendait difficile à piloter en simulateur, selon ces conversations. La FAA a sommé Boeing de s'expliquer et envisage de prendre des sanctions.

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Face aux critiques, l'avionneur a débarqué mardi Kevin McAllister, le responsable des avions commerciaux, qui n'était pas dans l'entreprise au moment du développement du 737 Max. D'autres têtes pourraient tomber, parient les analystes, qui n'excluent pas un départ de Dennis Muilenburg une fois le 737 revenu dans le ciel mondial.

Le régulateur européen pas prêt à donner son feu vert à un retour dans les airs du 737 Max

L'optimisme affiché par Boeing mercredi tranche avec le pessimisme des compagnies aériennes, qui ont, elles, annulé des vols prévus sur le 737 Max jusqu'à début 2020 invoquant des dissensions entre les autorités de l'aviation civile mondiale. Observateurs et analystes estiment que si le 737 Max devait attendre 2020 pour revenir dans le ciel mondial, Boeing devrait en réduire la production puisqu'il ne peut pas livrer les appareils fabriqués.

Une telle décision aurait des répercussions sociales, notamment dans l'usine de Renton, près de Seattle aux États-Unis, qui fabrique cet avion et emploie 12 000 personnes. Il y aurait également un effet boule de neige chez les fournisseurs, principalement les TPE et PME américaines. Ce qu'a semblé reconnaître le directeur général Dennis Muilenburg, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes et des médias.

"Si notre estimation de la date de retour en service changeait, il nous faudrait considérer des réductions des niveaux de production supplémentaires et d'autres options comme l'arrêt temporaire de la production du Max", a-t-il déclaré.

Le régulateur européen (EASA) a pourtant laissé entendre que son feu vert n'interviendra pas cette année. Quant à l'agence fédérale de l'aviation (FAA), critiquée de toutes parts pour avoir confié la certification de systèmes importants de l'avion à Boeing, elle promet une inspection approfondie. La question de la formation des pilotes — sur simulateur ou simplement par ordinateur et iPad ? — n'a toujours pas encore été résolue.

Business Insider
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