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BREXIT: Une sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord est plus que possible

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BREXIT: Une sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord est plus que possible
© REUTERS/Henry Nicholls

Bien que Theresa May a obtenu le feu vert de son gouvernement pour le projet d'accord sur le Brexit, elle est loin d'être sûre que le Parlement britannique approuvera le texte, en raison des divergences au sein de son propre camp.

La possibilité d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord — un "no deal" — est donc plus que possible, même si la Première ministre britannique a prévenu qu'un rejet du texte de 585 pages négocié pendant plus d'un an entre Londres et Bruxelles serait un "retour à la case départ".

Lors d'un discours à Dunkerque (Nord) ce jeudi 15 novembre 2018, le Premier ministre français Edouard Philippe a ainsi fait part de son inquiétude, en déclarant:

"Il n'a échappé à personne que l'actualité politique britannique pouvait nourrir un certain nombre de questionnements et d'inquiétudes sur la possibilité effective d'une ratification de cet accord."

Rappelant qu'une sortie sans accord "poserait nationalement une myriade de problèmes très pointus, très techniques, pas toujours très visibles mais dont les conséquences, s'ils n'étaient pas réglés, seraient considérables", le chef du gouvernement français a ajouté:

"Rien ne nous permet à ce stade de savoir si l'accord qui a été trouvé entre les négociateurs sera au final adopté. Nous devons donc nous préparer à l'hypothèse qui est toujours sur la table — que nous ne souhaitons pas, je le dis très clairement — d'une sortie sans accord."

La perspective d'un no deal inquiète également les principaux marchés européens ce jeudi. La livre sterling trébuche ainsi de 1,45%, à 1,1320 euro, vers 14h40, heure de Paris.

Reuters rapporte par ailleurs que la banque américaine Goldman Sachs maintient le "scénario de base selon lequel l'accord de sortie conclu entre l'UE et le Royaume-Uni sera ratifié par la Chambre des communes d'ici la fin de l'année et ratifié par le Parlement européen avant la fin mars 2019", ajoutant toutefois que "les risques entourant ce scénario ont clairement augmenté".

Goldman Sachs n'exclut donc ni un deuxième référendum sur le Brexit, ni la possibilité d'un Brexit sans accord et indique que plusieurs éléments augmentent la probabilité de nouvelles élections législatives dans les six mois à venir.

Faute d'accord sur le Brexit, le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE sera très brutale. Du jour au lendemain, plus rien n'encadrera les liens entre l'UE et le Royaume-Uni, entraînant de facto le blocage ou le ralentissement des échanges économiques et humains entre les deux zones.

Theresa May semble de plus en plus fragilisée, après la démission de plusieurs ministres ce matin, dont son ministre chargé du Brexit Dominic Raab.

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