Le Brexit désorganise des secteurs entiers de l’économie britannique — voici où ça craque

REUTERS/Yves Herman

Le risque d'un Brexit dur sans accord devient de plus en plus important, alors que les négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE) piétinent. 

A l'approche de la date annoncée du Brexit, qui devrait avoir lieu le 29 mars 2019 à 23h, heure de Greenwich, de nombreux secteurs de l'économie britannique — que ce soit les banques, le secteur spatial ou l'industrie pharmaceutique — sont déjà mis en difficulté par l'événement.

Mais les problèmes créés par le Brexit ne sont pas les mêmes en fonction du secteur: difficultés à trouver de la main d'œuvre, contrats perdus, perte du passeport financier etc.

Selon les estimations d'UBS, le Brexit a pesé négativement sur le PIB du Royaume-Uni, qui est inférieur de 2,1% par rapport au niveau auquel il se serait situé sans le vote en faveur du Brexit. 

Voici les différentes difficultés rencontrées à cause du Brexit par secteur. 

Agriculture — Plus de 10.000 visas de travailleurs étrangers ont été refusés par le Royaume-Uni l'an dernier. Conséquence: la main d'œuvre manque sur certaines exploitations agricoles. Le durcissement annoncé de la politique d'immigration décourage les travailleurs étrangers de postuler, note FranceInfo.

REUTERS/Darren Staples

Il n'y a pas que le secteur agricole qui est concerné par cette pénurie de main d'oeuvre. On retrouve le même problème dans la restauration, le bâtiment ou encore l'hôtellerie. 

Banque — Le Brexit va probablement conduire à la perte du passeport financier — un ensemble de règles et de règlements qui permettent aux entreprises de la finance basées au Royaume-Uni de commercer et de vendre leurs services en Europe. Ainsi, des banques, compagnies d'assurances et gérants d'actifs anticipent ce changement, en relocalisant leurs effectifs britanniques. 

Le quartier de La City à Londres. REUTERS/Simon Dawson

Plusieurs banques dont HSBC, Bank of America ou encore JP Morgan ont dit qu'ils allaient transférer une partie de leurs effectifs londoniens à Paris. Voici la liste de tous les transferts vers Paris qui ont été déjà annoncés.

Industrie pharmaceutique — L'Agence européenne des médicaments (AEM) va se délocaliser de Londres à Amsterdam en raison du Brexit. Puis, selon The Guardian, l'AEM a arrêté de passer des contrats avec le Royaume-Uni, en prévision de sa sortie de l'UE. Avant cela, le Royaume-Uni était impliqué dans 20 à 30% des cas, mais à cause du Brexit, mais en 2018, il n'a remporté que deux contrats. 

"Nous ne pouvions même pas attribuer le travail à de nouveaux médicaments car l'expert doit être disponible tout au long de la période d'évaluation, et parfois cela peut prendre un an", a déclaré une porte-parole de l'AME, rapportent Les Echos

Martin McKee, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine cité par The Guardian, a estimé qu'il s'agissait d'un "désastre" pour l'Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) qui perçoit 14 millions de livres par an de l'AME. 

Industrie spatiale — La participation du Royaume-Uni dans le projet de satellite européen Galileo est plus que compromise en raison du Brexit. L'UE a déjà commencé à écarter le Royaume-Uni des futurs travaux les plus sensibles concernant Galileo. Cette mise à l'écart est justifiée par l'UE pour des questions de sécurité, puisqu'une partie du système Galileo offre un service appelé "PRS" pour "Public Regulated Service", qui est une combinaison de fréquences cryptées et sécurisées servant aux opérations militaires. 

Illustration d'un satellite Galileo en orbite. ESA-P. Carril

Il s'agit d'un coup dur pour l'industrie spatiale britannique, qui est l'un des secteurs qui ont connu la plus forte croissance ces dernières années.

Transports aériens — L'Association internationale du transport aérien (IATA) craint de plus en plus un Brexit sans accord. Son DG, Alexandre de Juniac, avertit sur "l'immense travail qui serait nécessaire pour maintenir des liaisons aériennes vitales", rapportent Les Echos. L'IATA redoute également un impact important du Brexit sur les ventes, puisque le jour programmé du Brexit, fixé au 29 mars 2019, coïncide avec le début de la saison touristique. 

REUTERS/Hannah McKay/File Photo

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