Brexit : les scénarios possibles après le rejet des alternatives à l'accord de Theresa May

La Première ministre britannique Theresa May. Reuters

Les membres du Parlement ont rejeté toutes les alternatives plus souples à l'accord de Theresa May sur le Brexit pour la seconde fois, ce qui signifie que la Grande-Bretagne reste dans une impasse politique. Ils ont voté de peu (trois voix seulement) pour rejeter les options consistant à maintenir une union douanière permanente avec l'UE, rester sur le marché unique, organiser un second référendum et abroger l'article 50. La Première ministre est déterminée à ne pas assouplir son accord sur le Brexit, mais l'alternative pourrait être une longue extension du Brexit.

Alors que va-t-il se passer ensuite ?

Le Cabinet discute de la voie à suivre

Les députés lors d'un débat sur les votes indicatifs sur le Brexit à la Chambre des communes, le 27 mars 2019. Parlement britannique / Mark Duffy

Le Cabinet discutera des prochaines étapes du gouvernement à la lumière des résultats de lundi soir. Le Cabinet discutera aussi inévitablement d'une élection générale. Pourquoi ? Parce que la Première ministre a déjà averti que demander à l'UE un Brexit plus souple briserait les promesses du manifeste du parti conservateur de 2017. La Première ministre a fait une lourde allusion vendredi selon laquelle une élection pourrait voir le jour, précisant aux députés qu'elle craignait "que nous atteignons les limites du processus en cette Chambre".

Plus de votes indicatifs ...

Le plan des députés de base visant à prendre le contrôle du processus de Brexit pour se donner du temps afin de trouver une alternative au Brexit qui pourrait remporter la majorité. Jeremy Corbyn a appelé à un troisième tour de vote après l'échec de la deuxième tentative de lundi soir, déclarant : "La marge de défaite pour l'une des options de ce soir était très étroite et l'accord de la Première ministre a été rejeté à trois reprises par une très grande majorité."

Les partisans du plan de votes indicatifs pourraient introduire un système de vote préférentiel qui obligerait les députés à voter sur leur option préférée dans une plage de trois ou quatre. Ils envisagent également d'ajouter l'option d'un deuxième référendum à un plan d'union douanière afin de déterminer s'il peut réunir une majorité.

Un quatrième vote sur l'accord de Theresa May ?

Le nombre de députés qui ont voté contre l'accord de Theresa May sur le Brexit avec l'UE s'est réduit à chaque vote, mais il n'existe toujours pas de majorité claire pour l'accord.

Le parti unioniste démocrate (DUP) reste implacablement opposé à l'accord de retrait et un nombre important de conservateurs pro-Brexit ne devrait pas bouger. En fait, certains qui ont voté pour l'accord vendredi, y compris le député conservateur Richard Drax, ont maintenant déclaré qu'ils voteraient contre.

Le nombre de députés travaillistes prêts à se rebeller vendredi contre le whip (député chargé de surveiller la discipline de vote des membres de son groupe) et à voter pour le gouvernement n'était que de sept, soit un nombre bien inférieur aux chiffres nécessaires pour que Downing Street obtienne la majorité. Theresa May pourrait tenter de gagner mais il est peu probable qu'il y ait une majorité pour son accord actuel.

Un Brexit plus souple ?

Theresa May et les députés conservateurs attendent le résultat du vote sur l'accord sur le Brexit, le 12 mars 2019. UK Parliament / Jessica Taylor

Les votes indicatifs de lundi soir sont la preuve que Theresa May pourrait potentiellement remporter la majorité si elle adoucissait son accord, en particulier sur l'union douanière, puisqu'il a été rejeté par trois voix à peine.

L'UE serait disposée à ajouter une union douanière ou un marché unique à l'accord de retrait actuel, et le processus ne prendrait que quelques jours. Si (et c'est un grand si) la Première ministre décidait de mettre en place un Brexit plus souple, le Royaume-Uni serait probablement en mesure de quitter l'UE de manière disciplinée aux alentours de mi-mai, sans avoir besoin de participer aux élections européennes que Theresa May tente désespérément d'éviter.

Une délai plus long pour le Brexit et des élections générales ?

Le ministre chargé du Brexit, Steve Barclay, s'exprime avant le vote sur l'accord sur le Brexit proposé par la Première ministre, le 12 mars 2019. Parlement britannique / Mark Duffy

Le problème avec un Brexit plus souple, c'est que Theresa May n'en veut pas. Elle a répété à plusieurs reprises qu'elle romprait la promesse qu'elle avait faite aux électeurs de quitter l'union douanière lors des élections de 2017. Et des secrétaires d'Etat, notamment le ministre chargé du Brexit, Steve Barclay, ont laissé entendre que le gouvernement serait dans l'obligation d'organiser de nouvelles élections avant de pouvoir mettre en œuvre un nouveau type d'accord sur le Brexit. 

C'est pourquoi beaucoup pensent que le gouvernement aura forcément besoin de demander un délai plus long pour le Brexit. Le Royaume-Uni doit actuellement quitter l'Union européenne le 12 avril et Theresa May a déjà indiqué qu'elle pensait que le Parlement pourrait être en mesure de bloquer un Brexit sans accord.

Si le Royaume-Uni veut éviter de s'effondrer hors de l'UE sans accord, il devra demander à l'Union un délai supplémentaire avant le 10 avril. Ce sera sûrement pénible pour de nombreux députés qui ne souhaitent pas participer aux élections européennes, mais ils pourraient se dire que les alternatives sont pires.

Le Royaume-Uni aurait également besoin d'une prolongation s'il veut tenir des élections générales, ce que de nombreux députés conservateurs estiment désormais inévitable. La question de savoir si Theresa May demeurera aux commandes est une question pour la Première ministre et ses collègues.

En fin de compte, Theresa May pourrait être confrontée à un choix binaire : assouplir son accord sur le Brexit et quitter l'UE en mai, ou demander un délai plus long pour permettre au gouvernement de mettre en place un accord différent.

Version originale : Thomas Colson/Business Insider UK


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