En moins de deux heures, la Bourse de Ryad, en Arabie saoudite, a effacé tous ses gains depuis le début de l'année, lors de la séance du dimanche 14 octobre. L'indice de référence du marché, le Tadawul, a plongé de 7% à l'ouverture.

Les investisseurs ont commencé à paniquer et vendre leurs titres après les menaces formulées par le président américain samedi. Donald Trump a promis un "châtiment sévère" s'il s'avère que l'Arabie saoudite est derrière la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui n'est pas réapparu après être entré le 2 octobre dans le consulat de son pays à Istanbul, en Turquie.

Résultat, la Bourse de Ryad a atteint son plus bas niveau depuis 10 mois. Le marché a ensuite un peu remonté la pente, pour finalement clôturer en baisse de 3,51%, à 7266,59 points.

Sur les 188 valeurs de la cote, seules sept ont progressé, relève le journal Les Echos, qui précise que la Bourse a perdu 50 milliards de dollars de capitalisation lors des deux dernières séances, jeudi et dimanche.

Ce lundi matin, les cours poursuivent leur remontée, l'indice Tadawul s'affichant en hausse de plus de 2%.

Cours de l'indice Tadawul à 9h53, lundi 15 octobre 2018. Investing

Ryad a répondu aux menaces américaines, évoquant de "fausses allégations" et promettant de réagir à toute sanction en prenant des mesures encore "plus fortes", selon l'agence officielle SPA qui cite un haut responsable saoudien anonyme. Le royaume wahhabite a au passage souligné que l'Arabie saoudite jouait un rôle "déterminant et vital pour l'économie mondiale".

Paris, Londres et Berlin ont également appelé dimanche l'Etat saoudien et la Turquie à mener une "enquête crédible" sur la disparition du journaliste, et préciser attendre "une réponse détaillée et complète".

Plusieurs dirigeants d'entreprises, dont le PDG de JPMorgan et le patron d'Uber, ont de leur côté renoncé à participer à un sommet économique, "le Davos du désert", organisé par l'Arabie saoudite du 23 au 25 octobre.

Victime collatérale des tensions politiques et de ses potentielles répercussions économiques, le groupe japonais SoftBank, dont le fonds Vision est financé pour près de moitié par l'Arabie saoudite, voit son action dégringoler de plus de 7% à la Bourse de Tokyo, à 10h20 ce matin, heure de Paris.

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