Les footballeurs étrangers du championnat anglais ont une méthode pour protéger leurs millions des effets du Brexit

Lucas, joueur brésilien de Tottenham, lors du match opposant son équipe au rival de Manchester United, le 27 août 2018. REUTERS/Andrew Yates

Les craintes entourant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne s'intensifient, les négociations avec Londres semblant patiner. Et ce, alors que le 29 mars 2019 — date programmée de la sortie du Royaume-Uni de l'orbite de l'UE — approche désormais à grands pas.

"Il y a un risque de no deal Brexit (sortie sans accord, désordonnée, du Royaume-Uni de l'Union européenne, NDLR)", avertit Jeanne Asseraf-Bitton, responsable de la recherche marchés chez Lyxor.

Depuis le point haut de juin 2016, à 1,3150 euro, inscrit juste avant le vote en faveur du Brexit, la livre Sterling a plongé de 17%, à 1,1030 euro, à l'heure où nous écrivons ces lignes. La devise britannique évolue désormais non loin de ses planchers des dernières années (1,0741 euro). Et elle pourrait bien encore souffrir, en cas de no deal Brexit, un dénouement très défavorable.

"Le commerce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ne disposerait alors pas d'un cadre favorable, car les seules règles qui s'appliqueraient seraient celles de l'Organisation mondiale du commerce. La devise et la croissance économique britanniques pourraient alors rester sous pression", juge à cet égard Jeanne Asseraf-Bitton.

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Et les internationaux de la Premier League anglaise ne s'y sont pas trompés.

En effet, nombreux sont les footballeurs qui ont initié des opérations de couverture de change afin de se protéger de l'impact qu'aurait un éventuel no deal Brexit sur leurs salaires de plusieurs millions de livres, une fois ces derniers convertis dans la devise de leurs pays d'origine, rapporte le Financial Times.

Depuis le vote en faveur du Brexit, Argentex, société spécialisée dans les opérations sur les devises, a enregistré une augmentation de 43% des volumes de couvertures du risque de change mises en place par ses clients travaillant dans le secteur du sport, rapporte le quotidien économique et financier britannique.

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Argentex, qui compte notamment parmi ses clients le club de football Manchester City et le Bureau du cricket d'Angleterre et du Pays de Galles, propose d'assurer un taux de change fixe pour plusieurs mois — permettant ainsi de se protéger d'ici la fin des négociations entre Londres et l'UE — moyennant une commission. Ses clients, dont notamment des footballeurs et des organisations sportives, ont sécurisé l'équivalent de plus de 100 millions de dollars de devises depuis 2016, selon le Financial Times.

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Il faut dire que "la Premier League compte des ressortissants de 65 pays, qui constituent 70% des effectifs des clubs concernés", rapporte Jon Goss, responsable des partenariats chez Argentex. De plus en plus frileux face à la dépréciation de la livre Sterling et à l'impact qu’elle pourrait avoir sur leurs revenus, de nombreux internationaux débarquant à Manchester United l'an dernier avaient même demandé à être payés en euros plutôt qu'en livres Sterling, a indiqué le club de football britannique.

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