Michel Barnier à Bruxelles, le 20 mars 2018. REUTERS/Francois Lenoir

Dans un an, le 29 mars 2019 précisément, le Royaume-Uni sortira de l'Union européenne dans le cadre dudit "Brexit".

A date, des progrès importants ont été faits par les négociateurs des deux parties pour déterminer les contours de leur relation future. Mais il reste encore quelques sujets à aborder et non des moindres.

Dans un entretien au quotidien régional Ouest France, Michel Barnier, négociateur en chef de l'Union européenne en charge du Brexit, a affirmé qu'il reste ainsi "25 % du texte sur lesquels un accord est encore à conclure." Et selon lui, "ce qui n'a pas encore été réglé, c'est le plus difficile."

Un de ces sujets qui fâchent concerne tout particulièrement les agriculteurs. Michel Barnier rappelle ainsi:

"Il y a la question de la protection, des deux côtés, des indications géographiques. Les appellations d'origines contrôlées ou les marques. Un million de marques ont été protégées dans les 28. C'est un problème que nous devons traiter le plus rapidement possible."

Michel Barnier avait alerté sur la question dès septembre 2017, avec une position écrite sur la défense des droits de la propriété intellectuelle qui comprenait des produits du terroir de toute l'Europe.

Objectif: faire reconnaître les Roquefort, Champagne et autres Calvados outre-Manche — et interdire la fabrication d'un simili en Grande-Bretagne — en échange de quoi les Européens resteront fidèles au Stilton et au Cheddar.

La question est en effet aussi problématique pour les Britanniques qui ont flanqué une AOP sur le Stilton, le whisky écossais ou les tourtes. "Des lobbyistes américains de l’agrobusiness militent pour que le Royaume-Uni abandonne le système des 'appellations d'origine protégée'", rapportait Le Monde début mars. Contraint de négocier un accord de libre-échange avec les Etats-Unis en sortant de l'UE, le Royaume-Uni pourrait se voir forcer la main sur cette question pour obtenir des passe-droits pour d'autres industries prioritaires, dont les services financiers. 

L'enjeu est économique. Selon la Commission européenne, les produits sous appellation d'origine protégée se vendent 2,3 fois mieux que des produits équivalents ne bénéficiant pas de ce label.

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