Les paiements par carte coûteraient plus cher aux Britanniques avec un Brexit sans accord — et ce ne serait pas une bonne nouvelle pour certains coins de France

La ville de Bordeaux est prisée des touristes britanniques. Unsplash

Le gouvernement britannique a publié ce jeudi 23 août 2018 une première série de fiches techniques présentant à ses entreprises et ressortissants les conséquences d'une sortie de l'Union européenne (UE) sans accord.

Et les commerçants français devraient s'intéresser au sujet de près.

Les touristes britanniques sont les premiers visiteurs dans l'Hexagone avec 12,7 millions d'arrivées en 2017, note Atout France, "A la différence de l'Espagne, la France se positionne sur un marché de classes aisées voire supérieures (+60.000€ par an)", écrit l'organisme de promotion du tourisme en France. 

Ils ont dépensé 4,7 milliards d'euros en 2016, selon la direction générale des entreprises

Dans ce cadre, un Brexit sans accord ne serait pas une bonne nouvelle pour les professionnels du tourisme des destinations françaises prisées des Britanniques — la Bretagne, la Normandie, la Gironde, la Dordogne, l'Ile-de-France ou encore la Côte d'Azur.

En effet; le gouvernement de Theresa May vient de prévenir que les ressortissants britanniques subiront sans doute une hausse des frais bancaires pour les paiements par carte de crédit dans l'UE.

"Le coût des paiements par carte entre le Royaume-Uni et l'UE augmentera probablement, et ces paiements transfrontaliers ne seront plus couverts par l'interdiction de la surtaxe (qui empêche les entreprises de facturer aux consommateurs l'utilisation d'un mode de paiement spécifique)."

Le gouvernement n'a pas précisé l'augmentation attendue des coûts de paiement par carte dans un tel scénario.

Mais les probables changements pourraient signifier que le coût d'utilisation de certains services et des achats pourraient augmenter pour les Britanniques. 

Comme le signalent nos confrères de Business Insider UK, la suppression d'une interdiction de la surtaxe pourrait également signifier que les entreprises de l'UE pourraient facturer aux consommateurs britanniques des frais différents pour l'utilisation de différents types de cartes.

Jusqu'en janvier de cette année, les entreprises de l'UE pouvaient facturer plus d'argent aux clients pour l'utilisation de certaines cartes, ajoutant souvent des frais d'utilisation de cartes de crédit plutôt que des cartes de débit, ainsi que des cartes moins répandues comme American Express. Si le Royaume-Uni devait partir sans accord, ces règles ne s'appliqueraient plus aux entreprises de l'UE vendant des services aux Britanniques.

Londres prévoit de diffuser quelque 80 fiches dans les prochaines semaines pour permettre à chacun de prendre ses dispositions dans le cas où le Brexit se traduirait, en mars 2019, par la "fin de la libre circulation des marchandises entre le Royaume-Uni et l'Union européenne".

Lors de la présentation des fiches, le ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, s'est néanmoins voulu rassurant à l'égard des consommateurs, dont il a assuré qu'ils ne seraient que "peu affectés" par un éventuel Brexit sans accord.

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