Brexit : Bruxelles lâche sur quelques points et assure que c'est la dernière chance de Londres

ELe négociateur en chef de l'Union européenne Michel Barnier accueille la Première ministre britannique Theresa May, le 11 mars 2019. REUTERS/Vincent Kessler

L'Union européenne a accepté lundi soir de lâcher sur quelques points pour sauver un accord sur le Brexit avec le Royaume-Uni mais assure que c'est la dernière chance pour Londres. Cette annonce est intervenue à la veille d'un deuxième vote de la Chambre des communes sur l'accord de retrait négocié avec les Européens, ce mardi 12 mars 2018. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souligné qu'il n'y aurait pas de troisième chance, pas de garanties supplémentaires apportées à la Grande-Bretagne, et que ce serait cet accord ou pas de Brexit du tout.

Cet accord doit éviter le rétablissement d’une frontière "dure" entre l’Ulster et la République d’Irlande après le Brexit, tout en permettant à Londres de quitter l’Union douanière d’ici 2020. Les deux parties s’engagent à trouver des "solutions technologiques" d’ici 2020 pour maintenir la liberté de circulation à la frontière entre les deux Irlandes, gage de maintien de la paix entre les deux communautés, tout en assurant un contrôle des biens transitant de part et d’autre.

"Nous sommes convenus d’un instrument juridique contraignant qui fournit les garanties juridiques contraignantes sur la nature du backstop (la clause de sauvegarde qui maintient la liberté de circulation à la frontière irlandaise-NDLR). S’il devait être utilisé, il ne serait jamais un piège", a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors d’une conférence de presse au Parlement européen, à Strasbourg.

"L’Union européenne ne pourra pas appliquer le backstop de manière indéfinie et, s’il le fait, ce sera une violation de l’accord de retrait qui permettra de supprimer le backstop", a renchéri la Première ministre britannique, Theresa May.

L'accord de retrait ne sera pas modifié, ont assuré les deux parties, mais y sera ajoutée une "déclaration unilatérale" du Royaume-Uni, qualifiée "d'assurance juridique" par Theresa May, lui permettant de "démanteler" le backstop si aucune alternative n’est trouvée au 31 décembre 2020.

Jean-Claude Juncker a indiqué que cette "assurance", qui peut s’interpréter comme une précision ou comme une concession, constitue l’ultime étape de la négociation de l’accord.

"Il n’y aura pas de troisième chance, pas d’interprétation sur les interprétations, pas d'assurance sur les assurances", a-t-il dit en évoquant le vote de ce mardi.

Mais rien ne garantit que les "Brexiters" du Parti conservateur et des élus nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (DUP) votent en faveur de l'accord. Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a ainsi appelé dès lundi soir, à le rejeter. Les députés britanniques avaient massivement voté contre le 15 janvier, par 432 voix contre 202.

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