Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker salue la Première ministre britannique Theresa May à  Salzbourg, le 20 septembre 2018. REUTERS/Leonhard Foeger

Quelles seront les relations entre le  Royaume-Uni et l'Union européenne après le "Brexit" en mars 2019? Telle est l'épineuse question que tentent de débrouiller les négociateurs des deux parties depuis des mois avec un succès inégal.

Cette semaine, Michel Barnier, le chef négociateur pour l'UE, s'est montré relativement optimiste, affirmant qu'un accord pouvait être trouvé avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre prochains.

Mais rien n'est moins sûr.

Dans un entretien au journal Le Monde, publié ce vendredi 12 octobre, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker décrit le périlleux exercice équilibriste que ces négociations impliquent pour l'exécutif européen, obligé, d'une part, d'envisager un Brexit "sans accord", tout en s'appliquant à ne pas froisser ses interlocuteurs à Londres, d'autre part: 

"Nous préparons le 'no deal'. Pas parce que nous le souhaitons mais parce que c'est un principe de bonne administration de se préparer à ce que l'on ne veut pas. Les pays membres eux aussi se préparent, certains estimant que nous devrions progresser plus vite. J'ai de bonnes raisons de ne pas le faire: nous n'insistons pas trop, car cela serait vu à Londres comme une provocation."

Se préparant au pire sans renoncer à une solution, Jean-Claude Juncker espère trouver un accord "entre les Conseils européens de la semaine prochaine et celui, possible, de novembre." Pour lui, c'est inéluctable: "il faudra trouver un accord. Et je crois que nous le trouverons". "Ceux qui mettent tous leurs pions sur l'hypothèse d'un désaccord se trompent."

Cette semaine, notamment, des responsables politiques du nord de la France ont interpellé le gouvernement sur la nécessité de se préparer à un Brexit sans accord (ou "Brexit dur"), qui rétablirait le contrôle aux frontières de part et d'autre de la Manche. 

"Je demande que tout soit en place pour le pire", a déclaré le président de la région Normandie, Hervé Morin, lors d'une conférence de presse mercredi 10 octobre. "Nous avons besoin que l'Etat nous accompagne."

Les négociations achoppent principalement sur la question de la frontière entre la République d'Irlande, qui reste dans l'UE et l'Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni. Or, "les Accords de paix de Belfast qui ont mis fin à la guerre civile entre les deux pays sont claires là-dessus. Le traité du 'Vendredi saint' signé en 1998 stipule qu'aucune frontière terrestre ne sera établie entre les deux pays", rappelle le JDD

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