BREXIT: 'De grands problèmes' subsistent entre l'UE et le Royaume-Uni à 2 jours d'une réunion cruciale à Bruxelles

Michel Barnier, principal négociateur européen en charge du Brexit, à Bruxelles, le 10 octobre 2018. REUTERS/Yves Herman

L'accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sur le Brexit ne tient plus qu'à un fil. A l'issue d'un nouvel élan de tractations, les deux parties ont annoncé dimanche la suspension des négociations jusqu'au Conseil européen qui s'ouvre mercredi. 

Dominic Raab, le ministre britannique en charge du Brexit, avait décidé de se rendre à Bruxelles dimanche pour discuter "en face à face" des "grands problèmes qui restent à résoudre". Ceux-ci n'ont manifestement toujours pas été évacués.

Dans un message sur Twitter, Michel Barnier, principal négociateur de l'Union européenne pour le Brexit a déclaré dimanche soir: 

"Nous avons rencontré aujourd'hui Dominic Raab et l'équipe de négociation du Royaume-Uni. Malgré d'intenses efforts, certaines questions clé restent en suspens, dont le filet de sécurité ("backstop") à la frontière irlandaise pour éviter une frontière dure."

La convocation, dimanche à Bruxelles, des ambassadeurs des 27 Etats-membres de l'UE avait laissé croire qu'un tel accord était en vue. Mais ils ont finalement été informés qu'aucun accord n'avait été conclu.

"Le Royaume-Uni est toujours déterminé à faire des progrès lors du Conseil européen d'octobre", a assuré Dominic Raab dans un communiqué.

Mais l'accord bute toujours sur plusieurs problèmes.

1. La question de la frontière irlandaise

La République d'Irlande reste dans l'UE, contrairement à l'Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni. Or, le rétablissement d'une "frontière dure" mettrait en péril les accords de paix du "Vendredi Saint" de 1998 , qui stipulent qu'aucune frontière terrestre ne peut être établie entre les deux pays.

Londres et Bruxelles ont promis de tout faire pour éviter le rétablissement de contrôles à cette frontière en cas de Brexit dur. Mais l'Europe souhaite que la province d'Irlande du Nord reste assujettie aux règles européennes si aucun accord commercial n'est conclu, alors que la Première ministre britannique Theresa May et ses alliés nord-irlandais s'y opposent, certains estimant que ce "filet de sécurité" reviendrait à une "annexion" de la province. 

Lundi après-midi, Theresa May a déclaré à la Chambre des Communes: "Nous ne pouvons pas laisser ce désaccord faire dérailler un bon accord et nous laisser face à une absence d'accord dont personne ne veut". Comme un appel à ceux qui, outre-Manche, la poussent à ne rien céder.

2. Theresa May sous pression de ses alliés

La Première ministre britannique Theresa May avec Boris Johnson à Londres, juin 2017. REUTERS/Leon Neal

La Première ministre britannique Theresa May est sous forte pression dans son pays, ses alliés et ministres la poussant à aller à la confrontation avec Bruxelles. 

Lundi 15 octobre, un député nord-irlandais du Parti unioniste démocratique (DUP), Sammy Wilson, affirmait ainsi dans la presse qu'un Brexit sans accord était "probablement inévitable" du fait de "l'intransigeance" de l'Union européenne et que céder aux termes actuels serait "bien pire qu'une absence d'accord". 

La veille, David Davis, ex-ministre britannique du Brexit qui a démissionné en juillet, dénonçait dans le Sunday Times "les conditions de l'UE sur la question de la frontière avec l'Irlande du Nord": "Il est temps pour les membres du gouvernement d'exercer leur autorité collective. Cette semaine, c'est le respect de notre Constitution qui est en jeu."

Et samedi, c'était l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, qui affirmait dans la presse nord-irlandaise que Theresa May a commis une "terrible erreur" en acceptant le principe de cette clause de sauvegarde. 

Ces mises en garde médiatiques répétées arrivent après que vendredi, des membres du gouvernement de Theresa May l'avaient menacé de démissionner si elle ne se ravisait pas sur la question du "backstop". 

Business Insider UK rapporte que les frondeurs doivent se réunir ce lundi et prépareraient un retour de David Davis pour remplacer Theresa May.

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