"Jamais deux sans trois"... Ce ne sont pas les parlementaires britanniques qui feront mentir ce dicton populaire. Ce vendredi 29 mars 2019, les députés de la Chambre des communes ont rejeté une nouvelle fois l'accord de Brexit négocié par la Première ministre Theresa May avec l'Union européenne. 344 députés ont voté contre, alors que 286 ont voté pour. Suite à ce scrutin, le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé sur Twitter un sommet européen le 10 avril, deux jours avant la fin du délai accordé au Royaume-Uni. Pour la Commission européenne, une sortie du Royaume-Uni sans accord est "désormais un scénario probable". "Il appartiendra au Royaume-Uni d'indiquer la voie à suivre avant cette date" du 12 avril, a affirmé la porte-parole de l'institution.

Désormais, si les Britanniques veulent échapper à une sortie sans accord le 12 avril, un "no deal", ils doivent proposer une alternative à l'accord de Theresa May avant cette date butoir. Une solution qui sera très difficile à trouver : mercredi, les députés n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les huit propositions qui leur étaient soumises, écartant la perspective d'un "no-deal" comme d'une union douanière. Un vote doit se tenir lundi prochain sur ces alternatives. Par ailleurs, le Royaume-Uni peut aussi solliciter un report long du Brexit ce qui obligerait les britanniques à participer aux élections européennes qui doivent avoir lieu du 23 au 26 mai.

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Le 'no-deal', désormais le "scénario le plus probable" pour l'Elysée

L'Elysée a réagit vendredi en estimant que désormais "il appartient d'urgence au Royaume-Uni de présenter dans les tous prochains jours un plan alternatif (élections législatives, référendum, union douanière...)". "A défaut, et cela devient le plus probable, nous constaterons que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord", a ajouté la présidence française. Alors que les députés britanniques étaient en train de se prononcer sur l'accord, Emmanuel Macron abordait déjà ce sujet devant des élus des Hauts-de-France à l'Elysée. "Le 12 avril, si les Britanniques n’ont pas donné leur accord à ce qu’on a signé, on ira vers une absence de 'deal' et donc, à un moment donné, un Brexit dur", a-t-il déclaré. "Ce scénario existe. Evidemment, on devra à ce moment-là décider des délais de mise en oeuvre de ce scénario avec la partie britannique et donc on accélérera la phase finale de préparation". "Je pense pouvoir dire que nous sommes, parmi les pays les plus directement concernés, celui qui est le plus prêt, sans aucun doute", a encore dit Emmanuel Macron.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a appelé les dirigeants de l'Union européenne à rester ouvert à l'idée d'un report long du Brexit si le Royaume-Uni décidait de modifier fondamentalement son approche. "L'Irlande s'est intensivement préparée au scénario du 'no-deal'. Mais personne ne devrait sous-estimer les difficultés que représente une sortie sans accord pour tous, y compris le Royaume-Uni", a-t-il déclaré. "Il n'est pas certain que le Royaume-Uni ait pleinement réalisé qu'un 'no-deal' n'était pas exclu. C'est même une possibilité qui prend de plus en plus d'importance."

Le rejet de l'accord entraîne une chute de la livre sterling

Theresa May a pris la parole vendredi devant les parlementaires. "Nous atteignons les limites du processus de débat dans cette Chambre", a-t-elle déclaré. De son côté, Jeremy Corbyn, chef de file du Labour (partie d'opposition britannique), a estimé que Theresa May devrait démissionner tout de suite, et il a réclamé la tenue d'élections législatives pour permettre aux Britanniques de décider de leur avenir. La Première ministre s'était engagée à démissionner si l'accord avait été voté ce vendredi, afin de convaincre certains élus conservateurs.

Initialement, le Brexit devait intervenir ce vendredi 29 mars à minuit, mais en raison du chaos politique au Royaume-Uni, il avait été convenu de le reporter au 12 avril en cas de nouveau rejet de l'accord aux Communes, ou au 22 mai s'il était entériné. Suite au rejet de l'accord ce vendredi, la livre sterling est passée sous le seuil de 1,30 dollar. Vers 15h05 GMT, elle se traitait en baisse de 0,41%, autour de 1,2994 dollar, et en repli de 0,34%, autour de 86,350 pour un euro, à son plus bas niveau depuis une semaine.

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