BREXIT: Les expatriés français à Londres doivent-ils s'inquiéter?

REUTERS/Phil Noble

La date officielle du Brexit approche à grands pas. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) est effectivement prévue le 29 mars. Mais les députés britanniques pourraient bien décider de repousser cette échéance, voire de voter l'organisation d'un second référendum. Finalement, plusieurs scénarios restent sur la table, alors que le Parlement a de nouveau rejeté l'accord négocié par Theresa May avec les représentants de l'UE. Et l'incertitude plane. Une situation qui n'est pas de nature à rassurer les quelque 300 000 Français expatriés au Royaume-Uni, toujours pas fixés sur leur sort.

"Je n'étais pas du tout stressée jusqu'à janvier-février, je pensais qu'il pouvait y avoir un accord trouvé", confie Elodie*, doctorante à l'University College de Londres. "Il y a beaucoup de confusion, on ne sait pas ce qui va se passer", ajoute-t-elle. Beaucoup d'expatriés se demandent s'il n'est pas préférable de rester dans le pays pendant la période autour de la date butoir du 29 mars, de peur de ne plus pouvoir ensuite revenir au Royaume-Uni.

"Personnellement, je vais éviter de partir en vacances ou d'effectuer un déplacement professionnel dans un autre pays à ce moment-là", précise Elodie. A terme, elle se dit prête à demander la nationalité britannique si c'est la seule façon de rester sur le territoire.

Des garanties offertes par le gouvernement

Le gouvernement a toutefois offert des garanties aux expatriés. Ils pourront effectivement bénéficier des mêmes droits que les citoyens britanniques après le 29 mars et jusqu'au 31 décembre 2020. Ils pourront donc séjourner au Royaume-Uni, mais aussi y travailler sans permis spécifique et bénéficier des mêmes accès aux soins et aux prestations sociales, selon Capital. Pour conserver ces droits au-delà de 2020, les expatriés doivent demander un nouveau statut de résidence (Settled status) avant le 30 juin 2021, ou le 31 décembre 2020 en cas de Brexit sans accord, précise le gouvernement

Ceux installés depuis plus de cinq ans outre-Manche peuvent bénéficier d'un statut de résident permanent, les autres obtenir le statut de résident provisoire s'ils sont depuis au moins six mois sur le territoire. Ils pourront par la suite faire une demande pour devenir résidents permanents, une fois les cinq ans atteint.

Le dispositif proposé aux expatriés par le gouvernement rassure Stéphane, salarié dans une entreprise de conseil en management. "On ne panique pas, il y a la possibilité d'un report du Brexit et même d'un second référendum. Et dans tous les cas, il y a des garanties, les Français ne seront pas expulsés du pays après mars." Pour lui, la sortie du Royaume-Uni de l'UE pose plus un problème sur le long terme. "Il risque d'y avoir moins d'opportunités dans le pays", regrette-t-il. 

Pas de menace immédiate

Même son de cloche du côté d'Aurélie, qui travaille pour l'établissement financier australien Macquarie Bank et réside à Londres depuis cinq ans. "Macquarie a ouvert des bureaux satellites à Dublin et sur le continent, le Brexit ne change pas grand chose pour moi. En revanche, mon mari qui travaille pour une grande banque américaine pourrait voir son emploi menacé, mais pas avant deux ans." 

Plusieurs établissements bancaires américains, comme JPMorgan et Goldman Sachs, ont en effet annoncé leur intention de relocaliser une grande partie de leurs effectifs sur le continent, à Paris et Francfort notamment. Leurs salariés ne devraient donc pas être licenciés mais simplement contraints de déménager pour d'autres places financières européennes. 

"On avisera au fur et à mesure", ajoute confiante Aurélie. En attendant, le couple se projette à Londres puisqu'il a récemment fait l'acquisition d'une maison dans la capitale britannique.

*Les prénoms des expatriés interviewés ont été modifiés.

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