BREXIT: Theresa May fait face à un vote de défiance qui pourrait entraîner sa destitution

Theresa May après son allocution aux médias devant le 10, Downing Street à Londres le 12 décembre 2018. Reuters/Peter Nicholls

  • Le président du groupe conservateur au Parlement britannique a déclenché une procédure de vote de défiance à l'encontre de la Première ministre Theresa Mayfragilisée depuis sa décision de repousser le vote de l'accord sur le Brexit au Parlement.
  • Si une majorité des élus conservateurs votent la défiance, Theresa May sera alors destituée et un nouveau dirigeant devra être élu. Toutefois, cette destitution ne signifie pas automatiquement l'organisation d'élections législatives anticipées.
  • Le scrutin aura lieu ce mercredi 12 décembre 2018 entre 19h00 et 21h00, heure de Paris.

Fragilisée par sa décision de repousser le vote de l'accord sur le Brexit au Parlement, la Première ministre britannique Theresa May fait face à un vote de défiance de la part des députés de son propre camp, le Parti conservateur.

Le vote aura lieu ce mercredi 12 décembre 2018 entre 19h00 et 21h00, heure de Paris. Si 158 des 315 élus conservateurs à la Chambre des Communes votent la défiance, alors Theresa May sera destituée et son parti devra élire un nouveau dirigeant.

Toutefois, cette destitution ne signifie pas automatiquement l'organisation d'élections législatives anticipées.

Si la majorité n'est pas atteinte, alors Theresa May restera à la tête de son parti et du gouvernement et sa légitimité ne pourra être contestée pendant les 12 prochains mois, précise Business Insider.

'Un nouveau dirigeant n'aurait pas le temps de négocier'

"Un nouveau leader ne pourra être en place avant la date butoir du 21 janvier, et donc une élection à la tête du parti risque de donner le contrôle des négociations sur le Brexit aux députés de l'opposition au sein du Parlement", réagit Theresa May.

"Un nouveau dirigeant n'aurait pas le temps de renégocier un accord de retrait et de le faire adopter au Parlement d'ici le 29 mars. De fait, une de ses premières décisions serait de prolonger ou d'abroger l'Article 50, différant voire stoppant le Brexit alors que nos compatriotes veulent que nous le poursuivions", ajoute-t-elle lors d'une courte allocution devant le 10, Downing Street.

La procédure a été déclenchée par la lettre, mercredi matin, de Graham Brady, président du "comité 1922", le groupe parlementaire du Parti conservateur, annonçant que le seuil de 48 lettres d'élus nécessaire au vote de défiance a été atteint.

Si Theresa May perd le vote, il faudra différer le calendrier issu de l'article 50 du traité européen, dont le déclenchement a fixé le Brexit au 29 mars 2019, estime le ministre de la Justice David Gauke:

"S'agissant des négociations de tout type d'arrangement avec l'Union européenne, je pense qu'il est inévitable, si elle devait perdre le vote ce soir, qu'il serait nécessaire de différer l'Article 50", a-t-il dit au micro de la BBC. "Je ne pense pas que nous quitterions alors l'Union européenne le 29 mars", a-t-il ajouté.

Faute de majorité, Theresa May a décidé lundi soir de repousser le vote initialement prévu mardi à la Chambre des communes sur l'accord de Brexit entre Londres et Bruxelles et approuvé par les dirigeants européens le 25 novembre dernier.

Sa décision a provoqué un tollé à la Chambre.

Les dirigeants des Etats membres de l'UE doivent se retrouver en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles pour discuter du divorce avec le Royaume-Uni.

Pour l'instant, les Européens continuent de faire bloc et ont exclu, comme l'a confirmé la chancelière allemande Angela Merkel, toute renégociation du compromis qui a été obtenu après un an et demi de négociations laborieuses.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré que les Européens étaient prêts à la soutenir sur la question du Brexit, mais que pour l'instant ils ne voyaient pas comment ils pouvaient l'aider.

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