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Bourse : c'est le moment de vendre ses actions, selon un courtier parisien

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Depuis la dégringolade des marchés financiers en fin d'année dernière, les cours de Bourse ne cessent de grimper. Sur la place de Paris, le CAC 40 se rapproche ainsi des 5 600 points que l'indice avait dépassés en mai 2018, clôturant à 5 586,41 points mardi 30 avril. Aux Etats-Unis, Wall Street s'affiche aussi en forme. Le S&P 500, l'indice regroupant 500 des plus grandes entreprises américaines, a atteint un sommet historique fin avril, à plus de 2 940 points. Et les autres grands indices outre-Atlantique, le Dow Jones et le Nasdaq, suivent la même tendance, enregistrant des records.

Cette évolution pourrait sembler rassurante pour ceux qui détiennent des actions. Mais selon Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés pour le courtier en Bourse Binck.fr, il faut rester prudent. "Il y a encore un potentiel de hausse à court terme, dans la mesure où les mouvements haussiers se finissent généralement par de l'euphorie", estime-t-il. "Mais si le CAC 40 devait pousser vers de nouveaux records, ce serait plutôt le moment de prendre des bénéfices que de se dire 'c'est un nouvel élan, le CAC 40 va casser les hauts de l'année dernières, on va vers les 6 000 points'", prévient-il.

Autrement dit, il invite à encaisser tout ou partie de ses gains, en revendant certaines actions, notamment celles qui ont bondi depuis début janvier, à l'image d'Airbus (+46%), de LVMH (+35%) ou encore de Michelin (+33%). "Il est préférable de se créer des poches de cash et de se diversifier en achetant par exemple des métaux précieux comme de l'argent ou de l'or. Vous pouvez aussi acheter des couvertures pour protéger votre portefeuille, comme des warrants et des certificats (produits financiers dont le cours peut évoluer dans le sens opposé des actions, ndlr)", précise Nicolas Chéron.

Selon lui, les marchés ne sont pas à l'abri d'une forte correction comme celle observée au deuxième semestre de l'année dernière, à partir d'octobre.

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"Un nouvel accident peut survenir sur le marché américain et sur la volatilité", souligne Nicolas Chéron, alors que l'indice VIX de la volatilité de la Bourse de Chicago est revenu vers ses plus bas niveaux de l'année dernière — la volatilité était au plus haut quand les marchés ont entamé leur dégringolade en octobre.

Un retournement global des cours pourrait intervenir en fin d'année, "voire dès cet été". En revanche, Nicolas Chéron se garde bien d'avancer quel sera l'élément déclencheur d'une nouvelle phase baissière. Le Brexit ou les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont trop attendus selon lui. Il mise sur un événement plus surprenant, en rapport avec la dette des Etats et le marché obligataire par exemple.

'On est sur une fin de cycle'

La forte remontée des cours depuis début janvier peut s'expliquer par différents facteurs, comme des anticipations positives des marchés sur des sujets clés comme le Brexit, des chiffres plutôt rassurants d'un point de vue macroéconomique (activité chinoise, PIB américain...) et des résultats d'entreprises globalement supérieures aux attentes outre-Atlantique. Mais l'interventionnisme des banques centrales aurait surtout joué un rôle déterminant. La banque centrale chinoise a par exemple injecté le montant record de 560 milliards de yuans, soit environ 73 milliards d'euros, dans le système financier mi-janvier.

"Les marchés sont nourris aux liquidités. Mais à un moment donné, les banques centrales auront utilisé toutes leurs cartouches et ne pourront plus baisser les taux. J'ai l'impression qu'on achète du temps avec de la dette", alerte Nicolas Chéron. Il estime que l'on est "sur une fin de cycle économique, après dix ans de hausse des marchés".

Toutefois, la Réserve fédérale américaine (Fed) s'est montré moins accommodante mercredi, choisissant de laisser ses taux inchangés en dépit des pressions du président Donald Trump, qui souhaite leur abaissement pour faire décoller l'économie "comme une fusée". Cette décision n'a pas manqué de faire réagir les marchés, le S&P 500 ayant terminé en baisse de 0,75% mercredi. L'indice américain reste toutefois toujours à un très haut niveau, au-dessus des 2 900 points.

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