Brexit : les députés britanniques ne s'accordent sur aucune des alternatives à l'accord de Theresa May

Theresa May s'exprime devant le Parlement britannique, le 27 mars 2019. ©UK Parliament/Jessica Taylor/Handout via REUTERS

La Première ministre britannique Theresa May a échoué à rallier les fervents détracteurs de son plan de Brexit. Renoncer à sa fonction si l'accord de retrait négocié avec l'Union européenne était finalement adopté par le Parlement britannique n'a pas suffit. Les parlementaire ne sont d'ailleurs pas parvenus à convenir d'options alternatives. Le pays est donc toujours dans l'impasse... Le Brexit était initialement fixé au 29 mars, mais l'Union européenne a repoussé la date du divorce au 12 avril pour offrir du répit à Londres et lui permettre de trouver une solution. Bruxelles a offert au Royaume-Uni de quitter le bloc le 22 mai dans le cas où la Chambre des communes venait à ratifier enfin l'accord de retrait.

Theresa May avait déclaré aux parlementaires de son Parti conservateur qu'elle était prête à quitter son poste plus tôt qu'elle ne l'imaginait afin de faire adopter l'accord de Brexit négocié avec les Européens, qu'elle pourrait présenter une troisième fois à la Chambre des communes vendredi. Si plusieurs députés eurosceptiques ont annoncé qu'ils soutiendraient finalement l'accord de retrait, leur volte-face ne devrait pas suffire puisque le Parti unioniste démocratique (DUP) d'Irlande du Nord, dont le soutien est crucial, a déclaré qu'il s'opposerait une nouvelle fois au plan négocié par Theresa May.

En attendant d'être probablement sollicité une troisième fois par le gouvernement pour se prononcer sur le texte, le Parlement a pris le contrôle du processus mercredi en organisant un vote indicatif sur huit options différentes pour le Brexit. Les députés ont approuvé mercredi soir un texte validant le report du Brexit, avant d'échouer à trouver un consensus sur les options qui leur étaient soumises, dont certaines proposaient des liens plus étroits avec l'UE que ceux envisagés par Theresa May.

"Dans une spectaculaire démonstration d'indécision, la Chambre des communes a voté contre un maintien dans l'UE et contre chacune des versions d'une sortie de l'UE", a déclaré sur Twitter le vice-président du Parti conservateur, James Cleverly.

Cependant, plusieurs des options ont recueilli davantage de soutiens que l'accord de Theresa May lorsque celui-ci a été soumis une deuxième fois au vote du Parlement le 12 mars. Les députés devraient procéder à de nouveaux votes indicatifs lundi, après avoir affiné les options proposées dans le but de garantir une majorité.

"J'ai le sentiment qu'elle a pris la bonne décision"

De nombreux députés Tories eurosceptiques ont affirmé qu'ils envisageraient de soutenir l'accord de Theresa May seulement si la Première ministre leur donne la garantie de sa démission, avec l'espoir que le futur dirigeant britannique tienne compte de leur opinion au moment de négocier les termes de la relation post-Brexit entre le Royaume-Uni et l'UE.

"J'ai bien senti quelle était l'humeur du parti", a déclaré Theresa May lors d'une réunion de parlementaires conservateurs. "Je sais qu'il y a un désir pour une nouvelle approche - et une nouvelle direction - dans la seconde phase des négociations du Brexit, et je n'y ferai pas obstacle", a-t-elle poursuivi.

Mais plusieurs heures après que Theresa May a proposé de démissionner plus tôt qu'elle ne l'imaginait, le DUP - qui permet au gouvernement de conserver sa majorité à Westminster - a déclaré qu'il voterait contre l'accord de Theresa May si celui-ci était de nouveau soumis à la Chambre des communes. "Nous nous trouvons dans une situation dans laquelle nous ne pouvons approuver l'Accord de retrait", a dit Arlene Foster, la dirigeante du DUP, lequel est opposé à la clause de sauvegarde ("backstop") pour la frontière nord-irlandaise et souligne que l'accord ne garantit pas l'intégrité du Royaume-Uni.

Le gouvernement s'est donné la possibilité de solliciter une troisième fois le Parlement vendredi, même si le président de la Chambre des Communes, John Bercow, a prévenu qu'il n'autoriserait pas ce vote à moins que les termes du texte soient substantiellement modifiés.

Par deux fois déjà, Theresa May a tenté de faire ratifier l'accord de divorce. Le 15 janvier, le texte a été rejeté par 432 voix contre 402. Le 12 mars, la marge s'est réduite mais l'accord a encore été repoussé, par 391 voix contre 242. Pour renverser la donne et réussir son pari, la dirigeante britannique a donc besoin de convaincre 75 parlementaires.

Theresa May s'était déjà engagée à quitter le pouvoir avant les prochaines élections générales, prévues pour 2022. "C'était inévitable et j'ai le sentiment qu'elle a pris la bonne décision", a commenté la députée conservatrice Pauline Latham.

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